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Titre français = La curiosité est un péché mortel

2ème enquête de Lizzie Martin & Ben Ross 

Londres – 1864 – Elizabeth (Lizzie) Martin est toujours dame de compagnie chez « Aunt » Parry, la veuve de son parrain, qui s’est sentie obligée de l’accueillir et l’employer, mais cette situation n’est au goût d’aucune des deux.
De plus, depuis la précédente affaire dont s’est occupée Lizzie et où elle a retrouvé un ami d’enfance, Benjamin Ross, désormais inspecteur au Yard, Lizzie se sent encore plus mal à l’aise auprès de cette femme superficielle  et égoïste.
Comme Ben Ross et Lizzie ne sont toujours pas officiellement fiancés, et que Miss Martin semble avoir envie de changer d’air, Julia Parry lui parle d’un ami, un homme d’affaires Charles Roche, qui cherche une demoiselle de compagnie pour sa nièce, la jeune Lucy Craven dont le mari a été envoyé en Extrême-orient pour s’occuper des affaires de la compagnie (thé et soies).  Malgré les réticences de Ross, Lizzie accepte.

Miss Martin part donc vers le sud de l’Angleterre, à New Forest près de Southampton – dans le train elle fait la connaissance de l’aliéniste Marius Lefebvre, ami de la famille ; il sera là pour jeter un œil sur Lucy, dont le comportement est très confus depuis son récent accouchement.
Le bébé était mort à la naissance, mais la jeune femme refuse d’accepter la mort de son bébé et n’arrête pas de clamer que son enfant est vivante. Il semblerait que ce médecin soit là pour constater que la jeune femme est folle et devrait être enfermée dans sa clinique privée.

Les sœurs Roche, la rigide Christina et la timorée Phoebe, accueillent Lizzie avec hauteur, lui faisant comprendre rapidement où est sa place – pas question de familiarité.
Et la gouvernante de Shore House lui fait également comprendre que sa place n’est pas dans la domesticité.
Heureusement, la jeune Lucy accueille Lizzie avec gentillesse, mais a parfois des moments de vraie rage lorsqu’elle est contrariée.

Quelques jours à peine après l’arrivée de Miss Martin et du médecin, le dératiseur qui circule régulièrement dans le village et sur les terres de New Forest, est retrouvé assassiné – un poignard est retrouvé dans son cou.
Compte tenu de la famille concernée, le docteur Lefebvre n’hésite pas à suggérer que cette affaire relève de Scotland Yard et non de la police locale.
Christina Roche est contre cette idée, mais est obligée de se rendre aux arguments du médecin. De toute façon, son frère doit être prévenu.
Lorsque le superintendant Dunn est contacté, il envoie Benjamin Ross sur les lieux – un inspecteur Ross qui râle sec parce que Lizzie a refusé de l’écouter, qu’elle est partie et que la voilà à nouveau impliquée dans un meurtre.

Miss Martin n’hésite pas, de son côté, à mener sa petite enquête car bien des choses semblent être tues dans cette sombre demeure.
Comme toujours, son esprit d’observation et son franc-parler vont la placer dans une situation dangereuse.

Le mois de juin a été le mois anglais sur les blogs, j’ai eu ainsi la possibilité de redécouvrir les enquêtes de Lizzie Martin et Ben Ross.
J’ai donc repêché  le billet écrit il y a longtemps des archives de mon blog, j’ai eu envie de retrouver Lizzie Martin dont j’apprécie la personnalité. Elle est honnête, intelligente et souvent choquée par les différences sociales.
Ici, c’est plus particulièrement flagrant dans cette sinistre histoire d’enfant disparu.

Quel sort atroce que celui des enfants volés ou non désirés, les plus pauvres abandonnés dans les « workhouses » (maisons de travail) ; les enfants non désirés, lorsque la mère peut se le permettre, se retrouvent en nourrice, mais leur sort est toujours  incertain.
Pour peu que la mère perde son travail, l’enfant est alors abandonné par la nourrice et confié aux maisons de travail et orphelinats.
Toutes ces institutions dites charitables étaient parfaitement odieuses pour les enfants, tout comme leur situation dans les quartiers pauvres de Londres.

En dehors de Miss Martin qui n’est pas très conventionnelle, les autres personnages de cette histoire qui a – pour moi – de forts accents de roman gothique (à commencer par la sinistre maison, j'ai beaucoup songé à Wilkie Collins en cours de lecture), sont presque tous aussi antipathiques les uns que les autres – certainement les deux sœurs Roche, mais le personnel de la demeure est assez sinistre également et l’attitude du docteur Lefebvre est fort ambigu.

J’avoue avoir été étonnée par l’attitude de l’inspecteur Ross à l’égard de sa fiancée non officielle – il n’hésite pas à vouloir opposer son veto à ses activités professionnelles – j’espère qu’il sera moins coincé lorsqu’ils seront mariés, car cette manière rigide de vouloir la contrôler, si elle est bien dans l’air du temps, est fort déplaisante.

Bien que l’histoire ne prête nullement à sourire, j’ai été amusée au début de l’histoire par les descriptions vestimentaires des personnages et surtout des problèmes causés par les crinolines au cours des voyages et déplacements, en train ou en charrette à poney.

Un dernier point – dès que le meurtre survient, j’avais compris qui était l’assassin et pourquoi. Cela ne m’a pas empêchée de poursuivre la lecture du roman avec plaisir et je pense poursuivre les enquêtes de Martin and Ross au cours de cette saison estivale.

Je maintiens toutefois mon commentaire concernant les comparaisons avec Anne Perry et autres romancières de polars historiques au 19ème siècle.

Toutes les enquêtes de Lizzie Martin & Ben Ross peuvent se découvrir chez lou de  myloubook qui a lu toute la série

Je vous recommande également le blog Plume d'histoire qui propose un intéressant article sur les matricides aux siècles passés.

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