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6ème enquête d’Andrew Singleton & James Trelawney

Décembre 1938 – alors qu’à la veille de 1939 l’Europe s’inquiète d’ une probable guerre, les privés Singleton et Trelawney prennent des vacances bien méritées en Californie, plus précisément à Hollywood où ils ont retrouvé leur copain Stuart Dauncey, acteur raté mais devenu journaliste pour une gazette et Stuart semble avoir développé un flair pour les enquêtes – il sera d’une grande aide pour les deux privés londoniens dont les vacances vont tourner à l’enquête, malgré l’injonction du lieutenant de police qui leur a fait comprendre qu’ils n’avaient aucun droit d’enquête sur le territoire américain et ils sont donc priés de se mêler de leurs affaires.
Ce qui n’entre nullement dans leurs intentions car ils veulent prouver l’innocence d’un homme (ou était ce un loup-garou) qu’ils ont croisé un soir près de Malibu Lake.

Peu après, c’est le cadavre de la jeune Innes Crown, starlette mais travaillant surtout dans un cabaret pour objets de curiosité. Lorsque Singleton & Trelawney se rendent dans la cabaret où elle aurait travaillé, ils découvrent de tristes sujets, comme des frères et des sœurs siamoises – par contre les patrons du lieu les remballent disant qu’ils n’ont plus vu la jeune fille depuis 2 jours, ce qui correspond effectivement à la date de découverte de son corps.
Afin de trouver des preuves qui innocenteraient le malheureux jeune homme atteint du syndrome d’Ambras (pilosité généralisée), ils découvrent aussi son corps dans le lac, à deux pas d’où le cadavre d’Innes fut découvert.
Pour le lieutenant de police, il ne fait aucun doute, l’affaire est close – le « loup-garou » a tué la jeune femme parce qu’elle refusait ses avances.
Le sergent lui, semble plus enclin a accepté que les détectives londoniens poursuivent leur enquête à condition d’être discrets.

Avec l’aide de leur copain journaliste et de deux nains  très astucieux et heureux de leur rendre service parce qu’ils sentent une réelle empathie de la part des deux hommes, Singleton & Trelawney se mettent à fouiner « discrètement », mais réalisent très vite qu’ils sont sans cesse suivis par une Chevrolet verte.
Leur enquête « discrète » va les mener vers une cousine de la jeune morte et un sanatorium particulièrement sinistre.
Très rapidement leur vie est en danger et ce n’est pas sur la police qu’ils doivent compter.

Mon avis = mitigé – après un départ prometteur, je suis vite restée sur ma faim par l’écriture peu engageante -  j’ai poursuivi en diagonale l’auteur traînant souvent à en arriver au point, à arriver à une solution – 

Cependant, je me dois d’être honnête et par le biais du roman,  j’ai appris plusieurs choses, à commencer par les lois sur la stérilisation contrainte qui virent le jour en 1907, dans divers états des USA, dont notamment la Californie. En Europe, des lois similaires virent le jour à partir de 1929 au Danemark. Le Canada les avait précédés en 1928.

L’autre raison pour laquelle je n’ai pas abandonné en cours de lecture, est le fait que ce polar-ci parlait beaucoup d’un film de Tod Browning et les « freak shows » de sinistre mémoire où des personnes atteintes de difformités étaient exploitées par des « montreurs de monstres » comme le cirque Barnum qui s’en était fait une spécialité, pour le plus grand plaisir du public à la curiosité malsaine.
Parmi ces autres choses que le livre m’a fait découvrir, il y a la tératologie qui est l’étude des anomalies humaines, parmi lesquelles le syndrome d’Ambras qui est l’hypertrichose généralisée – ce syndrome a probablement alimenté la légende des lycanthropes (ou loups-garous).

Je crois que ce qui m’a le plus plu dans le roman sont les diverses références au cinéma, le parlant en est à ses débuts – et l’on y croise pas mal d’acteurs et actrices des débuts du cinéma.
Ainsi que les princes du « hard-boiled detective » (le privé dur à cuire), à savoir Dashiell Hammett et son Sam Spade, ainsi que Raymond Chandler et son Philip Marlowe – ils n’étaient pas les seuls bien sûr, on peut encore citer Ed McBain.

Néanmoins ces points qui m’ont intéressée ne forment pas nécessairement un bon roman, qui est malgré tout un hommage au cinéma américain de l’entre-deux-guerres.

Cette série avait pourtant bien commencé, j’ai lu toutes leurs enquêtes, mais cette fois je n’ai pas été convaincue par l’écriture, j'exagère peut-être mais elle m'a paru bâclée.

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