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Chaque lundi, le révérend Dodd et son ami, le docteur Penderill, deux détectives en fauteuil, mettent leurs déductions ensemble en discutant des romans policiers qu’ils ont lus.
Dans le calme petit village de Boscawen en Cornouailles britanniques, sur la côtE atlantique, en dehors des orages et des naissances de jumeaux, il ne se passe pas grand-chose de passionnant.
Ceci va cependant changer lorsqu’un vrai crime est commis.
Le magistrat du patelin, un homme au caractère déplaisant, pingre, est assassiné d’une balle dans la tête.

Bigswell, l’inspecteur du district,  est appelé sur les lieux et compte tenu du manque d’indices,  le cas ne se présente pas facilement, or Bigswell a sa fierté et n’a pas envie que ses supérieurs fassent appel à Scotland Yard. Il résoudra ce cas lui-même !

Ses soupçons se portent sur la nièce de Tregarthan, dont le comportement le soir du meurtre donne matière à suspicion. La jeune fille est amoureuse d’un romancier, un jeune homme souffrant de stress post-traumatique  depuis la première guerre mondiale ; cela porte Ronald Hardy a parfois avoir un comportement disons étrange.
De plus, il n’avait pas l’approbation de l’oncle pour être officiellement fiancé à la nièce, et du coup, il devient le numéro un sur la liste des suspects de l’inspecteur après qu’il ait disparu le soir même du meurtre. 
Tout comme Ruth Tregarthan, le jeune romancier s’était disputé dans la journée avec le magistrat. 

Devient aussi suspect, le mari de la gouvernante de la maison, un homme qui aime un peu trop les paris sur chevaux.
Il reste encore une personne à ajouter à cette courte liste, un certain Salter, considéré comme le mouton noir du village et qui a été entendu proférer des menaces contre l’homme assassiné, dont le comportement fut réellement monstrueux.

Dodd est tout excité à l’idée qu’un vrai crime soit pour ainsi dire « à sa porte » et il demande à Bigswell s’il peut, dans la mesure de ses modestes moyens, l’aider dans son enquête.
Après tout il connaît bien ses administrés et ils seront certainement prêts à lui faire confiance et lui parler.

Après qu’un berger vienne donner un alibi vérifiable  au nommé Salter, l’inspecteur  commence à sérieusement se décourager car non seulement il a peu d’indices, mais  les témoignages concordant, il ne reste plus que 2 suspects = la jeune nièce et son amoureux, qui se serait enfui pour Londres.

Va-t-il réellement devoir faire appel au Yard ? Dodd lui promet que non, mais son assurance commence à faiblir.

Mon avis =  positif – un sympathique classique « cozy mystery » bien dans la ligne de l’âge d’or  du roman policier des années 1930, dans le style d’Agatha Christie et Patricia Wentworth.

J’ai beaucoup aimé  le personnage du révérend Dodd, tellement amateur de romans policiers qu’il tient absolument à apporter son « intuition » sur le crime à l’inspecteur, puis doit se rendre à l’évidence qu’il y a loin de  la résolution d’un crime sur papier à un crime dans la vraie vie, où des êtres humains de chair et de sang sont dans la ligne de mire de la police et où des personnes innocentes risquent d'être blessées.
Il a une affection tout paternelle pour la jeune héroïne de ce roman et il réalise que l’innocenter ne sera pas aisé. Cela va mettre un gros bémol sur son hobby, comme il l'expliquera à son ami le docteur à la fin du roman.

Sinon, l’auteur parle joliment de la côte atlantique des Cornouailles britanniques, avec quelques descriptions poétiques des paysages ou des orages. Cela m’a rappelé de bien agréables vacances que j’y ai passé il y a de nombreuses années.

John Bude est le nom de plume de l’écrivain britannique Ernest Carpenter Elmore, né en 1901 et après avoir terminé ses études primaires, partit pour Cheltenham où il suivit un cours de secrétariat où il apprit à taper à la machine.
Ernest Elmore fut aussi producteur et metteur en scène de théâtre, tout en étant écrivain de récits fantasy et policiers.

Sous le pseudonyme de John Bude, il écrivit pas moins de 30 romans policiers, dont la plupart ont l’inspecteur Meredith comme enquêteur.
The Cornish Coast Murder est son premier polar.

Sous son patronyme de Elmore, il écrivit 7 livres dans le style fantasy. Tout comme ses polars sous le nom de Bude, ses autres romans comportent une dose d’humour subtilement caustique, bien britannique.

Inutile de vous dire que j’aime beaucoup cela et que je conseille vivement cette lecture.

Merci à Cécile du cecile'sblog pour m’avoir gentiment transmis ce livre – son avis ici.

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