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Titre original espagnol = La ridicula idea de non volver a verte

Cela avait commencé par une demande d’écrire une préface au journal de Marie Curie, qu’elle tint après la mort brutale de son époux Pierre Curie traversant,  distrait, devant un camion hippomobile. Ayant glissé sur le macadam mouillé, le conducteur de la voiture n’a pu arrêter les chevaux  pour éviter le scientifique qui blessé à la tête mourut sur le coup.

Commence alors un récit mêlant habilement la biographie de Marie Curie avec des réflexions sur l’amour et la mort, l’autrice ayant elle-même perdu son époux peu de temps avant ce livre.
Le livre est aussi une belle réflexion sur le féminisme, la vie des femmes dans le passé et au présent, leur place dans la société.

On découvre une Marie Curie réellement petite mère courage (mais ça on le savait), dont les photos semblent toujours montrer une femme à la limite acariâtre, alors qu’elle était probablement timide et introvertie.
Depuis toujours elle se dévouait pour sa famille polonaise, avait dû renoncer au mariage avec un amour de jeunesse, parce que les parents de Casimir estimaient qu’elle n’était pas de leur monde.

Intelligente, travailleuse, battante, est l’image que l’on a de cette scientifique, double prix Nobel (physique et chimie), qui mourra tuée par ce qu’elle avait découvert.
On apprend aussi que dès qu’elle entamait un travail, elle se nourrissait à peine, une habitude mauvaise qu’elle avait acquise à l’époque où elle n’avait pas d’argent, lorsqu’elle étudiait à Paris dans une chambre non chauffée.

Un autre point que j’ai appris par ce livre est l’idylle que Marie Curie, veuve depuis un certain nombre d’années, soudain retomba amoureuse de Paul Langevin – hélas d’un homme marié, et vu l’époque, c’est sur elle que retomba toute la méchanceté humaine qui n’hésite jamais à vilipender une femme, comme si l’homme était innocent. Et Langevin s'en tira sans une égratignure et lâchement laissa Marie aux loups.
On lui demanda même, de Stockholm, de ne pas aller chercher son prix Nobel, vu le scandale désormais attaché à son nom.

Heureusement, son dévouement au cours de la 1ère guerre mondiale restaurera Marie dans le cœur et l’esprit des gens – c’est là qu’on se rend compte à quel point les foules sont capricieuses.

J’ai souri également (mais un peu jaune quand même) à son attitude possessive à l’égard d’Irène, sa fille aînée, une brillante scientifique elle aussi – qui heureusement eu la bonne idée d’épouser Frédéric Joliot qui finit par trouver grâce aux yeux de Madame Curie.
Eve, la cadette, qui s’intéressait plus à la littérature et que sa mère encouragea dans des études littéraires et intellectuelles, parut un peu trop frivole aux yeux de sa mère – qui trouvait qu’elle passait trop de temps à des colifichets !
Eve Curie, dans la biographie de Marie Curie, qui porte ce titre homonyme, parle avec un certain humour à cette place de non-scientifique parmi tous les cerveaux de la famille (voilà une biographie que j’aimerais découvrir).

Mon avis = Le livre m’a énormément plu car il s’agit d’une double biographie = celle de Marie Curie et celle, autobiographique celle-là, de Rosa Montero – j’ai surtout apprécié que ce ne soit pas une biographie dans le style classique de ce genre littéraire.
On y aborde des tas d’autres thèmes de notre temps, qui donnent à ce livre un intérêt réel.
J’ai néanmoins un léger bémol = Rosa Montero truffe son livre de hashtags, ce qui m’a finalement agacée, car je n’en vois pas l’utilité.

A lire de toute façon, à découvrir pour tout ce qu’il véhicule sur l’époque de Marie Curie et la nôtre.

d'autres avis sur ce livre = enlivrez-vous, aifelle, marilyne, violette, colo, 

MCurieQuote2

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