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Roger_Michell_at_the_premiere_of_Hyde_Park_on_Hudson,_Toronto_Film_Festival_2012

Autre titre = Nothing Like a Dame

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Elles sont quatre et se connaissent depuis toujours – elles se retrouvent souvent dans le « cottage » de Laurence Olivier et Joan Plowright, où venait régulièrement Maggie Smith avec ses enfants – ces petites créatures qui couraient partout. Elles sont des « Dame Commandeur dans l’ordre de l’empire britannique » pour services rendus dans les Arts.
L’une d’entre elles n’est pas seulement une « Dame », elle est aussi une lady = Lady Olivier, depuis son mariage avec le grand Laurence Olivier (celui qui nous faisait peur à toutes, selon Maggie Smith).

Elles sont octogénaires et s’entendent comme larrons en foire.  Elles se nomment Judi Dench, Maggie Smith, Eileen Atkins et Joan Plowright, lady Olivier. Elles parlent sans honte de leur appareil auditif, de leurs difficultés de vision – Joan Plowright est devenue aveugle, après la macula, Judi Dench souffre aussi de cet affaiblissement visuel, mais demande sans complexe à quelqu’un de lui faire la lecture.

Roger Michell, réalisateur d’Afrique du Sud, qui fut le metteur en scène entre autres de « Notting Hill » a eu envie de les réunir pour ce documentaire « improvisé » - c’est-à-dire qu’il les a réunies pour le thé, ce qu’elles font régulièrement entre elles, sans témoins. Elles donnaient d’ailleurs un peu l’impression que cette réunion non fortuite était un peu gênante, mais en comédiennes aguerries, elles ont fait contre mauvaise fortune bon cœur (même si le photographe de l’événement a porté sur les nerfs de Maggie Smith à un moment donné).

Elles ont parlé « presque » à bâtons rompus de leurs débuts au théâtre, des metteurs en scène de théâtre et de cinéma, des prix qu’elles ont obtenu – des rôles qu’elles ont préféré refuser de peur d’être ridicule, de la beauté et poésie des textes de Shakespeare, qu’elles ont toutes interprétés. Elles ont cité les manifestations des années 1960-1970 aux côtés de Vanessa Redgrave, elles étaient en compagnie de leurs époux respectifs, lorsque la police s’en est mêlée certain.e.s se sont retrouvés au poste, sauf Eileen Atkins qui un moment donné en a eu « marre de tout ce tapage » et est retournée dormir chez elle. 
Elles se sont aussi gentiment moquées des douaniers américains, trop fiers de citer tous leurs titres lorsqu’elles se présentaient à l’aéroport.
De temps en temps, Roger Michell posait une question pour relancer la conversation.

Le documentaire comporte beaucoup d’images d’archives, de leurs débuts (en noir et blanc), de leurs prix, de la remise de leur ordre de l’empire britannique. Elles ont des fous-rires de gamines en songeant à leurs débuts, leurs mariages (comme dit Maggie Smith « faut que je me souvienne de quel mari je vais parler »).

Bref c’est à voir pour tout l’humour dont ces Dames font preuve et pour ceux et celles que l’histoire du cinéma et du théâtre britannique intéressent. On ne voit pas un seul instant le temps passer.