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35ème livre dans la série « Maigret » 

Voici un roman-mise en abyme que je n’hésite pas à qualifier de « ludique » - j’ai l’impression que Georges Simenon s’est beaucoup amusé à écrire cette fausse « vraie » autobiographie du célèbre commissaire à la pipe.

Pourquoi, un jour, Maigret a-t-il eu l’envie de rectifier l’image que Georges Simenon avait donnée de lui ? qu’avait-il à y gagner ?

La rencontre = un jour, le supérieur de Maigret, le commissaire Xavier Guichard,  que le commissaire respecte énormément,  l’appelle dans son bureau et lui présente un maigre jeune homme, nommé Georges Sim, se présentant lui-même comme un écrivain de romans populaires – il a l’intention d’écrire des romans plus littéraires mais veut d’abord se faire la main en quelque sorte.
Attention = il ne veut surtout pas qu’on le traite de journaliste. Maigret est donc obligé de l’accepter dans son bureau, dans un coin, où Sim l’observe, le suit comme une ombre, finit par faire partie des meubles du Quai des Orfèvres. Puis Sim disparaît du paysage mais apparaissent peu à peu des romans policiers dont il est le héros.
Ce qui l’ennuie le plus, ce commissaire vedette contre son gré, est que  au Quai ou dans le quartier du boulevard Richard Lenoir où il habite,  tout le monde sourit en le voyant, parfois ironiquement, parfois gentiment.  Lorsqu’il prend sa retraite à Meung-sur-Loire, dans la petite bicoque qu’il a retapée, il décide de rectifier l’image que Georges Sim, désormais devenu Simenon, donna de lui dans ses romans policiers.

Il y eut la jeunesse à Saint-Fiacre où son père était régisseur, respecté de tous – la mort en couches de sa mère alors qu’il n’avait que huit ans. Il sera alors confié à une tante, épouse d’un boulanger, tout prêt,  si le jeune Jules le souhaitait, à lui apprendre le métier. 
Maigret ne reverra son père que pendant les vacances, mais il garde fortement gravé en lui l’image de cet homme compréhensif.
A sa mort, Maigret doit abandonner ses études de médecine, cherchant un emploi à Paris, un voisin de palier l’oriente vers la police.
C’est là qu’il commence par le bas de l’échelle = à bicyclette, porteur de dépêches d’un commissariat à l’autre, ensuite il passe à la brigade de la voie publique, parcourant Paris dans tous les sens, se familiarisant ainsi avec les rues, les quartiers, mais aussi la foule de personnages bigarrés (apaches, prostituées, voleurs à la tire) logeant dans des quartiers miteux, dans des garnis minables.
Il passera ensuite  par la surveillance en grands magasins (ce qui actuellement est le lot des sociétés privées). 

Avec un copain, il sera un jour invité chez des gens très bien, tous orientés vers les Ponts & Chaussées. C’est au cours de cette soirée qu’il rencontre la nièce de la maison, la douce Louise, la future Madame Maigret, qui relit son manuscrit au fur et à mesure de l’écriture et qui le juge parfois fort sévère à Simenon, qu’elle continue à appeler Sim.
Cette femme au cœur tendre s’étant prise d’affection pour le petit jeune homme à l’époque.

C’est à trente ans que Jules Maigret réalise le rêve de sa vie = entrer au Quai des Orfèvres.

Ce qu’il reproche aux romans de Georges Simenon est d’avoir surtout parlé de ses enquêtes les plus exceptionnelles, alors que la vie d’un inspecteur est bien plus monotone que cela, il y a la paperasse (la bête noire de Maigret).  Pour le commissaire, la psychologie est importante, comme le lien établi avec les petites gens.

C’est sur cette nomination au Quai que se terminent les « Mémoires de Maigret ». Il aura cependant une dernière pensée à l’égard de l’écrivain Georges Simenon, devenu un ami.
Voilà donc dans les grandes lignes, l’autobiographie du commissaire Jules Maigret, avec ses réflexions personnelles sur le métier de policier.

Mon avis = je recommande chaudement la lecture de cette fausse « vraie autobiographie » qui m’a intéressée et amusée par l’aspect souvent ironique et caustique qu’emploie Maigret à l’égard de son « père putatif ».
J’aime bien aussi le fait que le portrait de Madame Maigret soit nettement moins mièvre dans ces « mémoires » que dans les romans où parfois elle m’agace par sa timidité excessive.

J’ai eu peur à un certain moment dans la série des romans policiers de Simenon consacré à son commissaire, qu’il veuille le « tuer » comme Conan Doyle supprima ce Sherlock Holmes qui l’empêchait d’écrire autre chose. Heureusement, il n’en sera rien, Maigret partira tout simplement à la retraite.

J’ai été étonnée par la virulence de certains commentaires/certaines critiques à l’égard de ce livre, ceux qui l’ont lu estimant que cela n’avait rien à voir avec la série Maigret. Ah bon ?

Comme je l’ai dit, pour moi ce fut une lecture ludique, délassante, amusante, qui se lit réellement très rapidement.

les bords de la loire où le commissaire aime pêcher

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