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Titre original japonais = AN

Sentarô Tsujii est le gérant de Doraharu, une petite échoppe où il vend des dorayaki, petites crêpes fourrées à la pâte d’haricots rouges. Cet emploi qu’il occupe grâce au propriétaire décédé, pour qui il a accepté de porter le chapeau et fait de la prison, doit l’aider à rembourses les dettes qu’il a à l’égard de cet homme, dont l’épouse à repris la boutique et les dettes de Sentarô.  
Ses pâtisseries hélas ne remportent pas un immense succès, il faut dire que la pâte « an » n’est pas préparée avec des haricots rouges de grande qualité.

Puis, un jour, débarque une vieille dame de 70 ans passés, qui a lu l’annonce pour une aide en cuisine ; Sentarô est un peu estomaqué et refuse, il faut quelqu’un de beaucoup plus jeune, ce travail est fatiguant, il faut se lever tôt pour préparer la pâte « an ». Et puis, avec ses mains toutes déformées, comment pourrait-elle tenir un rythme de travail aussi lourd ?
Loin de se décourager par ce refus, la vieille dame qui se nomme Tokue Yoshii revient à la charge et finalement, Sentarô se laisse fléchir, car elle lui confirme qu’elle peut l’aider à préparer une très bonne pâte d’haricots rouges, à condition de savoir « les écouter ».
Le cuisinier est assez éberlué par ce concept, mais il reconnaît que depuis que Tokue prépare la pâte « an », la clientèle augmente et il faut produire de plus en plus de dorayaki.
Il n’y a plus seulement les jeunes étudiantes, très agaçantes, qui viennent s’installer devant l’échoppe, mais surtout beaucoup de clients qui font la file. A ce rythme, Sentarô espère apurer une grande partie de sa dette, jusqu’à tout rembourser.

Une étudiante du nom de Wakana, ayant peu de moyens, vient souvent à l’échoppe désormais car Tokue et elle ont établi un lien amical, qui aide la jeune fille à se sentir moins seule – vivant avec sa mère qui travaille la nuit, elle n’a guère d’amies.

Hélas, dans ce monde qui aurait pu être idyllique pour tous, surgit la patronne (veuve du défunt patron), elle exige le renvoi immédiat de la vieille dame – un jour que Sentarô était fatigué et a raté l’ouverture de la boutique, c’est Tokue qui a servi les clients.
Ses mains déformées ont attiré l’attention de ceux-ci et des rumeurs se sont mises à courir ; cette déformation prouverait que Tokue aurait eu la lèpre.
Interrogée, la vieille dame confirme, mais confirme aussi qu’elle est totalement guérie, tout comme le sont les pensionnaires du sanatorium – oui elle a eu la maladie de Hansen (lèpre) et a été déportée dans ce centre, jusqu’au jour où les malades ont appris qu’un traitement existait et ont exigé d’en profiter.
La guérison totale des lépreux, qui les autorisaient désormais à sortir du sanatorium, n’a hélas pas convaincu la population et les anciens malades sont toujours mis au ban de la société.

Sentarô a donc renvoyé Tokue, qui ne lui en veut pas du tout au contraire, elle a aussi accepté de prendre en charge le canari de Wakana et lorsqu’ils lui rendent visite elle leur raconte son histoire, son passé de pâtissière et la vie au centre. 

Peu après ce renvoi, la patronne arrive avec son neveu, explique à Sentarô qu’elle veut transformer l’échoppe en quelque chose de différent et elle compte sur le gérant d’apprendre certains rudiments à son neveu, qui en principe est cuisinier, mais pas encore très efficace.

Sentarô et Tokue ont échangé quelques lettres où elle lui confie à quel point elle l’apprécie et elle lui dit de surtout ne pas décourager, il a tout ce qu’il faut en lui pour devenir ce qu’il souhaite.

La dernière lettre de Sentarô arrive trop tard, Tokue enrhumée a fait une pneumonie et s’est éteinte après avoir libéré le canari.

Ce que j’en pense = j’ai été émue aux larmes par ce roman, encore plus beau que le film qui en a été adapté – c’est un beau moment de lecture, écrit avec délicatesse, où il est question de résilience, de chagrins divers, d’intolérance, mais aussi de grande amitié.
Le récit est touchant et poétique, c’est aussi un hymne à la cuisine japonaise, du moins à sa pâtisserie.

Les personnages ne sont pas idéalisés, ils sont vrais, avec des qualités et des défauts, comme le cuisinier qui ne peut s’empêcher de s’abrutir par la boisson après une journée de travail, il manque de confiance en soi, il a des regrets vis-à-vis de la vie qu’il a menée qui le mena en prison, vis-à-vis de ses parents aussi.
Tokue est une vieille dame gentille, parfois agaçante par ses longues leçons de vie, mais qui mieux qu’elle peut parler des leçons de vie, elle qui a tant souffert ?
La souffrance n’était pas que physique, il y a le manque de compréhension des gens, l’incrédulité face à la guérison des lépreux.
La jeune étudiante mal aimée fait mal au cœur, car faute de moyen elle devra sans doute quitter ses études – son désarroi est poignant. C’est tellement difficile quand on ne sait que faire et que vous n’avez plus personne pour vous guider.

Dans un joli décor de cerisiers en fleurs, qui se transforment au fil des saisons, pour en revenir à la saison des fleurs.

J’avais énormément apprécié le film (billet ici) – je  recommande chaudement le roman. J'ai trouvé un autre billet sur le film chez dasola (ici)

Un autre billet sur « les Délices de Tokyo » chez lenezdansleslivres (ici)

(merci à mes enfants pour ce beau cadeau de noel)