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Après une calme soirée d’avant noel, tous les restaurants étant bondés, le commissaire et Madame Maigret sont rentrés dormir – bien qu’il ait parlé de grasse matinée, le commissaire est réveillé – son épouse toujours dévouée part rapidement acheter des croissants frais,  Maigret tourne en rond dans l’appartement puis observe la rue – c’est ainsi qu’il remarque deux femmes sur le trottoir de l’immeuble d’en face, une plus âgée entraînant la plus jeune. Il est évident qu’elles viennent chez lui.

Effectivement, il les reçoit au salon, en tenue plutôt négligée pour recevoir des gens ; la plus âgée explique la situation = la petite fille 8 ans de madame Martin (la plus jeune) a eu un visiteur nocturne, habillé en père Noel, qui chipotait aux lattes du parquet – il s’est brièvement retourné vers la petite fille en mettant le doigt sur ses lèvres pour bien faire comprendre de ne pas faire de bruit et lui a laissé une superbe poupée en cadeau.
La petite fille, clouée au lit avec une jambe cassée, a raconté cela à la voisine, qui est souvent dans l’appartement pour la garder lorsque la mère s’absente ; immédiatement la voisine en parle à madame Martin et lui dit qu’il faut aller raconter cela au commissaire Maigret qui habite l’immeuble d’en face.

La vieille dame,  grande admiratrice du commissaire, pour elle cette histoire de visiteur nocturne est l’occasion unique de rencontrer Maigret.
Maigret que tout cela ennuie prodigieusement et qui remarque le peu d’aménité de la mère de la petite, propose malgré tout, si la mère est d’accord, de venir questionner la petite Colette – qui a été recueillie par le couple Martin à la mort de sa mère dans un accident ; le père a sombré dans l’alcool et n’est plus capable de s’occuper de sa fille, à qui il rend parfois visite. L’enfant est une fois encore sous la surveillance de la voisine âgée, la mère étant en courses, or c’est un jour de congé, et le garde-manger est garni – du coup Maigret est intrigué, lorsque la mère revient il lui pose quelques questions qui  semblent anodines, mais madame Martin répond sèchement, critiquant la voisine mêle-tout. Le commissaire  retourne chez lui, mais passe un coup de fil au commissariat et demande à Lucas qui est de garde de faire quelques petites recherches sur base de ce que la mère adoptive lui a dit. Il est loin de se douter qu’il va remuer une sinistre histoire du passé.

Mon avis = très mitigé – cette nouvelle - faisant partie d’un recueil qui en comporte trois (je parlerai des deux autres ultérieusement) – est assez invraisemblable à mes yeux – parce qu’une petite fille a cru voir le père Noel, la poupée en témoignant, tout à coup le commissaire Maigret se met à cogiter sur une histoire de disparition et de vol quelques années auparavant.

Comme pratiquement toujours chez Georges Simenon, les portraits de femmes sont désagréables au possible – la vieille voisine est une vieille fille qui fantasme sur Maigret et se mêle ouvertement de la vie de ses voisins de palier ;  quant à madame Martin,  elle est une femme sèche de caractère, montrant peu d’affection à la petite nièce recueillie par un mari qu’elle ne semble pas aimer beaucoup.
Le seul portrait féminin positif est la dévouée madame Maigret, quoique fort soumise et parfois mièvre – elle pousse le commissaire à amener Colette chez eux avec le secret espoir que Maigret accepterait de l’adopter (madame Maigret a un immense vide affectif à combler, le couple ayant perdu un enfant en bas âge au début de leur couple).

Je n’ai pas non plus totalement compris pourquoi le commissaire s’acharne à harceler madame Martin, sur une simple intuition qu’elle cache quelque chose. Cette façon d’agir m’a paru assez invraisemblable.
Bref une déception, quoique le ton utilisé pour l’écriture soit totalement dans le style Simenon – ambiance d’hiver grise, à la limite glauque.

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