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Scénario de Lukas Dhont & Angelo Tijssens

Lara est une adolescente pour qui la danse est tout, elle n’hésite pas à s’imposer une discipline de fer pour devenir danseuse étoile. Elle a été acceptée dans l’une des meilleures écoles de danse ; sa professeure de danse apprécie sa volonté et son travail acharné.  
Cette discipline n’est pas sans s’accompagner de stress et Lara ne mange pas suffisamment.
Ceci a aussi une incidence dans un autre domaine, car Lara née dans un corps de garçon, veut absolument devenir fille. Elle suit déjà un traitement hormonal,  dans l’attente de l’opération qui lui donnera enfin le corps qu’elle souhaite.

Si Lara a un père très compréhensif, si tout le milieu familial connaît sa situation et l’accepte sans condition, l’adolescente trouve que la transformation n’est pas assez rapide, la gynécologue et le psychologue tentent tous deux de lui faire prendre patience.
Ce qu’elle n’exprime pas, ce qui la ronge, sont les réactions de ses condisciples de l’école de danse et ses premiers tourments amoureux difficiles.
Ces non-dits ne peuvent que mal tourner car face à son père qui ne comprend pas ce qui se passe et aimerait l’aider, Lara se renferme de plus en plus.

Mon avis = un très beau portrait « transgenre », l’acteur et danseur Victor Polster propose une Lara tout en émotion, tourmentée ou heureuse parfois, tendre avec son petit frère, manquant parfois de patience avec lui.  Victor Polster, je n’ai pas peur de le dire, est lumineux.
J’ai aussi trouvé très beau le portrait du père, interprété par Arieh Worthalter. Un père prêt à mettre sa vie totalement en parenthèse pour le bonheur de sa fille. La  gynécologue et le psychologue sont interprétés respectivement par Katelijn Damen et Valentijn Dhaenens.

Pour tous, il ne fait aucun doute que Lara est une jeune fille, même si le chemin est encore long.

On parle beaucoup du film de Lukas Dhont et il le mérite ; d’autant plus qu’à présent le puritanisme américain a frappé et a décidé de censurer le film aux Etats-Unis. Heureusement l’Europe n’a pas encore décidé de se transformer en république de « the Handmaid’s tale », mais au vu de certaines déclarations dans les pays de l’est, ou même simplement en Italie où l’on va, semble-t-il, payer les femmes pour avoir des enfants, on n’est pas vraiment loin du puritanisme américain. Il a simplement un autre visage.

Le film a été acclamé lors du dernier festival de Cannes – ovation debout, amplement méritée, car non seulement les acteurs sont formidables, mais le sujet n’est réellement pas facile. Il a aussi remporté de nombreux prix.
Par contre certaines personnes faisant partie de la ligue LGBT estiment que ce serait bien d’aussi montrer des personnes transgenre heureuses, pas aussi tourmentées. que  dans le film ; personnellement je considère que la « fin ouverte » (comme l’a définie l’amie avec qui j’ai été au cinéma) permet de penser que peut-être le drame s’effacera pour laisser la place à une certaine sérénité.

J’ai tout de même un petit bémol = le film est un peu long, notamment dans les séquences de danse, mais je suppose qu’elles servent le scénario voulant prouver à quel point Lara veut devenir danseuse classique.
La danse est une discipline dure, sans concession, le corps,  les pieds souffrent énormément, surtout dans les pointes dans le bout des chaussons rempli d’un morceau de bois, afin de permettre les pointes.

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En plus, j’ai trouvé que le scénario aurait dû un peu plus insister sur la vie dans l’école de danse, pas seulement les douches, mais aussi comment les compagnes de danse connaissent  le parcours de Lara, comment les professeur.e.s l’ont appris et accepté.
Ces légers défauts s’effacent néanmoins face au jeu de Victor Polster.

Et vraiment  le film est à voir.

A  propos du sujet = Lukas Dhont, le réalisateur, dit avoir eu l’idée de l’histoire en lisant le journal, à l’époque où il était encore étudiant. On y relatait l’histoire d’une fille transgenre de 15 ans qui se battait pour devenir ballerine. - Dhont lui demanda à l'époque de réaliser un documentaire sur elle, mais elle refusa; toutefois elle accepta l'idée que le jeune réa en fit un film ultérieuremant

Un autre avis sur ce film chez tania-textes&prétextes

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