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D’après la biographie de David Hockney par Peter Webb
(adaptation en français du texte anglais)

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David Hockney et ses parents ont toujours eu de bons rapports parents/enfants – c’est ce que l’on découvre dans le 1er chapitre / Bradford 1937-1959 de cette intéressante biographie de l’artiste David Hockney – biographie éditée en 1988, la seule qui sera consacrée à l’artiste pendant 20 ans, Webb y travailla pendant  5 années  (recherches et écriture, interviews d’amis et collègues du monde de l’art)  -

Les parents Hockney furent, pendant un temps, officiers de l’armée du salut ; ils rejoignirent l’église méthodiste lorsque la « Citadelle » ferma ses portes.
La mère d’Hockney, Laura,  restera une méthodiste pratiquante toute sa vie, mais elle était aussi végétarienne, abstinente complète d’alcool et non-fumeuse convaincue, et ce jusqu’à son décès à 88 ans.
Le père, Kenneth, d’une famille de 10 enfants, était un personnage brillant et talentueux (il dessinait fort bien) – il aurait pu avoir une carrière brillante aussi si les moyens de ses parents l’avaient permis. Il devint comptable.
Lorsqu’ils se marièrent, les futurs parents de 4 garçons et une fille décidèrent dès le départ que leurs enfants recevraient la meilleure éducation possible. 

Laura Hockney fut indubitablement la force motrice de ce mariage, son influence sur  les 5 enfants étant énergique – elle exigeait leur présence hebdomadaire à la chapelle méthodiste (où David Hockney n’hésitait pas à cribler les missels de petits dessins caricaturaux de jesus).
A la maison les règles de Laura étaient strictes = pas d’alcool, interdiction de fumer. Elle ne leur imposa toutefois pas d’être végétarienne et cuisait avec sérénité les steaks des 6 autres personnes de la maisonnée. David fut le seul à tenter l’expérience du végétarisme, mais sans poursuivre.

Si Laura Hockney était le moteur du foyer, Kenneth Hockney en fut certainement l’originalité. Il était d’ailleurs considéré comme un excentrique dans Bradford et il fit honneur à cette réputation, mettant souvent sa famille dans l’embarras.
Il était un anti-militariste convaincu, activiste radical (gauche britannique), objecteur de conscience, membre du mouvement « Peace News » dont il abandonnait des copies un peu partout afin de partager leurs idées.
Kenneth écrivit notamment à divers chefs d’état de l’époque (Staline, Nasser, Mao) insistant pour qu’ils mettent fin à l’armement nucléaire (l’histoire ne dit pas s’il reçut une réponse)
Lui aussi était fortement opposé à ce que l’on fume à la maison, et également abstinent à l’alcool, se souvenant des dommages que l’alcool fit à son propre père.
Atteint de surdité (David Hockney en souffre également), il coupait ses appareils auditifs si les visiteurs de la maison l’ennuyaient, laissant à Laura le soin de se débrouiller avec eux.

C’est assurément à son père Kenneth Hockney que David doit sa passion pour les arts en général, et plus particulièrement pour l’opéra, le théâtre, la musique, ainsi que d’être également opposé au nucléaire – par contre il est un fumeur invétéré.
Kenneth encouragea son fils à cultiver les enthousiasmes qu’il ressentait et c’est aussi à lui que David doit son individualisme.
Lorsque son biographe Peter Webb demanda à David Hockney ce qu’il considérait comme l’influence la plus importante de son père, la réponse fusa immédiatement = « ne pas me soucier de l’opinion des voisins et des gens en général »

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Si David Hockney fut un relativement bon élève en primaire, les secondaires ne lui plurent vraiment pas du tout = la langue et sa grammaire, les maths, les sciences, lui passèrent par-dessus la tête, seuls les cours d’art l’intéressaient et hélas il n’y avait qu’une heure de cours par semaine, du coup ses cahiers se remplirent régulièrement de petits dessins.

Lors d’un contrôle de langue anglaise, plutôt que d’écrire le devoir en question, il réalisa son premier collage autobiographique – il ne fut pas sanctionné, son professeur ayant décidé que c’était trop original pour être puni.
Néanmoins sa réputation d’élève indiscipliné, voire « frivole », le définit rapidement.
Lors d’un devoir d’anglais sur le cricket, sa réponse tint en 4 mots = « wet day, no play » (journée pluvieuse, match remis).

 premier autoportrait en collage

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