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The Subversive Power of Children’s Literature

Titre français = Ne le dites pas aux grands

Nous avons tous, sans exception fait un jour partie de cette tribu étrange vivant en marge des adultes, tribu qui commence seulement à intéresser les anthropologues, historiens et autres psychologues.
Ainsi commence la préface d’un essai sur l’analyse des contes et légendes populaires, mais sous un angle différent de celui auquel je m’attendais.

Plutôt que de ne mettre l’accent sur les contes, en les analysant en entier, Alison Lurie les relie en fait à l’auteur ou l’auteure – notamment ceux du 19ème siècle, dans lesquels les leçons de morale sont fondamentales, donc ne parlant surtout pas de sexe, mais d’être des enfants obéissants à leurs parents ou leur nanny, ou à d’autres personnes chargées de leur éducation.
J’ai été étonnée qu’il existât des versions de « la Belle & la Bête » en Grèce classique et en Inde, « Hansel & Gretel » se retrouvent aussi racontés en Afrique ou dans des tribus amérindiennes.

En plus d’un coup d’œil intéressé et intéressant sur les contes, l’auteure de l’essai décrit les vies des auteur.e.s qui les ont transcrits ou retranscrits à partir des versions orales, comme le firent les frères Grimm qui, lors de la retranscription, en effacèrent certains passages considérés comme « osés », 19ème siècle oblige.

J’ai découvert, grâce à cet essai, le ressenti d’Alison Lurie sur des écrits comme « Tom Sawyer », qui est loin d’être un « enfant sage », et dont le livre ne fut plus publié pendant un temps certain en raison de ce côté subversif, ou alors une version expurgée. Ecrire fut une libération pour Beatrix Potter, littéralement emprisonnée par ses parents, et pour garder un semblant de santé mentale inventa « Peter Rabbit » le petit lapin qui s’échappa pour vivre des aventures et donna à sa créatrice le courage de partir un jour loin de ses parents toxiques.
Elle m’a fait découvrir la vie tourmentée de T.H. White, lui aussi « prisonnier » d’une mère toxique, dont il arriva à peine à se sortir après des années de thérapie, finissant malgré tout alcoolique. Il a cependant donné aux jeunes l’un des plus beaux romans sur les légendes arthuriennes, avec quelques anachronismes fort appréciés des jeunes. En cela il peut être associé à Mark Twain et son roman « A Connecticut yankee at King Arthur’s court ».

J’ai découvert des auteur.e.s d’histoire pour la jeunesse que je ne connaissais guère et j’ai également apprécié le fait que Ms. Lurie considère que certains romans destinés aux adultes devraient être lus par des adolescents, comme « What Maisie knew » de Henry James, par exemple,  car c’est un regard intéressant d’une petite fille sur le monde des adultes.

Ce qui précède est un résumé incomplet d’un essai qu’il faut découvrir, pour en savoir un peu plus sur les mondes passionnants des contes et légendes, vus d’un autre angle, comme ce fut le cas dans le livre lu récemment de Jacqueline Kelen « une Rome de la couleur du Temps ».