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3ème enquête de Célestin Louise, flic et soldat pendant la guerre 14-18

Juin 1916 - la guerre dure depuis deux ans, les soldats ont cessé depuis longtemps de croire à une victoire rapide – la boucherie du front les  a totalement démoralisés, mais les ordres sont les ordres et cette fois la 3ème section dont fait partie Célestin Louise est en route vers le Mont-Homme, en plein cœur des combats.  Tous les soldats le savent, cette guerre va durer encore longtemps.

Le lieutenant ayant besoin d’hommes pour une reconnaissance, Célestin se porte volontaire et, à sa colère , le jeune Béraud aussi. « Où vous allez, je vais monsieur ! », lui répond  le plus jeune de leur groupe qui n’a pas quitté Célestin Louise d’une semelle depuis le début des hostilités.
C’est à lui que Célestin devra d’avoir la vie sauve ; touché par une balle sous l’omoplate au cours d’une salve de mitraillette lorsque le lieutenant commande le repli, Béraud va porter Célestin jusqu’au poste de santé, pour qu’il  soit emmené vers l’hôpital de fortune,  le château d’Amberville. 
Là, il est soigné par la fille du comte, Laure d’Amberville, qui se dévoue sans arrêt aux soins des soldats,, jusqu’à ce que le major Vincent, un médecin peu aimable avec les soldats, les juge « bon pour le service » - il n’a aucune pitié pour ces blessés qu’il considère comme des planqués, aussi s’ils arrivent à se tenir debout, il signe l’ordre de retourner au front. De toute façon on a besoin de lits n’est ce pas avec tous ces blessés. 

A peine arrivé, Célestin Louise est confronté au suicide d’un jeune soldat qui espérait avoir quelques jours de répit pour aller saluer sa fiancée.
Devant retourner au front illico, on le retrouvé noyé après qu’il se soit tiré une balle dans le cœur.  Conclusion = suicide, lâcheté.
Puis, le suivant sur la liste est égorgé, là il est évident qu’on ne peut plus parler de suicide.
Comme Louise est inspecteur de police dans le civil, on accepte à contre-cœur qu’il se mêle de l’enquête, celle-ci étant menée n’importe comment par le juge d’instruction du coin, aidé – si l’on peut dire – de deux gendarmes, ils  prennent immédiatement grippe, se rendant bien compte qu’il est nettement plus intelligent qu’eux.
Ils ne sont pas les seuls à traiter Célestin avec morgue ; les supérieurs au château, comme ceux du front, traitent les soldats avec arrogance et mépris, ils ne sont pas du même monde n'est ce pas.

Suivront encore d’autres morts parmi les malheureux soldats blessés et Célestin Louise est convaincu que le meurtrier se trouve au château, peut-être ayant accès à la salle des blessés par un couloir secret. Il va devoir faire vite pour résoudre l’affaire parce qu’il est aussi devenu la cible de l’assassin.

Mon avis = une enquête dont j’avais deviné la personne coupable dès le premier mort.

J’avoue que ce qui a fait l’intérêt de ce polar, pour moi, ont été les descriptions de la vie sur le front près de Verdun, les pensées des soldats, leurs douleurs, leur désespoir.
L’auteur Thierry Bourcy décrit à la perfection la vie des soldats, mais aussi la douleur des civils dans les villages où il ne reste plus que les personnes trop âgées pour aller sur le front, où même les chevaux ont été réquisitionnés – la pauvreté qui règne partout, avec la peur, la méchanceté, le chacun pour soi parce qu’il n’y a plus assez d’humanité en temps de guerre pour penser aux autres.

Ceux qui ont le moins d’empathie sont les supérieurs, ceux pour qui les soldats ne comptent pas, qu’ils fassent leur devoir et s’il y a des velléités de fuir, de déserter, le peloton d’exécution les attend, sans aucune forme de procès.

L’auteur décrit aussi l’alcool que l’on boit pour tenir le coup sous les salves des bombes ennemies, la nourriture – si on peut nommer cela « nourriture », la peur au ventre qui ne vous quitte jamais, comme la crasse des tranchées.
C’est cette étude de la guerre qui m’a le plus intéressée, à partir du moment où j’avais compris qui était coupable et le temps que mettait Louise à dévoiler la personne coupable. 

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