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Légendes, crimes et vérités     

L’histoire des humains n’a jamais été simple, certainement pas celle des rois et des reines, que ce soit de l’antiquité au 20ème siècle, quoique ceux qui règnent de nos jours ne sont pas abordés dans ce livre qui se veut historique.

C’est l’histoire un peu  regardée par le petit bout de la lorgnette, pour nous démontrer que les reines aussi – tout comme les rois – n’étaient pas plus des cadeaux que leurs homologues masculins.

On ne témoignait pas d’affection à ses enfants – Marie-Antoinette, malgré tous ses défauts,  fut d’ailleurs un modèle de mère affectueuse aimant s’occuper de ses enfants. Il est vrai que comme la fille de Marie-Thérèse d’Autriche, comme ses sœurs et ses frères, fut mariée contre son gré afin de servir les objectifs politiques de leur mère.

Marie-Thérèse d’Autriche ne fut pas la seule mère calculatrice sans scrupules de l’histoire.

En remontant à l’antiquité et l’histoire de Rome, on aboutit à Agripinne la jeune, épouse de Claude, mère de Néron, qui empoisonna, fit étrangler tous ceux qui se trouvaient en travers de la route pour le pouvoir de son fils – qui finira pas en avoir assez qu’elle se même de tout, y compris de ses amours, et envoya un soldat l’assassiner à son tour.

Ce détail antique mis à part, en avançant dans le temps, la tant célébrée Isabelle la catholique, que l’on montre en exemple comme chef de guerre, fut aussi un exemple de mère désagréable, elle retira carrément les enfants de sa fille Juana, que l’histoire a retenu comme « Jeanne la folle », sous prétexte de les protéger – et finalement le fils de Jeanne, Charles Quint fit enfermer sa mère jusqu’à sa mort. Les deux autres filles de la Catholique furent envoyées l’une en Angleterre, l’autre au Portugal.

Il faut aussi citer Catherine de Medicis, qui fit porter sur les frêles et maladives épaules de Charles IX, le massacre de la saint-barthélémy. A force de vouloir ménager à la fois les catholiques et les protestants, elle parvint à les monter les uns contre les autres jusqu’au massacre. 

Ce qui semble certain est que toutes ces reines avaient un enfant préféré dans le nombre invraisemblable d’enfants qu’elles mettaient au monde, et pour cet enfant préféré (un fils généralement), elles étaient prêtes à tout.
Mais souhaitaient avant tout rester en place – régentes lorsque leur enfant était trop jeune, elles espéraient rester en place quand le gamin était majeur.
Cela rendra Louis XIII timide à l’excès avec sa Marie de Medicis de mère, femme bête sous la coupe de ses favoris.

Je ne vais pas toutes les énumérer, la liste est  assez longue, toutes ont fait passer leurs intérêts personnels avant ceux de leurs enfants.
Ces mères abusives, perverses, manipulatrices furent nettement plus nombreuses qu’on ne l’imagine.

Mais je vais quand même citer l’odieuse Louise Athanaïse Cerveaux, épouse Claudel, une bigote inculte, qui fit enfermer sa fille Camille, appuyée hélas par son fils Claude qui pourtant souffrit aussi de sa méchanceté gratuite pendant l’enfance.
Il est vrai qu’une fois converti au catholicisme, Paul Claudel voulait sauver les apparences et la bienséance, et la libre Camille, talentueuse, intelligente et drôle, ne convenait pas à ces apparences bourgeoises.
La malheureuse sculptrice vit une partie de son œuvre détruite par son monstre de mère, une femme totalement inculte, pour qui seuls comptaient la tenue d’un ménage et la bien séance ; sa fille mourut de faim et de froid, enfermée dans l’asile psychiatrique où les médecins pourtant ne la considéraient pas comme folle.
Il est vrai que pour les familles aisées, il suffisait d’un médecin complaisant signant le papier pour l’enfermement et la cause était entendue.

Si l’on aime l’histoire et son petit côté trash, cela vaut la peine de lire cet essai amusant, documenté correctement (la bibliographie en témoigne).
C’est un livre divertissant, qui ne prend pas la tête et qui m’a souvent fait glousser.

L’autrice, Louise-Marie Libert est historienne, médiéviste, spécialisée en histoire de l’art et de religions.  Elle est également une grande voyageuse ayant écrit de nombreux articles sur le tourisme culturel.