51aoxN4Sn9L

Dans ce recueil dont la première nouvelle était consacrée au commissaire Maigret, les 2 suivantes sont également des contes de noel, mais des contes de grande personne. Elles furent écrites par Georges Simenon à l’époque où il résidait en Californie (entre 1947 et 1950) – c’est en 1951 qu’elles furent réunies en un seul volume par les éditions Presses de la cité, avant cela, la nouvelle « Un noel de Maigret » avait paru seule.

Sept petites croix dans un carnet – les « nuiteux » - ceux qui sont de garde à la préfecture de police – suivent sur un grand tableau à petites lumières, l’itinéraire d’un gamin, le petit Lecoeur, neveu de l’agent Lecoeur qui note dans un petit calepin, à usage personnel, les diverses étapes de ce que vivent les agents de police dans Paris.
Ici, en cette veillée de noel, après que ceux qui sont allés à la messe de minuit se précipitent chez eux pour le dîner, ou ceux qui après le cinéma se ruent dans les restaurants, il y a les quelques accidents habituels (ivrognes, voitures volées, suicides). Après l’assassinat  d’une vieille dame, un gamin a été aperçu grimpant le long de la façade, puis s’enfuyant. Il a pu constater la mort de la vieille, connue pour être une prêteuse sur gage – son magot semble avoir disparu.
L’agent Lecoeur, après avoir entendu le nom de la victime, réalise que cette histoire est très proche de sa famille et il s’adresse au commissaire qui s’occupe de l’affaire.
Pendant toute une nuit, les agents et les inspecteurs vont tenter de retrouver l’enfant et probablement le tueur en série qui sévit depuis quelques mois dans Paris, s’en prenant aux personnes solitaires. Ils vont suivre l’enfant à travers toutes les boîtes rouges de police-secours endommagées.

Mon avis = pas mal de tout – la petite manie d’un agent à la préfecture de police va aider des inspecteurs et commissaire (un fumeur de pipe comme Maigret, mais ce n’est pas Maigret) à tenter de sauver la vie d’un enfant et mettre la main sur un criminel. On sent bien que Simenon est nettement plus à l’aise dans des histoires d’hommes que lorsqu’une femme entre en ligne de compte.

Le petit restaurant des Ternes, un conte de Noel pour grandes personnes – dans le petit restaurant, il ne reste que trois clients – tout juste avant la fermeture, le patron offre le traditionnel petit verre de la veille de noel.
Au moment où il faut partir, le client masculin se tire une balle dans la tête ! restent le patron, la caissière, le serveur et  la grande Jeanne et la jeune Martine, qui après que l’on ait pris leurs identités peuvent s’en aller.
Jeanne, une « dame de la nuit » a l’intention de rentrer chez elle, mais la mort du Russe, qui fut un client, lui donne le cafard et elle veut marcher un peu. Bien lui en prend car l’attitude de la jeune Martine lui laisse une impression étrange ; elle décide donc de la suivre – la jeune femme entre dans un bar et il n’en faut pas longtemps pour qu’elle soit repérée par deux types plutôt louches, dont l’un drague ouvertement Martine, lui fait boire quelque chose de fort et du coup la jeune femme ne semble plus se rendre compte de la situation équivoque. La grande Jeanne décide de s’en mêler.

Mon avis = positif, comme le portrait pour une fois non méprisant de Simenon, de la « dame de la nuit » au grand cœur. Les types chelous elle connaît, elle les a assez fréquentés depuis qu’elle pratique ce métier.
De plus, après avoir entendu Martine expliquer d’où elle vient lors de l’interrogatoire des policiers, Jeanne réalise qu’elles sont du même coin en Normandie, du coup elle a encore plus envie de la tirer des griffes des sales types. Comme elle le dit à la fin de l’histoire = chacun de nous devrait avoir l’occasion de jouer les « pères noel » pour un soir dans sa vie.

 7187