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4ème aventure de la saga des Savoisy

Versailles en mai 1683 – Benjamin Savoisy est le 2ème assistant du grand jardinier Jean-Baptiste de la Quintinie, créateur du Potager du Roy. Ledit roy étant Louis le quatorzième, un homme à caprices, en plus d’être un homme à femmes – il s’est pris d’amour immodéré pour les melons et du coup il en veut en toute saison.
De la Quintinie a inventé un système pour que les melons mûrissent rapidement lorsqu’ils sortent de terre.

Ce jour-là, le roy a décidé qu’il en mangerait au grand souper ; lorsque Benjamin va cueillir les fruits, tout est saccagé, aussi bien les melons que les cloches en verre qui les recouvraient ; de plus le roy désire montrer ses melons à des envoyés de Hollande.
Envoyé à Paris pour tenter de trouver de quoi remplacer les melons, hélas là aussi non seulement les melons ont été détruits, mais la famille qui les cultivaient a été massacrée. Il y a complot, c’est certain.

Benjamin Savoisy n’aime pas la vie  à Versailles, il y règne un climat de duperie et rivalité auquel son éducation protestante à Genève ne l’a guère habitué.
Pour les beaux yeux de la jolie responsable des fleurs très appréciées par la princesse Palatine, Benjamin est resté à Versailles puisque leur amour a donné naissance, un peu rapidement, à la petite Alixe, qui hurle toutes les nuits.

Benjamin, qui s’est converti au catholicisme pour épouser Ninon, songe avec nostalgie à ses rêveries de pays lointains au bord du lac Léman.
Ce n’était pas tant l’attrait des contrées lointaines qui l’attirait, mais surtout l’espoir des découvertes de fleurs, plantes, arbres, tout ce qui était neuf en botanique et qu’il pourrait amener en France.

Parmi les invités hollandais dans la suite de l’ambassadeur, venant regarder les melons royaux, il y a une ravissante créature, Elena, qui va emporter Benjamin dans un tourbillon d’amours interdites et piperies qui entraîneront le naïf jeune homme loin de sa Ninon, à Amsterdam où de nombreuses surprises l’attendent, dont notamment Augier, le parrain de Ninon. D’Amsterdam à Londres il n’y a qu’un petit bateau et ensuite retour à Versailles après moultes et dangereuses péripéties.
Pour Benjamin, deux questions se posent = comment découvrir les assassins et tueurs des cultivateurs de melons, et Ninon pourra-t-elle lui pardonner ?

Mon avis = très positif – je lui donne autant d’étoiles que je n’en ai donné au thriller japonais.

Ceci est dans un tout autre registre, bien sûr, ce polar historique est plein de rebondissements,  d’aventures, peut-être un peu plus d’aventures et tromperies que ne le voulait Benjamin Savoisy, petit-fils de François (voir Natures Mortes au Vatican).

Le séjour à Londres est un petit moment fort savoureux (normal dans un roman de recettes =^-^=), après les dramatiques événements d’Amsterdam.
Effectivement l’un des lords, amis de la cousine Savoisy, est convaincu de bien maîtriser la langue française et utilise des expressions traduites littéralement de l’anglais. Je me suis bien amusée à ces passages-là allégeant quelque peu le polar.

Bien que ce ne soit pas écrit par Alexandre Dumas, j’ai trouvé cette aventure pleine de recettes et d’action, digne d’un roman du grand homme, lui aussi amateur de bonne chère et de belles histoires.
Sur toile de fond des parachèvements de la galerie des glaces à Versailles, des dragonnades dans le Midi, de la vie à Amsterdam ainsi que de l’histoire de Londres, avec quelques idées de recettes pour les amateurs de cuisine, je recommande la lecture d’un livre qu’on peut qualifier de lecture de vacances, sans que cette dénomination soit péjorative.

Comme toujours la série mélange personnages historiques avérés mêlés aux personnages fictifs.

jean-baptiste de la quintinie, créateur du potager du roy 

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