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Les énigmes d’Aurel le consul (1ère enquête)

Ce matin-là, il y avait du monde sur le quai de la marina de Conakry – qu’y avait-il pour attirer autant de monde ? un homme était suspendu au mât de son voilier. Mort.

Aurel Timescu est consul, sous les ordres du consul général ; ce dernier ne lui épargne guère les humiliations, d’ailleurs il a relégué Timescu dans un placard, pas de téléphone, pas d’ordi, rien d’intéressant.
Le consul général a même l’habitude de se moquer ouvertement ou indirectement même en public de son subalterne, avec pour conséquence que pratiquement tout le monde se fiche d’Aurel. Celui-ci est parfaitement conscient de cette situation et il prend son mal en patience.

Il a horreur de la chaleur, Timescu, vous pensez s’il est gâté en Afrique ! Avec sa dégaine, sa garde-robe datant d’il y a très longtemps, son pardessus qu’il ne quitte jamais, il rajoute de l’eau au moulin des railleurs.  Surtout avec, en prime, son accent roumain (il a fui le régime de Ceaucescu) qui fait qu’on ne le prend vraiment pas au sérieux.

Lorsqu’il est certain que le mort du mât a été assassiné,  Aurel réalise que l’enquête n’a pas l’air d’intéresser les autorités – le commissaire avec qui il est un peu copain accepte que le consul se mêle un peu de l’enquête, histoire de passer le temps en l’absence du consul général.
Du coup Timescu demande un ordi et un téléphone à l’un des employés, le plus sympa avec lui. Et il commence à fouiner. Aurel Timescu est peut-être nul comme consul, mais il a un cerveau d’une logique implacable pour les enquêtes.

Il contacte tout d’abord la sœur de Jacques Mayères, Jocelyne, une femme intelligente qui comprend vite que le consul n’est pas aussi farfelu que le laisserait comprendre son allure. Il lui fait part de ses déductions et, au lieu de se moquer de lui, le suit dans sa façon de voir les choses. Aurel Timescu veut obtenir la vérité et la justice, non seulement pour l’homme assassiné mais aussi la jeune Guinéenne qui vivotait auprès de lui et qui est accusée du meurtre.

Mon avis =  positif – je me suis beaucoup amusée avec cette enquête rondement menée par un homme qui ne paie pas de mine, mais  cachant  une forte  intelligence  et un bon esprit de déduction.
Qu’on se moque de lui ne l’impressionne pas trop, il a l’habitude,  après tout il a connu pire sous Ceaucescu. Il aime le vin de Tokay, un peu trop d’ailleurs et il joue suffisamment bien du piano pour avoir été pianiste de bar lors de son arrivée à Paris.

C’est grâce à un membre du consulat en France dont il a épousé la fille, qu’il a pu obtenir un poste – ils ont divorcé depuis - bien qu’il eût préféré entrer dans la police. Ce qui lui aurait certes bien convenu vu son esprit logique.

Je suis impatiente de le retrouver dans sa prochaine enquête, je le trouve touchant à accepter la manière dont on le juge – lui c’est « laisser dire et n’en penser pas moins ». C’est surtout la chaleur qui l’accable, mais pourquoi garder son pardessus, cela me reste un mystère.

Par contre ce qui ne fut pas un mystère pour moi, ce sont les raisons qui menèrent Mayères, l’homme assassiné, en Afrique – j’avais compris rapidement en cours d’enquête.
Cela ne m’a pas empêchée d’apprécier comment Timescu fait part de ses déductions.

Dans un magazine, j’ai lu que l’auteur Jean-Christophe Rufin avait eu envie de lui donner un « look à la Columbo » ce lieutenant de police américaine qui a toujours l’air d’avoir dormi dans ses vêtements avec son inséparable vieil imper. Pour le look du consul, là c’est réussi !

De cet auteur j’ai lu « Rouge Brésil » (il y a très longtemps) et plus récemment « Immortelle Randonnée » (sur les chemins de Compostelle) ; j’avais beaucoup apprécié ces deux romans.