34130282

36ème enquête de l'inspecteur Witherspoon

Non traduit

Mrs. Abigail Chase n’oubliera pas de sitôt la soirée qu’elle organisa pour « Guy Fawkes » - à la demande de son époux, elle avait  invité un certain Christopher Gilhaney – qui se comporta comme un rustre avec pratiquement tous les invités.
Du coup, ceux-ci écourtèrent leur soirée et le dîner terminé, chacun s’excusa auprès de l’hôtesse et rentra chez soi ; même Mr. Chase partit prendre l’air car son épouse n’étant vraiment pas contente, il n’échappa pas  à ses récriminations. 

Le nuit de Guy Fawkes est une nuit de fête, on brûle des mannequins, on allume des feux d’artifice – c’est pendant les feux d’artifice que quelqu’un, dans une ruelle,  tira 3  balles sur Christopher Gilhaney.
L’ignoble inspecteur Nigel Nivens exigea auprès du superintendant Barrows d’être chargé d’une enquête qui n’était finalement, selon lui,  qu’un vol ayant ma tourné.
Barrows pense que c’est un crime et voudrait que ce soit l’inspecteur Witherspoon qui s’occupât de l’affaire, mais Nivens a des appuis et on lui confie l’enquête, dont il s’occupa très mal – ou plutôt dont il ne s’occupa quasiment pas du tout – puisque c’est un cambriolage, pas nécessaire de se fatiguer à  faire une analyse post mortem, pas déranger les invités des Chase avec des questions désobligeantes – bref, comme toujours il en a fait le moins possible.

Six semaines plus tard, le ministère de l’intérieur exige qu’on rouvre l’enquête – il est évident que ce n’était pas un simple cambriolage ayant mal tourné, mais bien un meurtre.  Une personne de qualité, l’un des invités des Chase exige la vérité.

L’inspecteur Nivens est parti en Ecosse, chez des nantis dont il aime la fréquentation, car non seulement il est idiot mais c’est aussi un arriviste qui, malheureusement, a des appuis.
Il est content d’apprendre que l’enquête sera confiée à Witherspoon, l’as du Yard – il espère que vu le peu d’indices, ce dernier échouera… enfin !

Barrows convoque effectivement de toute urgence l’inspecteur Witherspoon et exige qu’il s’occupe de cette enquête mal menée le plus rapidement afin que tout le monde puisse passer un noel familial.
La maisonnée de l’inspecteur Gerald Witherspoon se réjouissait de ne pas avoir de crime à résoudre en cette saison de noel – chacun d’eux, de Mrs. Jeffries à Mrs. Goodge, a un projet pour la période de fêtes après le réveillon « familial » chez l’inspecteur.
Mais ce n’est pas parce qu’on est en saison festive que le crime s’arrête, ils auraient dû y songer.

Les seules qui ne montrent pas de mauvaise humeur à propos de cette enquête sont Lady Ruth Cannonberry, l’amie de cœur de l’inspecteur, Luty Belle Crookshank et Mrs. Goodge – pour elles, des plans de noel peuvent être reportés, par contre la justice n’attend pas et si Gilhaney a été lâchement assassiné, justice doit être faite.
Tous, en dehors d’elles, tirent une tête pas possible – même Mrs. Jeffries râle dans son coin, elle se réjouissait d’assister à des conférences sur l’égyptologie au British Museum.
De plus comment voulez-vous enquêter sur une affaire mal menée et classée 6 semaines auparavant ?

Après 2  journées où la maisonnée ne fait pas grand-chose – toujours en dehors de nos « Three Wise Women », Mrs. Jeffries écoute à peine ce que lui explique l’inspecteur alors qu’elle est sa plus grande alliée d’habitude et qui montre un esprit d'analyse qui fait avancer les enquêtes.
Aussi, au matin du 3ème jour, après avoir consulté Ruth et Luty Belle, Mrs. Goodge s’en prend aux jeunes gens de l’équipe, et  n’hésite pas à remettre les autres devant leurs obligations = si l’inspecteur ne réussit pas à résoudre cette enquête, on lui confiera beaucoup moins de cas à enquêter, or tous ont généralement à cœur de l’aider.
Les paroles de Mrs. Goodge, Luty et Ruth font mouche –  les ami(e)s de la maisonnée et toute la domesticité comprennent qu’il est temps de mettre les bouchées doubles et peut-être ne devront-ils pas reporter leurs projets.

Cette enquête est d’autant plus intéressante qu’en raison du peu d’éléments, elle s’avère extrêmement difficile – même s’il ignore l’aide précieuse que lui apportent ses domestiques, l’inspecteur Witherspoon sait mener une enquête et il reprend tout à zéro, en fulminant contre son négligent collègue, ce qui est rare pour Witherspoon qui voit toujours le bon côté des gens.
La première des choses à faire est donc d’enquêter auprès des invités des Chase – pour ceux-ci Christopher Gilhaney était un être grossier, mais peu à peu, au cours des interviews, l’inspecteur et son adjoint l’agent Barnes se rendent compte que cette attitude grossière était délibérée car Gilhaney était connu pour être un homme aimable, issu d’un milieu pauvre, toujours prêt à aider ses amis dans le besoin.
De plus il avait le don des chiffres, la raison pour laquelle il était venu à Londres, engagé dans un nouvel emploi, et surtout l'homme avait une mémoire infaillible.

Vous l’aurez compris au titre = il fait référence à la légende de noel où les rois mages – the Three Wise Men – viennent rendre visite à la crèche où est né l'enfant jésus.

Il est amusant de constater que c’est la cuisinière Mrs. Goodge qui prend le taureau par les cornes, elle qui tout au début de cette sympathique série n’appréciait que modérément le fait que l’on enquête – depuis, non seulement elle est devenue une amie précieuse au sein de la maisonnée, mais aussi un élément non négligeable car elle a – comme eux tous – « ses sources », des gens de maison qui adorent cancaner autour d’une tasse de thé et de ses délicieux gâteaux.

Je suis toujours heureuse de retrouver Mrs. Jeffries, son inspecteur, l’adjoint Barnes, et toute la domesticité qui apprécie un employeur correct en ces temps victoriens où la vie d’un domestique ne compte pas ; d’ailleurs l’autrice Emily Brightwell connaît parfaitement cette époque historique et donne toujours d’excellents détails dans les romans.
De plus, Ms. Brightwell insiste sur la manière dont l'inspecteur défend son efficace adjoint contre l'arrogance des nantis qui ne supportent pas qu'un subalterne leur pose des questions.

Les difficultés des domestiques de l’ ère victorienne, est ce qui  a poussé la domesticité de Witherspoon à aider les enquêtes afin que l’inspecteur ait le plus d’éléments possibles pour mettre un coupable sous les verrous et parfois innocenter quelqu’un qui se retrouve en prison.

Cela faisait quelque temps que je n’avais pas lu une enquête de Witherspoon, j’ai vraiment beaucoup apprécié celle-ci.

7187