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Le commissaire Maigret, après avoir été souffrant un hiver, ne se sent vraiment pas bien dans sa peau alors que la douceur du printemps lui a permis de se remettre physiquement.
C’est moralement que cela coince, il se sent nerveux, d’humeur grognonne sans réelle raison, il paraît souffrir de ce que l’on appellerait de nos jours « un burn out ».
Il consulte donc son ami le docteur Pardon, qui lui dit qu’il serait grand temps qu’il prenne des vacances, d’autant plus qu’il n’en a pas pris depuis au moins trois ans !  
Soit, Maigret prendra trois semaines de vacances.

De commun accord avec son épouse,  la douce et accommodante Madame Maigret, ils resteront à Paris, se promenant, redécouvrant une ville dans laquelle ils n’ont plus depuis longtemps eu l’occasion de se promener.
Ils dînent dans des petits bistrots sympathiques, plutôt éloignés de là où on pourrait le reconnaître. A la P.J. il a donné l’adresse de l’hôtel des Sables d’Olonne, au cas où on essaierait de le contacter, l’hôtelier a reçu des instructions à faire suivre et les Maigret ont mis leur téléphone aux abonnés absents.

Un matin, alors qu’il va prendre un  café pendant que madame fait le ménage, il apprend par les journaux qu’un corps nu a été retrouvé dans un placard ; c’est donc l’inspecteur Janvier qui est chargé de l’enquête, il a même pris la décision d’occuper le bureau du commissaire pour être plus à l’aise à interroger les suspects.

Le corps est celui d’Eveline Jave, épouse de l’un des médecins très recherchés dans le beau monde parisien ; la jeune femme est morte d’une injection de digitaline, ce qui peut sauver des vies, sauf que dans son cas ce n’était absolument pas approprié, son cœur battant trop lentement.
Qu’était-elle venue faire à Paris, alors qu’elle était supposée être avec sa fille et la nanny à la Côte d’Azur et surtout qu’elle avait dit à la nanny en question qu’elle allait rendre visite à une amie à St-Tropez ?
Eveline Jave allait probablement rencontrer à Paris le remplaçant de son mari, le jeune docteur Négrel dont elle était la maîtresse, probablement pour le faire changer d’avis à propos de leur rupture.  
L’enquête révèle que le mari aussi était à Paris, qui a un alibi.

Deux suspects, aussi évidents l’un que l’autre.

Les journaux râlent de ne pas avoir plus d’informations, Maigret sourit  en lisant cela, le juge Coméliau qui déteste la presse a dû donner des instructions à Janvier. Comme toujours, Coméliau est très impatient et il a bouclé le jeune Négrel, la fiancée de ce dernier est convaincue de son innocence, de même que le père de la jeune femme, un avocat qui décide de prendre la défense de son futur gendre.

Pourquoi le corps de la victime était il nu ?

Janvier, afin de se faire une idée de qui était vraiment Eveline Jave, se rend à Concarneau, d’où elle était originaire ; il y apprend des secrets de famille qui éclairent un peu la victime. Maigret de son côté fait parvenir de temps à autre un petit billet anonyme à Janvier, comme le font certains lecteurs des journaux en cours d’enquêtes, et qui n’étonnent jamais la police.

Mon avis = très positif – j’ai passé un excellent moment avec cette enquête de Maigret, transformé en simple badaud ; je me suis autant amusée que le célèbre commissaire avec cette enquête rondement menée par l’inspecteur Janvier, avec un petit coup de pouce du commissaire de manière anonyme.

Ce qui m’a plu aussi, a été de découvrir Paris au mois d’août, à travers les promenades du couple Maigret – la seine, les quais, les petites rues, les grands boulevards, les petits bistrots sympas, les terrasses.

Il y a aussi des moments émouvants dans cette histoire, lorsque Maigret se promène avec Madame, et qu’ils se demandent tous les deux « que faire cet après-midi » - il a alors une impression de ce qui l’attend lorsqu’il sera à la retraite = des journées qui s’étirent, des activités à se trouver pour ne pas s’enliser dans l’ennui et la vieillesse.

J’ai toujours confondu ce roman « Maigret s’amuse » avec « les Vacances de Maigret » (que je relirai avec grand plaisir puisqu'il est dans ma pal), du coup je ne l’avais jamais lu et ce fut une bien plaisante découverte.

Le roman est court, je l’ai lu en une journée. 8 chapitres d’une enquête qui, comme souvent au début d’une enquête, piétine et puis tout semble s’accélérer.
Apparemment, Georges Simenon a mis peu de temps à l’écrire, en une semaine, à Cannes, en 1956.

Un bon moment de détente et de balade parisienne, légèrement désuet non pas dans l’écriture mais dans l’atmosphère de Paris.

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