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8ème enquête de Ruth Galloway et l’inspecteur en chef Harry Nelson 

Alors que « Cathbad », un druide new age, fait du cat-sitting dans la maison de son ami, gardien d’un sanctuaire à Walsingham et en retraite en Irlande, le chat qui n’a que faire de ce type qui est peut-être l’ami de son humain, mais pas le sien, i prend  un malin plaisir à lui échapper.
En le recherchant dans le petit cimetière à côté de l’église, Cathbad remarque une jolie femme en robe blanche et manteau bleu, longs cheveux blonds autour d’un visage de madone.
De là à s’imaginer que c’est une apparition de la madone (Walsingham est dédié à la madone), il n’y a qu’un pas, surtout dans la brume nocturne, mais cela s’avérera bien plus prosaïque.
Il s’agit d’une jeune résidente du « Sanctuaire », une clinique privée pour ceux qui désirent se libérer des drogues, alcool, etc.
La jeune femme est retrouvée le lendemain matin, non loin de là, morte étranglée.
L’inspecteur en chef Harry Nelson et son équipe sont appelés depuis King’s Lynn pour l’enquête.

Ruth Galloway, archéologue « forensique », conférencière et chargée de recherches à l’université, a reçu un courriel surprenant émanant d’une ancienne amie d’études en archéologie. Celle-ci lui demande de la rencontrer, elle a reçu des lettres anonymes non seulement insultantes mais menaçantes. Effectivement Hilary a changé complètement de direction dans sa vie et est devenue prêtre dans l’église anglicane. Les lettres font une virulente référence à ces femmes qui feraient mieux de s’occuper de leur famille, leur ménage, leurs enfants, elles n’ont pas d’autre place dans leur vie.
Comme son amie doit participer à un séminaire de quelques jours à Walsingham,  elle aimerait revoir Ruth et lui montrer les lettres. Ruth Galloway suggère qu’il vaudrait mieux les montrer à l’inspecteur  Nelson.
Ce qui sera fait, mais l’inspecteur n’apprécie guère que Hilary se soit adressé d’abord à son amie au lieu de la police.
Entre lui et Ruth, c'est compliqué - ils ont eu une très courte relation (le type est marié) dont est née la petite Kate, ce qui n’améliore pas toujours les relations.
Il estime qu’elle n’a pas à se mêler des enquêtes, ce qu’elle ne fait pas … enfin presque pas ...

Lorsque les jeunes femmes réunies pour la conférence sur les femmes prêtres retournent à leur hôtel, l’une d’elles décide d’aller prendre l’air – elles ont un peu abusé du vin. Le lendemain, hélas, elle aussi est retrouvée étranglée. Elle ressemblait très fort à l’autre jeune morte, les enquêteurs craignent un tueur en série, qui s’attaquerait surtout à un certain type de femmes. Nelson est inquiet car son épouse y correspond physiquement et a déjà fait l’objet d’une tentative.

C’est au cours de la mise en scène de la passion du christ, un grand événement à Pâques à Walsingham, avec une immense foule de pélerins qui ne simplifie pas les choses, que les enquêteurs pensent que l’homme frappera à nouveau et espèrent l’arrêter.

Mon avis = pas mal,  une nouvelle série qui va me plaire, si les autres romans sont de la même eau.  J’espère cependant qu’il sera moins question de religion dans les autres romans, mais c’était le sujet principal de l’histoire = les femmes prêtres dans l’église anglicane, la religion catholique et Walsingham où les prêtres sont particulièrement nombreux.

Toutefois, j’ai eu tort de commencer par ce titre, 8ème dans la série, selon ma mauvaise habitude de ne pas avoir envie de commencer nécessairement par la première enquête. Il y a une séquence dans la vie personnelle de Ruth Galloway et l’inspecteur Nelson, ainsi que d’autres personnages récurrents dans les romans qui fait que, n’ayant pas respecté la séquence, j’ai eu quelques difficultés à regrouper les histoires personnelles de tous ces gens.
Quelques uns d’entre eux, comme le druide Cathbad ou Ruth Galloway elle-même, sont bien sympathiques et j’ai envie de les retrouver au cours d’autres enquêtes, en commençant par les premières cette fois.
Par contre j’avoue que le personnage de l’inspecteur en chef Harry Nelson m’a paru plutôt désagréable, tant personnellement que professionnellement.

Ceci dit, j’ai été attirée par le titre « Woman in blue », car il m’a fait penser à « Woman in black » - je pensais, comme dans ce roman-là, à quelque chose de mystérieusement fantastique et hanté.
Ce qui n’est pas le cas ici, même s’il est beaucoup question des apparitions de la vierge Marie et ses sanctuaires de Walsingham où de nombreuses reines d’Angleterre, dont Katharine d’Aragon, vinrent prier pour avoir un héritier au trône (dans le cas de celle-ci ça n’a pas marché, la vierge devait être absente ce jour-là – excusez la mécréante que je suis =^-^=).

Le sanctuaire de Walsingham  – ou plutôt LES sanctuaires – est fort recherché comme lieu de culte puisque les deux églises principales du Royaume-Uni s’en inspirent, autant les anglicans que les catholiques – même si les anglicans ont un fond de protestantisme, leur religion se rapproche assez du catholicisme et n’a rien des protestants purs et durs  qui refusent, par exemple,  de reconnaître la sainteté de la vierge Marie.
De nombreux pèlerinages sont organisés – on vient de partout en Angleterre, tout au long de l’année, mais plus particulièrement à Pâques.

La vierge n’est pas la seule chose que les protestants n’acceptent pas, ils ne sont pas non plus opposés au mariage des prêtres et acceptent désormais les femmes-prêtres. Ils ne croient pas non plus à la transsubstantiation (vin et pain changé en sang et corps du christ).
Par ailleurs, Walsingham dans l’antiquité et avant que le christianisme ne s’approprie toutes les fêtes païennes avec son habituel syncrétisme de tout réclamer pour lui-même, il est aussi question de ce que la cité était un lieu de culte païen, dédié à Mercure,  bien avant de devenir un culté de religion chrétienne. La grande abbaye a également souffert de la dissolution des monastères, commandée par Henri VIII, mais moins rapidement que les autres monastères.
Eglises anglicane et catholiques co-habitent et chacun y va de sa petite boutique de souvenirs – la superstition n’a pas de limite et,  comme le disait Hercule Poirot, c’est un énorme moteur qui mène les gens.

A propos de Mercure, c'était le dieu des commerçants et des voleurs ... faut il y voir une allusion que ce soit devenu un site de religions du christianisme ?

Dans le Norfolk, il y avait déjà les enquêtes de l’inspecteur George Gently écrites par Alan Hunter, voici donc de nouveaux personnages dans un royaume britannique qui semble tout de même comporter pas mal de dangers – il n’y a pas une région dans ce pays qui semble avoir été oubliée par les criminels. 

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