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Titre français  = Le Journal de Claire Cassidy

Clare Cassidy, 45 ans, est professeure d’anglais dans le collège Tagarth, installé dans la maison même qu’habita R.M. Holland, dont Clare espère toujours finir la biographie. Passionnée de littérature anglaise, plus particulièrement des romans gothiques de l’ère victorienne, Clare tente de faire partager cet engouement à ses élèves, mais aussi aux adultes qui suivent ses cours d’écriture créative au moment des vacances.
Sa fille Georgia ne semble pas intéressée aux mêmes choses que sa mère, ce qui semble normal aux yeux de Clare, même si elle le déplore vivement. Georgia (Georgie pour les amis) a 15 ans et comme tou.te.s les adolescent.e.s ne montre que peu d’intérêt pour ce que fait sa mère.
Le plus dur, pour Clare, sont les fins de semaines ou les vacances que Georgie doit passer chez son père, qui espère obtenir la  garde de sa fille dans sa nouvelle famille. Le couple ne s’entend réellement pas quant à l’éducation de Georgie, et certainement pas concernant son petit ami, de 6 ans plus âgé qu’elle, mais que Clare tolère parce qu’elle l’a rencontré et qu’il semble sérieux.

Et puis, il y a encore Herbert, le chien de Clare et Georgia, le style multiracial, dont on ne sait pas toujours où est la tête et où est la queue, tant il est bouclé. Il joue et jouera un rôle primordial dans leur vie.

Lorsque Ella, une bonne amie de Clare, également professeure d’anglais pour les classes supérieures, est assassinée, un mot est trouvé près d’elle  « Hell is empty » - cela est une citation qui figure dans le roman de Holland, mais aussi dans Shakespeare.

C’est la détective-sergente Harbinder Kaur qui prend les rênes de l’enquête en compagnie de son collègue le sergent Wilson.
Dans le duo « good cop bad cop » c’est DS Kaur qui joue le « bad cop » - dès qu’elle rencontre Clare Cassidy, elle la prend tellement en grippe par son élégance, ses manières sophistiquées, qu’elle a envie de la boucler.
Elle semble effectivement être la coupable idéale, car aussi bien élevée qu’elle soit, il n’est pas impossible que Clare ait pu être jalouse de son amie.
Celle-ci a eu une brève aventure avec un autre prof de l’école, qui en fait avait poursuivi Clare de ses assiduités.  La jalousie, l'envie, comme l'avidité sont d'excellents motifs.

Clare Cassidy a l’habitude de tenir un journal depuis de longues années et quel n’est pas le choc qu’elle éprouve lorsque dans le plus récent figure une phrase dont l’écriture est identique au mot trouvé chez Ella.
Celle-ci était également harcelée par un des ses élèves ayant le béguin pour elle.

Peu après, c’est Richard Lewis qui est  découvert assassiné, dans le bureau même de R.M.Holland – bureau se trouvant dans les combles de la maison Tagarth. Lewis était le prof qui en pinçait pour Clare avant Ella. 
Avec toujours un petit mot écrit de la même  main mais qui n’est pas celle de Clare, heureusement pour elle.

Quand l'ex-mari de Clare est attaqué au couteau à Londres,  la détective assouplit les angles et commence à faire plus attention à  Clare, qui risque d’être la prochaine victime. 

Mon avis = excellent thriller – j’ai l’habitude (régulièrement) d’entreprendre la lecture de plus d’un livre à la fois, et j’étais partie sur un livre que j’avais fort envie de lire depuis bien longtemps – puis, impulsivement, j’ai feuilleté ce titre-ci sur ma liseuse et j’ai été accrochée dès les premières pages au point d’abandonner temporairement l’autre roman – je n’ai réellement eu de cesse que de terminer ce « Journal », qui entre nous est erronément intitulé en français « le Journal de Claire Cassidy ».
D’abord il ne s’agit pas que de son journal à elle-seule, mais aussi des deux autres principales protagonistes, à savoir la détective chargée de l’enquête et aussi de la fille de Clare, Georgia – de plus, il est question dans ce thriller d’un autre journal, celui d’un écrivain de romans gothiques, célèbre à l’époque victorienne.
Pourquoi ne pas avoir tout simplement utilisé la traduction « Le journal de l’Inconnu » ?
Bref une fois encore je n’aime pas le titre français, cela devient une habitude chez moi, (je me demande si je ne suis pas un peu psychorigide concernant les traductions de titres =^-^=)

Quant à la trame, elle est structurée en trois couches plus des extraits du journal « The Stranger » de R .M. Holland (l’Inconnu dans la version FR).
J’ai apprécié que l’histoire s’écrive du point de vue des trois femmes importantes du roman = Clare Cassidy, Harbinder Kaur et Georgia Newton.
Avec une nette préférence pour la détective sergente  Kaur, une Indienne de la 2ème génération, qui ne mâche pas ses mots, qui vit toujours chez ses parents, qui est homosexuelle, ne le cache pas d’ailleurs.
Ceci dit, j’ai trouvé cela un peu cliché ; on dirait que désormais dans les polars, il faut nécessairement un personnage ethnique, de préférence féminin pour être politiquement correct, et que l'un des protagonistes soit homosexuel.
J’avais déjà remarqué cela dans les récentes enquêtes de l’inspecteur Alan Banks, personnage principal de Peter Robinson, qui a désormais des inspectrices noires en plus de son habituelle équipe travaillant pour lui.

C’est dans l’air du temps je suppose, tout comme le sont dans ce thriller-ci les nouvelles technologies comme les smartphones utilisés compulsivement par les adolescent.e.s, facebook mentionné également, ainsi que d’autres sites soi-disant sociaux très à la mode désormais.
Par contre ce que j’ai beaucoup apprécié dans le roman, sont les multiples références littéraires qui jalonnent l’histoire.
Une chose positive également dans ce thriller est le coupable que je n’avais absolument pas deviné, même pas soupçonné. Et un excellent rebondissement final.

Un bon point pour l’autrice Elly Griffiths dont j’apprécie la série « Ruth Galloway », une archéologie qui se retrouve régulièrement mêlée à un meurtre.

 un autre avis sur ce thriller sur lenezdansleslivres