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Titre français = Green book, sur les routes du sud

Scénario de Nick Villalonga, Peter Farrelly & Brian Hayes Currie

Inspiré par une  histoire vraie

Etats-Unis dans les années 1960 - Tony Villalonga, videur au Copacabana, se retrouve sans travail pendant deux mois lorsque le « Copa » décide de renouveler l’intérieur du club. On l’informe qu’un « docteur » cherche un chauffeur pour deux mois – se présentant à l’adresse indiquée, il constate que le docteur en question est en fait un musicien, très connu (sauf de Tony !) et qu’il est noir.

Il s’agit de Don Shirley, un pianiste classique, compositeur, docteur en psychologie et musicologie. Les italo-américains sont aussi racistes que les autres blancs, mais puisqu’il faut faire bouillir la marmite, Don Shirley et Tony arrivent à un accord, Tony ayant fait comprendre qu’il ne s’agissait pas de repasser les chemises du pianiste. Pour le reste, être garde du corps lui convient parfaitement  et comme Don Shirley a l’intention de jouer dans le sud des Etats-Unis, là où règne le klan entre autres, Tony aura l’occasion de prouver qu’il ne se laisse pas facilement intimider et protégera plus qu’à son tour le musicien qui a parfois envie de rester seul, s'aventurant alors dans des lieux qui ne sont pas pour lui.

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Le « road movie » - qui va devenir un « buddy movie » au cours du voyage, finit par réunir les deux hommes aussi différents l’un de l’autre que possible – Tony n’arrête pas de manger, des trucs plus gras les uns que les autres, alors que Don Shirley serait plutôt un ascète. A force de discussions, de remarques parfois déplaisantes de part et d’autre, la confiance va s’installer entre les deux hommes.

Mon avis = un gros coup de cœur – et je ne dis pas cela parce que le film vient de remporter l’oscar du meilleur film, d’autant plus que je l’ai vu bien avant la cérémonie – j’ai mis quelque temps à écrire ce billet, car il y a tellement de beaux détails sur ce que peut devenir l’amitié entre deux personnes totalement différentes, quand elles font l’effort de comprendre et accepter leurs différences.

Viggo Mortensen (qui a accepté de prendre 20kgs pour ce rôle) est parfait en italo-américain, à la langue bien pendue – cela va un peu gêner son patron au début – qui peu à peu découvre le talent de Don Shirley, qui admire ce talent et prend un malin plaisir à taquiner son boss (qu’il surnomme Doc) sur ce qu’il ne connaît pas de la culture musicale des afro-américains.
A ses côtés, dans le rôle de Don Shirley, il y a Maherashala Ali, tout aussi excellent, souriant rarement, mais qui finira par accepter cet homme qui n’est peut-être pas stylé, mais est honnête et qui finalement le protège réellement bien.
Je citerai encore Linda Cardellini, dans le rôle de l’épouse de Tony, une jeune femme sympathique, tendre avec sa famille et pas raciste du tout.

Le film décrit bien les difficultés que rencontre le musicien, non seulement face aux racistes blancs, mais la difficulté aussi d’être accepté – dans le sud – par la communauté noire. 

J’ai découvert par ce film qu’il existait un « guide de voyage » pour les noirs = « the Negro Motorist Green book » - un guide publié des années 1930 à 1966, que l’on devait à un postier afro-américain – il recensait les différents commerces, stations service, motels et autres établissements où les afro-américains étaient autorisés. Car il est des endroits où l’on peut se produire au piano, mais interdit d’y manger !!! Le guide était supposé éviter tous conflits pour les voyageurs afro-américains en planifiant leur voyage.

Le scénario a été écrit en collaboration avec le fils aîné de Tony Villalonga, Nick, se basant sur les souvenirs de son père – par contre la famille de Don Shirley a prétendu que les deux hommes ne furent jamais amis.

Comme l’a déclaré le réalisateur Peter Farrelly = c’est un film sur l’amour que les gens peuvent développer s’ils essaient de se comprendre.

En tout cas, oscarisé ou pas, le film vaut réellement le déplacement.

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