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NIMBY – apparemment cet acronyme de « Not In My BackYard  (pas dans mon arrière-cour) n’était pas connu de l’assassin d’Alice Parry en ce soir de la St-David, fête galloise. Ses neveux et leur famille sont arrivés pour le dîner traditionnel, le mari décédé d’Alice étant Gallois ; ce sont surtout leurs enfants qui se réjouissent d’être chez leur grand-tante car les neveux viennent là  par obligation.

Alice Parry était fort appréciée et très concernée par la vie dans le village d’Heppleburn et villages voisins ; hélas elle a commis  l’erreur de vendre une importante parcelle de son terrain à un promoteur immobilier. Il semblerait qu’il ait menti sur le but de cette parcelle ; au lieu d’y construire des maisons simples que pourraient se payer les habitants du village, il compte y construire des villas de luxe avec tous les inconvénients que cela présentera, à commencer par gâcher la vue sur la plage et la mer.

Alice Parry ayant demandé à son neveu James, éditeur en chef de la feuille de chou locale, de faire paraître un article sur les mesures mensongères du promoteur, et le neveu ayant refusé pour des questions de soi-disant objectivité, Mrs. Parry a décidé sur un coup de tête d’aller trouver le promoteur afin de « racheter » la parcelle en question.
C’est au retour que le meurtrier a frappé la vieille dame d’un coup de couteau dans le dos dans le petit jardin attenant au cimetière.

L’inspecteur Stephen Ramsay, installé désormais à Heppleburn mais toujours aussi peu sociable, est chargé de l’enquête avec le sergent George Hunter. Comme d’habitude, Ramsay choisit la méthode de réflexion, sans se dépêcher, surtout ne pas se précipiter sur la première personne venue que presque tout le monde soupçonne, à savoir Charlie Elliot, colérique, buvant trop et ayant eu des mots menaçant avec Alice Parry.
Plus l’envoi d’une lettre anonyme, mais qu’il n’a été que trop content de confirmer qu’elle émanait de lui. Ramsay souhaitant encore d’autres preuves, d’autant plus qu’Elliot a un alibi pour l’heure du crime, le laisse en liberté provisoire et évidemment le suspect en profite pour s’en aller. Cela ne lui réussira guère.
Le sergent Hunter qui, comme les autres collègues, n’apprécie pas Ramsay, estimant que ses méthodes sont surannées, n’hésite pas à lui montrer sa désapprobation.
Seulement voilà, Ramsay est soutenu par son supérieur, qui lui donne quelques jours de plus pour prouver l’efficacité de ses méthodes – celles d’Hunter sont plutôt « foncer et arrêter, on verra après ! ».

Questionner les deux neveux n’a pas donné grand-chose, pourtant Ramsay a la nette impression qu’on ne lui dit pas toute la vérité.
Mary Raven, jeune journaliste, exprime à son tour à son supérieur qu’il faudrait parler de toute cette histoire de promoteur dans la gazette locale, mais il lui fait la même réponse qu’à sa tante – le journal doit rester objectif.

La méthode de l’inspecteur Ramsay, à savoir interroger un maximum de monde, revenir sur certains témoignages, sera porteuse de résultat puisqu’il finira, grâce aussi à la jeune journaliste, de découvrir la personne coupable, ce qui fait quand même un peu râler le sergent Hunter qui ne comprend toujours pas ces méthodes;

Ce que j’en pense = ayant lu récemment le sympathique polar « the Postscript Murders », hommage aux romans policiers de l’âge d’or, j’ai eu envie de lire un autre polar écrit par Ann Cleeves, mettant en scène l’inspecteur Stephen Ramsay.
On est ici dans une procédure policière  classique et il est vrai que Ramsay n’est pas un personnage des plus sympathiques, du moins aux yeux de ses collègues ; il ne se mêle guère aux réunions au pub d’après travail, il aime sa solitude.
Sa manière de procéder est plutôt « old school ». Ce n’est qu’à cause de critiques dans la presse que son supérieur demande d’activer la procédure. 

La description de la vie rurale, des paysages du Northumberland sont bien agréables à suivre, tous les personnages détestent la police et ses interrogatoires (tu m’étonnes !), mais il est évident qu’extirper la vérité des témoins n’est pas une sinécure ; ce n’est pas qu’ils mentent, mais il leur faut du temps pour avouer toute la vérité.

Chaque personnage est bien typé, notamment les deux neveux et leur famille, la vie domestique on le sait n’est pas de tout repos, et l’épouse de l’un des neveux est une femme terriblement manipulatrice, véritable enfant gâtée, qui estime que tout le monde, y compris sa fille, est à son service, devant lui passer tous ses caprices.

La vie paysanne n’est pas non plus une sinécure et l’auteure la décrit de manière telle qu’elle suscite la sympathie pour ces gens qui se battent pour nouer les deux bouts.
Apparemment les soirées au pub sont les seuls dérivatifs et on préfère rentrer ivre pour oublier les difficultés.

L’inspecteur Ramsay ne rencontre pas non plus beaucoup de sympathie parmi les lecteurs ; comme précédemment, j’ai l’impression que ce personnage préfigure Jimmy Perez, inspecteur en chef d’une autre série d’Ann Cleeves (Shetland) , qui avec « Vera Stanhope » a été portée au petit écran – selon moi, les 2 séries télévisées ont beaucoup contribué au succès des romans – c’est vrai que la série « Ramsay » est écrite dans un style simple, dans laquelle il n’y a pas énormément d’agitation. 
Ces polars sont des procédures policières, il ne s’y passe guère de poursuites et agitations sanguinaires comme il semble être de bon ton dans les thrillers actuels, par contre le côté psychologique s’y retrouve.

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