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Louis_Henri_de_Pardaillan_de_Gondrin,_Marquis_of_Montespan_by_Nicolas_de_Largillière

Ils étaient jeunes, ils étaient beaux – elle surtout – ils se plurent et s’épousèrent. Comme cela, ce pourrait être un conte de fées, mais les contes qui commencent bien ne finissent pas toujours de la même manière. C’est ce qui attend le jeune marquis de Montespan et la ravissante Françoise de Rochechouart, un mariage qui commença sous les meilleurs auspices de l’amour – mais pauvre d’argent, puisque le jeune couple est bourré de dettes.

Françoise est pleine d’esprit, mais aime le jeu, la danse, se divertir, se surnommer Athénaïs, comme c’est la mode désormais en ce 17ème siècle placé sous le soleil de Louis le quatorzième – Louis-Henri serait parfaitement heureux à la campagne avec sa femme et leurs deux enfants – une fille, un garçon = un choix de roi. 
Mais elle aime tellement la vie mondaine, que Louis-Henri décide de partir deux fois à la guerre pour attirer sur eux la fortune – hélas, cela se soldera par deux fois par des échecs, surtout financiers.

Françoise-Athénaïs a pris goût à la vie de cour et surtout a attiré l’œil de ce prédateur qu’est Louis XIV, qui ne supporte guère qu’une femme lui résiste. Elle ne résistera donc pas.
Par contre, si elle espérait que cela fasse plaisir à son époux, elle se trompe largement – le fougueux Gascon (y aurait-il des Gascons non fougueux ? voyez Cyrano, ou d’Artagnan) ne supporte pas qu’elle soit entrée dans le lit du roi et il va le faire savoir. Foin des honneurs et prébendes (même si ceci concerne plutôt les ecclésiastiques au départ).

Il a bien décidé de faire connaître son infortune = il enterre son amour et maquille le carrosse funèbre de ramures de cerf (les cornes on le sait son le signe des cocus) remplaçant les plumets . Il va sans cesse se moquer, insulter la personne du roi, ce qui lui vaut d’être enfermé peu de temps puis exilé. Il va même tenter de séduire la reine, mais hélas elle n’est guère « appétissante » et il renonce. Il a aussi concocté autre chose = contracter la syphilis, pour la refiler à sa femme qui à son tour la refilera au roi, hélas sans succès ici aussi. Afin de peaufiner, si l’on ose dire, la mort de son amour, il termine les « funérailles » par une pierre surmontée d’une crois où sont écrites ses années de bonheur.

La vie de Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan, sera une suite d’humiliations.
Il n’hésitera pourtant pas à contester la figure royale, n’acceptant pas la monarchie absolue de droit divin. Lorsqu’elle aura perdu la faveur royale, Athénaïs lui demandera de revenir vivre auprès de lui, bien que tenté d’accepter (amour pas tout à fait mort), il refusera car à ce moment-là il est déjà fort malade, son médecin ne lui donne pas longtemps à vivre.

Deux enfants leur étaient venus, une fille qui mourra jeune et un fils, le marquis d’Antin (heureux d’avoir une chaussée à son nom dans Paris), odieux courtisan, reniant et son père et sa mère – faisant casser le testament de cette dernière, où tous ses biens devaient aller aux enfants qu’elle eut avec le roi.

Le fils était particulièrement enragé par le testament du père, il faut dire que la marquise avait été nommée exécutrice testamentaire par son mari, car ce dernier n’avait aucune confiance en son fils, ce en quoi il eut entièrement raison et tout exalté que fut le Montespan, il voulait préserver ses serviteurs et le village qui fut aimable avec lui.

Aussi lorsque le marquis d’Antin apprit que sa mère était au plus mal, il lui vola littéralement le testament qu’elle avait établi et le déchira. « On ne l’aurait pas une deuxième fois ! »

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Mon avis =  une biographie amusante, très vite lue,  essentiellement parce que j’avais envie de me divertir -  Madame de Montespan, via son mari – considéré comme le cocu le plus célèbre de son temps, ne sort pas vraiment grandie dans cette histoire.

On les retrouve temporairement dans le film « L’Affaire des poisons », avec une Danielle Darrieux superbement arrogante ; il y est montré refusant le titre de duc, pour empêcher sa femme d’être duchesse, titre qui la hausserait encore dans l’esprit de la cour.
Il semblerait que la belle dame ait été très superstitieuse.

Apparemment Jean Teulé s’est fort bien documenté avant d’écrire son roman, car tout semble y être relativement exact, écrit sur un ton des plus caustiques – d’un humour effronté, parfois facile et souvent rustre, mais ô combien cocasse et truculent, tout en restant sérieux sur le fond, à savoir les honneurs ou déshonneurs de ceux qui méprisent la couronne.

d'autres avis sur ce roman = critiquesLibres,  joelle-labibliothèquedudolmen, doucettement violette, legrenierdechoco,