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 Zelda & Francis Scott Fitzgerald

Titre français = La Mort du papillon

Lorsqu’un papillon approche trop ses ailes près de la lumière, il se consume totalement. Cette métaphore a été particulièrement bien adaptée aux Fitzgerald par Pietro Citati.

La flamboyante Zelda, née Sayre, la belle du sud, la « flapper » de l’époque du jazz et le non moins flamboyant Francis Scott Fitzgerald ne pouvaient que se consumer aux excès de leur vie.
Leur amour, trop entier, trop possessif, trop jaloux, ne pouvait pas durer – surtout lorsque Scott Fitzgerald, lisant le journal intime de son épouse, réalisa qu’elle aurait pu être un  meilleur écrivain que lui – il n’hésita donc pas  à y piocher des idées pour ses romans, sans le lui dire.

Ce qu’il ne savait pas, et elle probablement pas non plus (on évitait de parler de ces "choses" dans les bonnes familles), c’est qu’il y avait des cas de suicide, dépression grave et même schizophrénie dans la famille – et la malheureuse Zelda en développa rapidement les stigmates, que l’alcool n’arrangea certainement pas.
De New York à Paris, jusque dans le sud de la France, ils s’aimèrent, se disputèrent, firent d’excellentes rencontres – Ernest Hemingway notamment, à Paris, qui détesta Zelda prétendant qu’elle empêchait Scott de se réaliser.
C’est surtout l’alcool et les nuits blanches qui empêchèrent Francis Scott Fitzgerald de se réaliser pleinement dans l’écriture et ce malgré des romans excellents, que l’histoire de la littérature américaine nous a livré.

Malheureusement pour lui, Zelda écrivait aussi bien que lui et lorsqu’il découvrit « Save me the Waltz », sa rage à lui fit en sorte que le roman disparut rapidement des librairies. Il n’hésita pas à la rabaisser dans son écriture, au point que plus jamais elle n’écrira. Après l'amour, la vie se teinte de beaucoup d'acrimonie.

Les êtres surdoués suscitent toujours de la jalousie, ils éteignent ceux qui les entourent . Zelda fut aussi peintre, elle termina une série de peintures lorsqu’elle était dans la maison de santé/asile en même temps que Francis terminait « Tender is the night », que Pietro Citati considère comme le meilleur ouvrage de l’auteur américain, son plus personnel surtout.

Zelda voulut également se remettre à la danse classique, dans laquelle elle excellait jeune.
Hélas on ne se remet pas à la danse à 25 ans passés, en espérant devenir une dauseuse étoile – lorsque son professeur de danse le lui fit comprendre, la jeune femme sombra à nouveau dans de graves crises, qui finalement eurent raison d’elle et fit que l’on dut l’enfermer, après des tentatives de suicide.

Ces deux êtres, malgré un amour certain au début de leur rencontre, n’étaient pas faits pour vivre ensemble, le mariage fit leur perte.
Lui sombrant dans l’alcool, elle dans un état dépressif et une folie héréditaire.

Mon avis = un plaisir de lecture (en italien, il y avait longtemps =^-^=) – une biographie qui saute parfois du coq à l’âne, la vie des Fitzgerald n’étant guère rectiligne – d’où un billet sans doute un peu décousu.
La vie des Fitzgerald m’a toujours fascinée, surtout comment deux personnalités aussi fortes puissent autant se détruire au lieu de se compléter 

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Pietro Citati est écrivain et critique littéraire – il est né à Florence, Italie en février 1930.
Après des études littéraires, il déménagea avec sa famille en Ligurie en 1942, la demeure familiale ayant été bombardée.
C’est là qu’en autodidacte il se lança dans l’étude de Shakespeare, Lord Byron, Platon, Homère, Dumas père, Poe.

Après la guerre il obtint un diplôme en lettres modernes à l’université de Pise. Il entame une carrière de critique littéraire dans des revues diverses, où il côtoya Pasolini notamment. 
Dans les années 1970 à 1980, il fut chargé des articles culturels dans le quotidien Corriere della Sera ; ensuite il passa à la Repubblica.

Pietro Citati est considéré comme le meilleur critique littéraire de son temps.
Il considéra que le prix Nobel de littérature attribué à Le Clézio pour l’ensemble de son œuvre fut une grossière erreur considérant Le Clézio comme un auteur médiocre. Sympa !
Lui-même a reçu plusieurs prix, il s’est aussi consacré aux biographies de personnages illustres de la littérature  =  Katherine Mansfield, Jane Austen, Virginia Woolf et quelques autres.

Son livre Ritrati di donne n’est apparemment plus disponible en langue italienne – je me contenterai donc de le lire en français pusqu’il dort dans ma pal pour le moment.  

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