At_Eternity's_Gate_(2018_film_poster)

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Titre français = identique

Scénario de Jean-Claude Carrière,  Julian Schnabel & Louise Kugelberg 

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Un résumé de la fin de vie de Vincent van Gogh –   les scénaristes se sont intéressés aux dernières années de la vie du peintre, lorsqu’il quitte Paris et sa grisaille pour Arles et son mistral, avant que le soleil enfin ne vienne le baigner de sa lumière (selon des études faites, trop de soleil, trop de lumière peuvent mener à une forme de folie).

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Il fut chassé d’Arles par la bêtise des gens, comme l’a dit Paul Gauguin qui l’y avait rejoint pour peu de temps = vous êtes ici entourés de malfaisants et d’ignorants. Le relation à Arles entre les deux peintres se terminera sur une dispute, Gauguin, ne ménageant pas ses critiques et ayant soif de liberté et van Gogh soif d’amitié, de reconnaissance artistique, d’absolu et de dialogues sur la peinture.

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Après l’hôpital psychiatrique de Saint-Rémy, chassé d’Arles, et après s’être rendu compte que Vincent ne pouvait vivre  à Paris, Théo son frère bien aimé, l’envoie à Auvers-sur-Oise, où Vincent mourra d’une balle perdue, après le jeu stupide de deux gamins du village. Qu’il ne trahira jamais.

Mon avis = la théorie de la balle perdue est la même que celle du film « Loving Vincent ». En dehors de cela, j’ai des sentiments mitigés à  l’égard du biopic – après l’excellent film de Maurice Pialat et celui de Vincente Minnelli avant cela.
J’espérais que le trinôme Schnabel, Carrière, Dafoe pourrait offrir un peu d’originalité, mais est-il encore possible d’être original en parlant de Vincent van Gogh. C’est pourtant ce qu’a voulu faire Julian Schnabel.

En tout cas, William Dafoe fait un très bon travail – il vaut Jacques Dutronc et Kirk Douglas. Il nous propose un van Gogh exalté, plein d’amour pour son frère, pour la peinture – un besoin d’absolu en tant que peintre – être reconnu et être sans cesse rejeté, tel sera le parcours de cet homme d’exception, autodidacte, peignant ce qu’il voyait à sa manière, ce que les gens étaient incapables de comprendre. Il est très émouvant dans le rôle, il transmet fort bien la souffrance de l’artiste méconnu.

Oscar Isaac endosse le rôle de Paul Gauguin et bien sûr je n’ai pu m’empêcher de faire la comparaison avec l’immense Anthony Quinn qui fut bien plus proche du truculent et critique personnage que Oscar Isaac.
En dehors de ces deux rôles principaux, on trouve dans la distribution quelques noms connus = Rupert Friend est Théo, le frère qui toute sa vie aidera son aîné ; Mads Mikkelsen interprète le curé de l’hôpital psychiatrique, dont dépend la liberté de Vincent et qui ne comprend strictement rien à sa peinture ; Emmanuelle Seigner est Madame Ginoux ; Vladimir Consigny joue le docteur Rey et on trouve Niels Arestrup dans le rôle d’un soldat enfermé dans l’asile, un rôle court mais intéressant. Reste encore Mathieu Amalric dans le rôle du docteur Gachet.

Le réalisateur Julian Schnabel est également plasticien. Il peint dans le style neo-expressionniste. J’avais vu le biopic qu’il réalisa en 1996 sur le peintre  Basquiat, pionnier de la figuration libre.
Il a déclaré que son film sur Vincent van Gogh est celui qui lui est le plus personnel ; tout comme pour van Gogh, le film parle du regard et de la peinture, surtout en rapport avec l’invisible – ce qui passe effectivement dans le film.
Il considère aussi que les autres films sur Vincent van Gogh n’étaient pas satisfaisants ; il dit ressentir à propos du peintre quelque chose que les autres réalisateurs ne pouvaient pas saisir compte tenu qu’ils ne peignaient pas.
Quant à sa mort, beaucoup de choses furent dites, beaucoup de choses furent cachées, il s’est contenté de donner une version – même si elle n’est pas vraiment satisfaisante elle non plus.

Quant à l’acteur William Dafoe, il dit  s’être mis à la peinture pour comprendre le personnage.  
Un critique cinématographique est allé jusqu’à dire que l’interprétation de Dafoe était « christique » - évidemment, lorsqu’on sait que l’acteur a interprété le christ dans le film de Martin Scorsese, pas difficile de comprendre « la fine astuce » !

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