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Non, il n’est pas devenu polygame – dans ce  court recueil, les éditions « Omnibus » ont compilé neuf enquêtes du grand détective consultant, pour prouver que contrairement à sa légende, il n’est pas misogyne.
Là sincèrement je ricane, car Arthur Conan Doyle était très opposé à la cause des femmes, aux suffragettes, dont il n’avait apparemment pas capté les justes revendications – pour l’écrivain, la place d’une femme était à la maison, gérer ladite maison, élever les enfants. Ce qui se retrouve dans chacune des nouvelles.
Eventuellement, il admettait qu’une femme pouvait être gouvernante ou dactylo si la famille avait besoin d’un revenu supplémentaire, mais son « ouverture d’esprit » s’arrêtait là et effectivement les femmes dans ces nouvelles sont soit des épouses malheureuses, soit des jeunes filles devant travailler car pauvres.

La seule femme « libre et indépendante » que Doyle créa pour damer le pion à Holmes était la grande Irène Adler, LA femme.

C’est par « Un Scandale en Bohème » que commence le recueil, où l’on peut constater les tribulations de Sherlock Holmes pour aider un prince, qui finalement ne s’avère pas être un gentleman. Avec une héroïne qui s'avère plus astucieuse que le "grand" homme.
Les autres nouvelles sont = Une Affaire d’identité – la Bande tachetée – La Cycliste solitaire – Charles Augustus Milverton – Le manoir de l’abbaye – La disparition de lady Frances Fairfax – La pensionnaire voilée – La Boîte en carton.

Je ne vais pas les résumer, ce sont des courtes nouvelles faisant partie du « canon holmésien » - le fil conducteur y est toujours le même au point que c'en finit par être agaçant = soit une jeune fille est sujette au harcèlement d’un soupirant, qui en veut à son héritage ; soit il s’agit d’une femme ayant subi des violences conjugales et espérant échapper à un mari ivrogne et violent.
Il est dit dans les commentaires du recueil qu’il mettait en lumière les femmes qui ont compté dans la vie de Holmes => même pas vrai, c’est le sujet, la raison de l’enquête qui l’intéresse, la femme est simplement le prétexte de la mise en route de l’enquête.

Les deux seules nouvelles qui trouvèrent grâce à mes yeux sont évidemment le « Scandale » et aussi « La Cycliste solitaire », où une jeune femme se rendant à la gare vers son travail ou retournant vers la gare en fin de semaine, est suivie par un homme à barbe noire, qui se cache dès qu’elle s’arrête et regarde en arrière. (tous les hommes déguisés ont systématiquement une barbe noire !)

Ce qui m’a frappé en lisant ce recueil c’est la trame quasi identique d’une nouvelle à l’autre, il y a très peu d’originalité dans les nouvelles écrites par le docteur Watson/Doyle.

Finalement, j’ai compris que la seule aventure de Holmes & Watson que j’apprécie vraiment  est celle du « chien des Baskerville ».

Et j’en suis à me dire qu'en définitive  je préfère les pastiches écrits par d’autres auteurs. 

bookworm 

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