36204075

Lorsque vous êtes un romancier célèbre, doublé d’un excellent scénariste dont les séries que vous avez écrites rencontrent un gros succès, vous êtes parfois sollicité par des gens qui veulent que vous écriviez sur eux.
C’est la surprise qui attend Anthony Horowitz qui vient de terminer « House of Silk », un pastiche de Sherlock Holmes, qui rencontre un franc succès = il est contacté par un ex-détective de la Metropolitan Police, excellent enquêteur mais qui a commis une faute apparemment et ne fait donc plus partie de la police, mais reste consultant dans des affaires criminelles compliquées.
Ce Daniel Hawthorne veut qu’ils écrivent un polar ensemble, les royalties seront partagées fifty/fifty.
Plutôt interloqué, Horowitz explique qu’il ne travaille pas comme cela et que c’est lui, et lui seul, qui parle de ses personnages, les met en scène.

Dès le départ Hawthorne et lui se rentrent dans le chou, enfin c’est surtout Hawthorne qui lui parle de manière relativement agressive et Horowitz ne sait plus trop que penser. Finalement ils arrivent à un gentlemen’s agreement, enfin quand on dit « gentleman » ce n’est peut-être pas le terme qui définit Hawthorne = il est homophobe, assez grossier en général lorsqu’il s’adresse aux gens et si, par hasard, son ton devient plus agréable c’est pour mieux « endormir » son interlocuteur qui ne se méfie pas et se retrouve immédiatement mis au pied du mur. Donc il enquête, il interroge, et Anthony Horowitz – qu’il s’obstine à appeler « Tony » alors qu’Horowitz a horreur de ça, l’accompagne, prend des notes sur ce qui se dit, se révèle, les met en ordre et écrit les chapitres, sur lesquels Hawthorne a droit de regard !!!!

Quelle est donc l’enquête que l’inspecteur Charlie Meadows n’arrive pas à résoudre et dont le supérieur souhaite qu’il donne toutes les informations à Hawthorne ? =
Une dame de quelques 60 années est allée dans une entreprise de pompes funèbres et a complètement organisé ses futures funérailles, jusqu’au moindre détail musical et autre. Six heures plus tard, elle est morte, étranglée dans son appartement d’un quartier élégant de Londres.

Cette femme, dix ans auparavant, a tué un enfant dans un accident de la route, blessant l’autre enfant ; elle conduisait sans ses lunettes sera sa ligne d’excuses, défendue par son fils, un comédien devenu célèbre entretemps, théorie aussi défendue par son avocat et finalement, elle fut acquittée au grand dam des parents. Le plus grave aux yeux des témoins est qu’elle ne s’arrêta que très brièvement, puis vint se livrer à la police 2 heures plus tard.
Faut-il dès lors voir dans ce crime un acte de vengeance de la part de la famille de l’enfant décédé ?

Lorsque son fils revient d’Hollywood pour les funérailles, en compagnie de sa jolie compagne et leur petite fille, un incident sérieux se produit pendant la mise en terre et le fils, affligé et horrifié, rentre chez lui – Hawthorne et Horowitz le retrouvent peu après baignant dans son sang, il a été sauvagement poignardé.
Serait-ce toujours un acte de vengeance ?

Mon avis = métafiction fort intéressante à découvrir, à laquelle j’ai fort bien accroché, qui m’a passionnée de bout en bout, mais où la toute dernière ligne du dernier chapitre – juste avant que le polar ne se termine – m’a laissée passablement perplexe.

Ce léger bémol mis à part, j’ai réellement apprécié cette enquête qui envoie les lecteurs – tout comme Anthony Horowitz -  sur quelques fausses pistes, avant un dernier rebondissement.

J’ai beaucoup apprécié le côté « mondes du théâtre, du cinéma, de la télévision », auxquels sont mêlés les enquêteurs.

Je reconnais toutefois que ce polar d’Anthony Horowitz n’est réellement pas simple à résumer, voire à analyser car il emprunte un peu de tout à tous les genres.
Quelques allusions aussi aux scénarii qu’Horowitz a écrit pour les séries « Poirot » et « Midsomer murders ».

Au niveau du personnage central, en dehors d’Horowitz, je dois reconnaître que j’ai rarement éprouvé une telle antipathie pour un enquêteur, qu’il soit privé ou non. Heureusement, ce ne fut  pas moi à devoir enquêter en sa compagnie. 
Il refuse de dévoiler quoi que ce soit de sa vie privée, de lui-même, estimant que cela n’intéresse pas le lecteur (il n’a à l’évidence pas lu de polar ce brave homme =^-^=). Pourtant, Horowitz découvrira en cours d'enquête quelques petits détails concernant son associé/personnage principal qui le surprendront particulièrement.

Un autre livre donc, sur le mélange des genres, ce qui semble être fort à la mode en ce moment.
En complément d’un polar sur l’art d’écrire, on se promène beaucoup dans Londres pour interroger les témoins, les suspects, ce qui m’a fait fort plaisir.

Pas encore traduit, mais je pense que cela ne saurait tarder, après tout « Comptine mortelle » rencontre un grand succès, cela incite toujours les éditeurs à faire tourner le tiroir-caisse;