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7ème enquête de Lady Georgiana 

Georgiana Rannoch, lady sans fortune ni formation, donc sans emploi, aide pour le moment sa mère à écrire ses mémoires. Elle a reçu pour cela une machine à écrire, qu’elle commence à maîtriser correctement mais pas suffisamment pour se trouver un autre emploi lorsque sa mère repart vers son comte autrichien.
C’est là qu’elle réalise que finalement cette « finishing school » qui est le passage obligé des jeunes filles de la haute société, ne lui a pas servi à grand-chose.
Sauf que cette fois, elle pourrait effectivement utiliser ces connaissances de la « haute » pour aider un jeune homme devenu le nouveau futur duc de Eynsford par les règles strictes de l’héritage qui doit absolument aller aux hommes dans les années 1930.

Lady Georgiana est donc priée de se rendre, encore une fois, à Buckingham Palace chez sa tante la reine Mary pour prendre le thé où elle rencontre la duchesse douairière de Eynsford.
Le plus jeune de ses deux fils ayant disparu pendant la première guerre mondiale, avant cela il était parti quelque temps en Australie, il s’y était marié et un enfant était né de cette union.
Du coup ce jeune homme est l’héritier de la famille Eynsford en Angleterre.
Tollé général = quoi ! un « sauvage », élevé en Australie dans le bush deviendrait le nouveau duc si l’actuel fils de la duchesse mourrait ? hé oui et ce bien que ce sale bonhomme ait aussi une sœur et des neveux, à qui il fait d’ailleurs bien sentir qu’il leur fait la charité.
Il faut dire que Cedric, duc de Eynsford, est un type odieux,  Georgiana et la famille auront l’occasion de le découvrir.  Il a toujours refusé de se marier même simplement pour avoir un héritier ; il préfère les éphèbes, c’est son droit, il n’est néanmoins pas obligé d’exprimer son mépris pour les femmes comme il le fait (des nuisances, des parasites qui ne sont bonnes qu’à pondre des gosses, pour le reste elles ne servent à rien et les éduquer est inutile !)

Ce que demande la duchesse douairière est simple = Georgie devra simplement apprendre les bonnes manières à John (Jack) Altringham.
Ce ne sera pas une mince affaire car le jeune homme a été éduqué à la dure, dans le Queensland, parmi les éleveurs de moutons. De plus il n’a aucune envie de devenir le futur duc de Eynsford, mais comme le dit sa grand-mère britannique et très ancienne  noblesse, il  n’a pas le choix.

Lorsque le jeune homme arrive au domaine il est accompagné, pour le plus grand bonheur de Georgie, par Darcy O’Mara, qui a déjà tenté de prévenir Jack de ce qui l’attendait.
Cela n’empêchera pas la surprise d’être de taille pour le jeune homme = se changer plusieurs fois par jour en fonction des dîners, thés, etc. Monter à cheval avec une selle, jamais vu ça ! Lady Georgiana trouve le jeune homme sympathique et s’emploie du mieux qu’elle peut pour lui apprendre à devenir un duc.

Inutile de dire que dans le domaine, en dehors de lady Edwina la duchesse douairière qui estime que c’est de son devoir de l’accueillir, tout le monde et surtout Cedric le prennent de très haut. Les deux sœurs âgées de lady Edwina le trouvent folklorique, mais pas de l’étoffe d’un duc, la sœur de Cedric - et du père décédé de Jack -  estime que c’est son fils à elle qui devrait être l’héritier. Bref John (Jack) Altringham n’est pas le bienvenu.

Lorsque Cedric, qui veut absolument construire un amphithéâtre dans son domaine, en expulsant sans aucun scrupule les habitants des cottages qu’il compte faire raser, le drame couve ; le sale bonhomme a pris la décision d’écrire son testament, en dépit des lois en vigueur, et son légataire universel serait son valet de pied français. Tous les jeunes éphèbes qui tournent autour du duc sont également catastrophés car après tout l’un d’eux aurait aussi fait l’affaire.
En route vers le lieu où il va construire son théâtre, il emporte la lettre imposant ses directives au notaire du domaine.
Peu après, Georgiana qui a besoin d’une petite promenade pour échapper à cette ambiance devenant de plus en plus insupportable,  mais aussi pour conduire l'architecte vers le vallon, elle découvre le cadavre de Cedric, avec dans le dos le couteau de Jack !

Le jeune homme est forcément coupable, même pour l’inspecteur en chef, jusqu’à ce que l’autopsie révèle qu’en réalité il a été empoisonné et le couteau planté là pour accuser l’héritier.
Même si cela l’innocente en partie, il y a quand même la question du couteau, ce qui continue à jeter le doute sur Jack. Georgiana décide de prouver son innocence, à ses risques et périls, comme toujours.

Mon avis = j’ai bien aimé cet épisode de la vie mouvementée de lady Georgiana Rannoch, car il met l’accent sur tous les détails (insupportables) des codes de la bienséance de l’aristocratie britannique ; jusque dans les moindres détails, de l’habillement aux activités, tout est règlementé, étudié pour ne pas choquer, aussi bien pour les hommes que pour les femmes.

Tout cela est rigoureusement exact, l’autrice Rhys Bowen s’est fort bien documentée. Exact et toujours de rigueur d’ailleurs, sauf pour les héritages, désormais les femmes y ont droit.

Je m’étais amusée à me dire que « telle » personne était coupable, mais sans trop y croire. Et bien j’avais raison, c’était bien la personne à qui j’avais pensé par jeu.

Cette série continue à m’amuser,  je continuerai à la lire pour son ton léger, son humour caustique, pour les détails sur les codes de société et aussi pour les intrigues policières bien menées.

Comme la série commence à être traduite, celui-ci le sera probablement bientôt. Ce que  je me demande, c’est comment ils vont traduire certains traits d’humour.

En ce qui concerne les héritages, il semblerait que ce soit l’invasion normande qui ait été aussi négatif pour les femmes, avant cela les femmes conservaient au moins leur douaire, tout ne passait pas automatiquement au mari au moment du mariage.
Bon, n’étant pas juriste, je ne connais pas tous les détails des modifications légales qui eurent lieu dans les Iles britanniques, qui ont subi bien des modifications, avec les religions qui changèrent de camp régulièrement, les souverains étrangers qui amenaient leurs lois. Comme il n’existait guère de registre foncier avant le 19ème siècle, il était difficile d’établir la propriété féminine. Et il y avait aussi des lois différentes selon les régions – je ne m’y suis donc pas bien retrouvée afin de savoir quand et comment les femmes ont fini par avoir le droit à hériter du titre et des propriétés dans la noblesse. 
En tout cas, ce ne sera toujours pas réglé avant la 2ème guerre mondiale, puisque les amateurs de la série « Downton Abbey » le savent, la propriété de Lord Grantham passera à un cousin.