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Sous-titre = Ghosts, Whisky, Murder

Décembre 1889  - en l’absence de son épouse Mary, le docteur John Watson rend visite à Baker street où son ami Sherlock Holmes est la proie d’un tireur planqué qui nourrit une vengeance à son encontre.
Le problème réglé, les deux hommes devisent agréablement lorsqu’arrive une belle jeune femme,  qui leur explique la disparition étrange d’une de l’une de leurs femmes de chambre, mais aussi la découverte de dynamite, tout cela en Ecosse, dans la propriété de son beau-père Sir Robert MacLaren. A la surprise de Watson, Sherlock Holmes refuse de s’occuper de l’affaire  et rembarre la jeune femme de manière très peu correcte ; Watson sait que Holmes n’a pas très bonne opinion de la gent féminine mais là il est carrément à la limite de la grossièreté.

L’incident étant clos, les deux hommes se dirigent vers le Diogene Club où Mycroft Holmes les attend. Il a un problème sur les bras dont il souhaite (exige plutôt) que son frère s’occupe = les vignes du sud de la France sont attaquées par la phylloxéra ; les Français sont convaincus que ce sont les Britanniques qui sont responsables de cette situation.
Les récoltes des vignes de l’année sont perdues, et les alcools écossais sont florissants. L'incident diplomatique menace.

A Montpellier, Holmes et Watson retrouvent un désagréable personnage qui a l’intention de leur mettre des bâtons dans les roues, il s’agit de Jean Vidocq qui se prétend descendant du grand Eugène Vidocq et qui n’hésite pas à se moquer de Holmes, parce que lui Vidocq travaille à présent pour le gouvernement français. 

Nos amis rendent visite au scientifique s’occupant du problème des vignes qui ne croit pas que les Britanniques y soient pour quelque chose, mais il est difficile de savoir comment la phylloxéra fut introduite dans les vignes. Il cherche un moyen de détruire le parasite, mais c’est long.
Alors que les 3 hommes reviennent de déjeuner, une explosion détruit l’ancien laboratoire du scientifique – heureusement toutes ses rechechers et travaux ont été déménagés dans un autre laboratoire peu avant cet attentat. Holmes est convaincu que Vidocq est derrière cette explosion, mais pas de preuve hélas !

A Nice, Holmes et Watson sont invités par le laird (lord) MacLaren ; ils y retrouvent la jolie Isla qui est l’épouse du fils cadet Alistair, que Holmes a si désagréablement éconduite ; ils rencontrent également le fils aîné et son épouse qui à l’évidence ne s’entendent guère. Le dessert devait être la surprise du chef, sa spécialité glacée. Pour une surprise c’en est une,  des plus horribles, la tête de la jeune Fiona, celle-là même qui avait disparu en Ecosse – le paquet est arrivé directement d’Ecosse apparemment, bien empaqueté afin de rester glacé.
Lord MacLaren demande à Sherlock Holmes d’enquêter sur cette mort atroce, comment la tête de la jeune femme est arrivée là.

Nos héros se rendent donc en Ecosse, qui comme on le sait est une terre de fantômes et de whisky. Les distilleries MacLaren sont réputées à travers le monde, mais le laird espère convaincre la maison royale de leur attribuer le label « distillerie de la cour ».
MacLaren n’est pas un homme facile, mais Holmes non plus et il ne se laisse pas influencer ni intimider par le lord. Ce dernier accepte mal que le détective consultant se mêle de sa vie privée et de celle de sa famille, ainsi que du personnel du domaine et de la distillerie.
Comme dit Holmes « on enquête ou on n’enquête pas » !. Il est évident que MacLaren craint que tout cela vienne aux oreilles de la maison royale et que le label lui passe sous le nez.

Sherlock Holmes va découvrir des secrets de famille, bien enfouis; il ne s’embarrasse pas de scrupules pour dire ce qu’il pense au lord. Holmes refuse toujours l’aide d’Isla MacLaren, qui a également son franc-parler.
Watson évidemment, sensible au charme et à l’intelligence de la jeune femme, tente de convaincre son ami de l’écouter, ce que Holmes refuse.

Lorsqu’on remue des secrets de famille, on réveille de l’amertume, voire de l’agressivité. Nos deux compères vont l’apprendre à leurs dépens.

Ce que j’en pense – cette 2ème aventure dans la série « nouvelles aventures de Sherlock Holmes » écrite par Bonnie MacBird m’a plus plu que le premier opus de la série. D’abord parce que j’adore l’Ecosse et l’autrice nous  gâte par des détails de paysages bien plaisants à lire.

Les paysages écossais sont propices à l’imagination et ce n’est pas surprenant que l’on parle de fantômes en colère, comme celui de la défunte épouse de lord MacLaren, qui hante les couloirs à la recherche de sa petite fille disparue à deux ans. Quant à lord MacLaren, il ne se remet pas trop de la mort de son fils aîné – celui avant Charles – mort au Soudan.

En dehors de la description des paysages, Bonnie MacBird met aussi l’accent sur les relations « upstairs/downstairs », qui régnaient dans les grandes familles – aristocrates et bourgeoises – dans les siècles passés. Le personnel féminin était souvent la « proie » des maîtres de maison, et/ou leurs fils, au détriment des malheureuses prises dans leurs filets.

Dans cette histoire où on risque de croiser un fantôme la nuit, il est des problèmes bien plus concrets et évidents = envie et jalousies familiales, cupidité, pouvoir, vengeance, cruauté.
Il est aussi question, dans cette histoire, de quelques détails de la jeunesse de Sherlock Holmes que Watson apprend involontairement, ce qui fâche le détective consultant. Pourtant, ces détails de son passé vont éclairer l’affaire en cours.

Pour les amateurs de whisky, le roman devrait également être plaisant car il décrit de manière technique tout le processus pour arriver à un "malt" d'excellente qualité.

On n’échappe évidemment pas à ce détail qui m’agace toujours = la « découverte » d’un manuscrit non publié de John Watson, qui peut désormais être édité puisque plusieurs années après la mort du détective consultant. Je l’ai déjà dit et répété, je trouve cette mise en abîme agaçante, je suppose qu’il faut justifier l’apparition soudaine d’une enquête qui n’avait pas encore paru, pour que le pastiche soit accepté.

Quelques moments de l’affaire en cours étaient prévisibles, selon moi – j’en avais deviné certains détails, mais pas suffisamment pour tout découvrir.
Une lecture divertissante, qui m’a consolée de l’horrible thriller que je venais de lire.

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