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Titre français = La Vie passionnée des sœurs Brontë

Scénario de Keith Winter & Edward Chodorov, d’après une histoire de Theodore Reeves 

Charlotte et Anne Brontë sont sur le point de quitter le presbytère afin de pouvoir apporter leur quote-part au foyer, pour que leur frère Branwell puisse réaliser son rêve d’étudier la peinture à Londres.
Mais Branwell préfère la taverne du village à terminer un travail, même s’il s’agit d’une commande.
Arrive le révérend Nicholls, attiré par Emily Brontê, la plus ombrageuse des trois sœurs, celle qui ne se fait as d’illusions sur son frère.
Elle finit par accepter que Mr Nicholls n’est pas un compagnon de beuverie de son frère, mais au contraire un homme discret, auquel elle prend plaisir à montrer la lande qu’elle aime tant.

Branwell revient désillusionné de Londres, où il ne fut guère reçu à bras ouverts – il est vrai qu’adulé par son père depuis la naissance, Branwell ne supporte pas qu’on l’ignore, lui qui s’estime un génie artistique.
Lorsque Charlotte et Anne reviennent également de leur emploi comme gouvernantes, les trois sœurs assistent à un bal – le révérend frappé par la beauté de Charlotte tombe amoureux d’elle, brisant ainsi le cœur d’Emily qui l’aimait en secret. Quant à Branwell, il y fait scandale par son ivrognerie.

Les deux aînées, Charlotte surtout, veut apprendre le français et désire aller à Bruxelles, avec une Emily peu désireuse de quitter « ses » landes. C’est Nicholls qui achète en secret une toile de Branwell pour que les sœurs aient de l’argent.
A Bruxelles Charlotte tombe amoureuse d’Héger, directeur de la pension où les sœurs sont élèves – il encourage cette passion naissante, néanmoins le temps est venu de retourner dans le Yorkshire où Branwell est souffrant ; les sœurs se mettent à écrire les romans qui feront leur renommée.

Hélas un jour qu’Emily part au pub pour retrouver Branwell, elle doit marcher sous la pluie, peu après elle tombe malade, mais les ravages de l’alcool ont raison de Branwell  et il meurt.
Le livre d'Emily,  Wuthering Heights, et le Jane Eyre de Charlotte sont publiés – Charlotte est présenté au grand écrivain, Thackeray, qui n’hésite pas à lui dire que son roman est excellent, mais pour lui c’est Emily qui a écrit le roman le plus intense.

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Charlotte est introduite en société, elle lui demande de la conduire dans l’East End, où travaille Nicholls – il lui avoue ses sentiments.
Mais Emily est gravement malade et Charlotte arrive juste à temps pour lui dire adieu. Arthur revient dans le Yorkshire pour épouser Charlotte (sortez les violons et vos mouchoirs).

Mon avis = voyons les choses en face, pas étonnant que le film n’ait guère eu de succès à sa sortie en 1946, et ne fut pas non plus ménagé par la critique, avec qui pour une fois je suis d’accord.  Le film fut considéré comme une « trahison » à l’égard des Brontë, un mélo  en costumes sans considération  du caractère des jeunes femmes, réduites au niveau des « Little Women » de Louisa May Alcott, quasiment une insulte à la réelle personnalité de ces trois jeunes femmes douées d’un magnifique don d’écriture, en avance sur leur époque, malgré la vie isolée qu’elles avaient au presbytère.
Le film n’hésite pas à « adapter » leur vie de manière à plaire aux amateurs de mélo de l’époque.

Pour la petite histoire du cinéma  = en réalité le film aurait dû être dans les salles en 1943, après la fin du tournage mais l’actrice Olivia de Havilland, qui interprète Charlotte Brontë avait engagé un procès contre la Warner Bros, qui refusait de la laisser quitter ce studio sans les six mois de préavis,  ces six mois l’auraient empêchée d’être engagée comme actrice par d’autres studios  - les acteurs et actrices étant  la propriété des studios ! ceux-ci pouvaient « prêter un acteur » à un autre studio (à un prix exorbitant généralement sans que l’acteur en perçoive un seul centime)  - l’actrice gagna son procès, ce cas fit jurisprudence.

En dehors d’Olivia de Havilland interprétant Charlotte, Ida Lupino et Nancy Coleman sont respectivement Emily et Anne.
Arthur Kennedy joue Branwell, l’insupportable frère, qui malgré tous ses dons fut un touche-à-tout ne réalisant strictement rien, sauf devenir un alcoolique. Trop gâté par son père, qui lui donnait de l’argent pour des études, argent qu’il se dépêchait d’aller dépenser au jeu et à l’alcool.
Paul Henreid est le jeune pasteur Arthur Nicholls qui deviendra le mari de Charlotte, Sidney Greenstreet prête son gabarit  et surtout son talent à William Thackeray.  
Victor Francen est Héger, l’homme qui inspira une passion à Charlotte, dont elle ne se remit jamais vraiment.
Le révérend Brontë est interprété par Montagu Love, quant à tante Branwell, jouée par Ethel Griffies,  elle est réduite au rôle d’une vieille fille limite acariâtre, ce qu’elle ne fut pas, même s’il est vrai que souvent elle se plaignait de vivre dans ces contrées sauvages, peu accueillantes, loin de ses Cornouailles natales où le climat lui convenait mieux.

Les décors sont, on s’en doute, tout studio – la petite ville minière d’Haworth ressemblant  à un village de conte – le cinéma ne jouait pas encore la carte du réalisme à l’époque.
Quant aux costumes, je ne les ai pas aimés du tout, mais peut-être est ce dû au noir et blanc qui ne les avantages guère – ils ont l’air d’avoir été conçu sans réelle recherche, sans que l'on tienne compte de l'époque ni de la situation précaire de la famille Brontë.

Comme j’aime beaucoup les films qui ont fait partie de l’histoire du cinéma, j’avais très envie de voir cette version de la vie des Brontë – c’est donc chose faite et la désillusion (à laquelle je m’attendais en partie) est grande.

Bref, mieux vaut voir ou revoir « les Sœurs Brontë » d’André Téchiné. ou, selon les critiques la version de 2016 pour la télévison "To Walk Invisible" - (la Vie des Soeurs Brontë)