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Ecosse, les Highlands, au pied du mont Munro - Trois jours avant la fin de l’année  - un  groupe de joyeux trentenaires débarquent avec la ferme intention de fêter dignement cette fin d’année. 
Le « Lodge » est un lieu élégant, tout en verre et métal, très mode, au contraire de l’ « Old Lodge », l’ancien pavillon ayant brûlé quelques années auparavant. Un Anglais plein aux a construit le nouveau pavillon-hôtel, tellement recherché qu’il faut réserver au moins un an à l’avance, les places étant limitées.
Pour cette fin d’année-ci, c’est à Emma qu’a incombé le choix du lieu où tous les amis vont pouvoir s’éclater pendant trois jours.
Ils se connaissent depuis l’université – 2 des filles se connaissent même depuis l’enfance, ce sont des BFF (best friends forever).

Deux Islandais ont aussi réservé un pavillon, ce qui ne plaît pas trop à la « fine équipe », mais soit. Des randonneurs, pas trop leur genre.

Quatre couples = le très beau, à la mode – les jeunes parents – le beau gosse et son amant américain et finalement le couple plus récent, même si cela fait tout de même trois ans qu’ils sont ensemble.
Sans oublier, la solitaire, qui n’avait pas trop envie de venir, mais son amie a insisté et quand Miranda décide quelque chose, vous ne pouvez pas refuser.

Miranda est la plus fascinante des jeunes femmes, elle est ce que l’on appelle une « It girl » (une « locomotive » en quelque sorte), la plus branchée, la plus belle, celle que tout le monde envie pour sa vivacité, son élégance, mais il y a tout de même un revers à cette fascinante médaille, elle est aussi celle qui peut, d’un seul mot, vous virer de son petit cercle.
Bien qu’elle n’ait pas organisé les 3 jours de fête, elle a bien l’intention de faire en sorte que tout le monde la suive sur la voie du champagne et des petites pilules illicites.
Elle ne comprend pas pourquoi Katie, sa BFF, est aussi distante avec le groupe – peut-être a-t-elle mûri plus vite que les autres ?

Le « Lodge » est géré par une jeune administratrice compétente, qui s’est installée là suite à son veuvage – pour l’assister, il y a un certain Iain, dont la famille vit en ville, qui s’occupe plus de l’intendance que de l’administration ; il y a aussi le séduisant garde-chasse, Doug, un ancien marine, qui souffre de stress post-traumatique. Lui, tout ce qu’il demande c’est qu’on lui fiche la paix.
Il sera là pour organiser une chasse au cerf, comme prévu dans la publicité. Miranda ne dirait pas non à se la  rejouer « l’amant de lady Chatterley » avec lui. Oui elle est mariée, et alors !
Le propriétaire vit à Londres et laisse carte blanche à son personnel. Du moment que l’argent rentre, que vouloir de plus.

Le premier jour, les choses ne se passent pas trop mal, même si le repas typiquement « highlands écossais » ne leur plaît pas des masses.
Mais Emma, la petite dernière addition au groupe, leur promet un repas de St-Sylvestre particulièrement choisi.
Le soir, bien sûr, le champagne coule à flots, Miranda tente de faire comprendre à sa BFF qu’elle devrait se confier à elle si elle a des problèmes, ce que l’autre refuse, elle est simplment fatiguée étant une avocate en vue et ayant pas mal de travail.
On le sait, l’alcool révèle bien vite la vraie nature des gens – un verre de trop et le vernis de la civilisation est rapidement entamé.

De remarques désagréables en moments carrément de dispute, des moments de la vie de ces gens qui se connaissent depuis tant d’années vont être révélés, certains pas vraiment agréables, quand on se connaît depuis vingt ans, il est évident que l’on connaît des petits secrets qu’il vaudrait mieux garder pour soi.
Le jour de nouvel-an, Miranda a disparu après quelques moments particulièrement dramatiques – son corps sera retrouvé par Doug, le garde-chasse, au pied d’un petit pont, près d’une cascade. La beauté du paysage en prend un sacré coup, la tempête de neige fait rage et il faudra attendre quelques heures que cela se calme pour que l’hélicoptère de la police puisse arriver au Lodge.

Ce que j’en pense = un très bon suspense, une satire bien faite de certains gens aisés, qui ont réussi dans la vie, mais qui gardent une certaine nostalgie de leur jeunesse.
Même s’ils ne se retrouvent plus que peu de fois par an, notamment à l’occasion de la nouvelle année, il FAUT qu’ils fassent la fête, comme pour oublier que la vie avance. Ressasser les souvenirs de l’époque universitaire semble être leur seul sujet de conversation, lorsqu’ils tentent de parler d’autre chose, quelqu’un les ramène toujours à « hé on est là pour s’amuser » !

Celle qui est particulièrement accrochée à cela est Miranda, elle est assez pathétique dans son besoin que tout le monde l’aime, et peut être très méchante si on ne fait pas ses caprices – elle le paiera chèrement.

Sur un canevas d’écriture semblable à l’autre roman que j’ai lu de Lucy Foley (ici), elle propose des chapitres courts, où chacun parle de soi, entrecoupés par le « maintenant » parlant de la situation au présent – le crime et l’attente de la police. 
Cela rend la lecture très vivante et j’apprécie cette façon d’écrire.

L’étude des personnages, fort superficiels, est bien observée – c’est évident qu’il s’agit d’un cercle de personnes n’ayant aucun problème d’argent, cela crée un certain malaise, on aimerait gratter pour découvrir qui il y a là-dessous, hélas lorsqu’on gratte le vernis, c’est bien autre chose que l’on découvre.
Psychologiquement, c’est réellement intéressant :

De plus, aimant énormément l’Ecosse, j’ai réellement aimé la description du paysage du mont Munro.

ben-chonzie