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Mise en scène = Luca Franceschi

Scénographie, Lumière & Régie = Stefano Perocco, Loredana Oddone, Geoffrey Leeman

Costumes = Rosalba Magini

Un homme – un baladin - entre en scène, après avoir récité en partie le monologue  « être ou ne pas être » dans Hamlet de William Shakespeare –  il s’adresse au public, nous explique qu’il est le personnage qui habite le comédien.
Celui-ci ignore le baladin, mais pourtant ils sont unis pour toujours.
Le baladin propose alors à une spectatrice de jouer du gong à chaque fois qu’il baissera la tête – cela conduit à quelques situations cocasses.
Eclairage et son doivent être exécutés  par celui qui est en scène. Bien que l'on s'adresse parfois à Richard, celui-ci reste absent. 

Arrive le comédien (par un habile retournement de veste), qui se plaint de ne pas trouver son gong – lorsqu’il réalise que c’est une spectatrice qui l’a en main, il a des difficulté à la croire, surtout qu’elle lui dit que celui qui l’a donné lui ressemble, à part un chapeau le costume est à l’identique.
Légère panique du comédien.

Au cours de sa répétition, il s’adresse  à un metteur en scène, Francis, qui semble peu satisfait de ses prestations. 

Le comédien repart en coulisses pour quelques instants et revoilà notre baladin qui explique au public que nous voyons le baladin, le public est présent – par contre lorsque le comédien est en scène, il ne voit pas le public, il n’y a que Francis le metteur en scène. Est ce que vous me suivez, nous demande-t-il ?

Arrive le jour de la répétition générale, où est présent « monsieur le directeur », à qui s’adresse le comédien, qui s’incline de multiples fois lorsque le directeur lui répond.  
Il propose des extraits des monologues de « Macbeth », « Richard III », et même un très court moment du « Roi Lear ».

Au public de comprendre la situation et je réalise qu’en en parlant comme je le fais, cela semble confus.
Cependant, sur scène, c’est totalement clair = un seul personnage, interprétant à la fois le baladin et l'acteur dont il est le double, réglant son éclairage et le son (chansons italiennes agaçantes, mon avis =^-^=)  -

Mon avis =  j’ai énormément apprécié ce « one man show » proche de la commedia dell’arte, avec ce Polichinelle impertinent, jovial, parfois agaçant dans ses excès, parfois très drôle. Le spectacle est qualifié de tragi-comédie, ce qui est le principe de la commedia dell’arte ; il est vrai que petit à petit on réalise l’angoisse du comédien que le metteur en scène critique pour ses interprétations, les doutes, et la relation entre acteur et son personnage, que seul le public découvre (j’ai beaucoup pensé à « Six personnages en quête d’auteur » de Pirandello, où là aussi on s’adresse au public, indirectement contrairement à ici ). 

je redoutais l’interprétation de Shakespeare en français, parce que oui je suis un peu puriste et à chaque fois que j’ai vu Shakespeare interprété en français, je n’ai pas passé un bon moment – je ne m’explique pas vraiment ce « purisme », après tout je vais voir d’autres auteurs traduits.
En fait, ici Shakespeare n’est que le prétexte à quelques très courts monologues, prétextes à l’interprétation du personnage et son comédien.
Ce fut absolument parfait à mes yeux.  

J’ai passé un excellent moment de théâtre, d’autant plus que je ne m’y attendais pas, je n’avais rien lu à propos de ce spectable – je suis quelqu’un qui accroche assez mal aux « one man show », mais ici – comme j’adore la commedia dell’arte – j’ai réellement accroché.

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L’acteur Luca Franceschi, interprétant ce  comédien et son double, est absolument formidable – une prestation aussi physique qu’intellectuelle.

On dit qu’interpréter Shakespeare est le rêve de tout comédien, surtout pour les monologues célèbres (cités ci-dessus) – j’imagine que c’est vrai, il suffit de voir combien de grands acteurs ont joué le dramaturge élisabethain.

A propos de Luca Franceschi (extrait adapté du programme du théâtre) – comédien, metteur en scène, de nationalité italienne (il a un adorable petit accent qui transperce parfois le français qu’il parle à la perfection).
Il est installé en France depuis une vingtaine d’années ; son but est de défendre la commedia dell’arte, théâtre de tradition italienne.
Il a été formé à l’école internationale de mimodrame de Paris-Marcel Marceau et a joué avec de multiples compagnies théâtrales italiennes. Il a fondé la Compagnie dell’Improvviso, dont il est le directeur artistique, jouant dans chacune de ses créations.