515PRi80ufL

3ème récit de la saga Savoisy

François Savoisy, rencontré dans « Meurtres  à la pomme d’or », renié et déshérité par son père pour avoir préféré la cuisine à la médecine, vit désormais à Rome. En cet automne de 1570, François, devenu le  secrétaire du cuisinier du pape Pie V,  Bartolomeo Scappi qui est au désespoir car ce pape ascète, détestant les fêtes, détestant tout en fait, refuse la cuisine savoureuse de son cuisinier. Ce dernier en profite pour parfaire son « Opera », un livre de recettes unique en son genre. Hélas ce livre est convoité par le cardinal Granvelle, un collectionneur d’œuvres d’art pour son plaisir personnel  - un homme cruel pour qui tuer est aussi simple que respirer, les Pays-Bas du Nord ont subi son inquisition avec horreur.
Il approche François afin qu’il lui apporte le livre. Le jeune homme ne voulant pas trahir son maître qui l’aime comme un fils, ne bouge pas. Hélas, une fête dans les jardins de Bomaro va très mal tourner et Granvelle va s’en servir comme chantage = ou François lui apporte le livre, ou il envoie une lettre au pape accusant François de ce qui se produisit  à Bomaro.
Hérétiques et licencieux sont dans le même bain pour l’inquisition, il est évident que notre secrétaire ne fera pas le poids.  François Savoisy fait partie d’un groupe de jeunes artistes, une Academia qui bouscule les canons de la peinture ; ils ont reçu la visite de Giuseppe Arcimboldo, le grand peintre à la cour de Maximilien de Habsbourg – et qui a disparu ! personne n’a plus aucune trace de lui ; un indice met François Savoisy sur sa trace à Naples et voilà nos amis en route pour cette ville, Scappi ignorant le but de ce voyage, François gagnant du temps. Malheureusement les ennuis de François Savoisy ne s’arrêteront pas là, bien qu’il retrouve Arcimboldo. Il va devoir partir loin de Rome s’il veut échapper à un châtiment qu’il ne mérite pas.
Cette fuite le mènera en  Suisse où il est repéré par les protestants qui le prennent pour un espion, le destin de François sera scellé à Genève.

 Mon avis = une lecture délassante et passionnante, plus thriller que polar. Comme  un réel plaisir pour les sens. Saveurs culinaires y jouant un rôle majeur,  presque toutes les pages embaument d' épices et autres herbes aromatiques, de ces effluves des cuisines italiennes qui font saliver. Mais, en plus, après le plaisir des papilles et du palais, il y a le plaisir des yeux par les couleurs, grâce  à la petite confrérie Academia amie du jeune cuisinier, les jeunes peintres en faisant partie lui expliquant la confection par les piments se trouvant dans la nature.
Une histoire qui mélange à la perfection non seulement les idées culinaires, mais aussi les ingrédients nécessaires à un bon thriller = suspense, intrigues, mêlant personnages ayant réellement existé avec les personnages fictifs. 
Le roman se termine par un livre de recettes, toutes plus délectables les unes que les autres

F193-b-arcimboldo-automne

ob_1f8ab5_bomarzoparc