téléchargement (3)

roy-ward-baker-4bd16ca2-7467-41e5-bad1-7d4ec604e3e-resize-750

Titre anglais aux USA = I’ll never forget you (aussi = Man of two worlds)

Scénario de Ranald McDouglas d’après la pièce homonyme de John Balderston (elle-même librement adaptée d’un roman posthume non terminé d’Henry James intitulé « The sense of the past »)

Peter Standish est un scientifique américain, travaillant sur la physique nucléaire dans un laboratoire britannique à Londres. Il a pour ami Roger Forsyth, qui estime que son copain n’a pas suffisamment de vie sociale – il l’accompagne la maison, dont Peter vient d’hériter ; ce dernier lui confie alors qu’il aimerait beaucoup vivre dans le 18ème siècle – la maison d’ailleurs est toujours décorée comme à l’époque, mobilier compris. Au-dessus de la cheminée trône un portrait d’un ancêtre de Standish = son lointain cousin,  Peter Standish du 18ème siècle, auquel le Peter moderne ressemble comme deux gouttes d’eau.

infy003

En mettant de l’ordre dans les papiers trouvés dans la maison, Peter a découvert le journal intime de son ancêtre qui y relate son arrivée à Londres, chez les Pettigrew ; il doit épouser Kate Pettigrew, l’une des filles de la maison.
Le journal intime se terminait sur une phrase surprenante et ambiguë = j’ai vu le futur, la vie au 20ème siècle.

Un orage éclate, toutes les lumières s’éteignent.
Lorsque la lumière revient, Peter se retrouve dans la maison des Pettigrew, au 18ème siècle, où il est évidemment pris pour le Peter Standish de l’époque, un cousin Américain fiancé à Kate Pettigrew – mais dès qu’il aperçoit sa sœur, la tendre Helen, il sait que c’est elle et elle seule qu’il aimera (vous savez bien = comme ce qui arrive à Roméo – fiancé à Rosaline – qui aperçoit Juliette au bal et sait que c’est elle et elle seule qui est la femme de sa vie).
Commencent alors quelques quiproquos parce que le Peter Standish du 20ème siècle utilise évidemment un langage de son époque, ce qui ne manque pas de surprendre les personnages du 18ème, et cela va même finir par les inquiéter sérieusement, surtout la fiancée, Kate, qui n’y comprend rien et n’a plus trop envie d’épouser  cet énergumène. Seule la jolie Helen n’est pas inquiète, ni trop surprise ; un lien se crée entre elle et Peter et elle est intéressée par ce qu’il dit à propos des inventions futures.

1951-ILL-NEVER-FORGET-YOU-Original-75x9-TYRONE

On le sait, dans les voyages temporels, on ne peut pas altérer le cours d’une histoire. Lorsque le laboratoire secret de Peter - au 18ème siècle - est révélé, il est réellement considéré comme fou et on compte l’envoyer à Bedlam (on en sort rarement).  Tout juste avant d’être emmené, Peter a l’occasion de revoir Helen une dernière fois et elle range une croix « ank », symbole d’amour éternel dans un tiroir du bureau – de plus, un nouvel éclair se produit et revoilà Peter dans son 20ème siècle. Bien sûr, il se précipite vers le bureau pour voir si la croix ank s’y trouve.

Son copain Roger revient lui rendre visite, en compagnie cette fois de sa sœur et ô surprise elle est le vivant portrait d’Helen. De plus Roger lui confirme qu’il s’est comporté réellement de manière bizarre les dernières semaines. 
Et ce n’est pas fini, après avoir vu la sœur de Roger, Peter se précipite au cimetière pour savoir ce qui est arrivé à Helen après son enfermement. 

Mon avis = une jolie romance extra temporelle, un voyage dans le temps entre 18ème et 20ème siècles. Un plaisir aussi pour moi de retrouver ces acteurs du cinéma dit « de papa » = Tyrone Power (Peter Standish),  Michael Rennie (son ami Roger Forsyth) et surtout la charmante Ann Blyth/Helen Pettigrew/Martha Forsyth (qui interpréta la vénale fille de Joan Crawford dans « Mildred Pierce »).
Je n’irai pas jusqu’à dire que ces acteurs donnent la performance de leur vie, mais c’est plaisant à regarder par temps chaud – une petite bouffée de passéisme dans le paysage cinématographique actuel, où ça canarde au tout venant dans des effets spéciaux bluffants.

Ce qui manque, je trouve, au film est la dose d’humour qui existe paraît-il dans la version précédente (1933) ; effectivement cela aurait pu être plus drôle, surtout lors des quiproquos. Je vérifierai cela en visionnant cette première version.
Il y a toutefois un moment drôle, lorsque Peter Standish fait la connaissance de la célèbre Duchesse du Devonshire (la belle Georgina Cavendish) effrayée par ce type qui dit des choses « insensées » et du coup, passe pour être possédé du diable.

Ce film de 1951 est le remake de l’ histoire similaire avec Leslie Howard, et réalisée en 1933. Il est tourné partiellement en noir&blanc et en couleurs (à la manière du « Magicien d’Oz »).

La version de 1933 s’intitulait « Berkeley Square » et je compte bien la regarder également (rassurez-vous, je vous en épargnerai la chronique, puisque de toute façon, il n’y a de changement que dans le métier du Peter Standish de 1951 - scénario de Balderston, d’après sa pièce de théâtre).
Ce fut d’ailleurs grâce à l’immense succès au théâtre que le film sera réalisé.

Délicieusement rétro, vieillot, désuet – j’ai passé un bon petit moment à l’abri de la canicule, mais ce n'est pas non plus le film que je vais recommander chaudement (surtout pas chaudement :D )

(légèrement hors sujet = je me faisais la remarque, après l'éclair qui transporte notre héros dans un autre temps, que décidément la foudre porte une lourde responsabilité dans certaines histoires - voir "dernière nuit à Tremore Beach" =^-^=)

 affiche USA

house_square