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7ème enquête du Département V

Les choses sont compliquées au Département V – les chiffres ne sont pas suffisants pour que le département continue d’exister.
Cela met le commissaire Carl Morck dans une hargne pas possible, quelqu’un à l’évidence a saboté les chiffres des statistiques. Comment ose-t-on prétendre que le département n’est pas rentable alors qu’il résout 65% des enquêtes non résolues ?

Pendant que Morck fulmine, Anne-Lise Svendsen fulmine de son côté = elle reçoit dans son bureau des services sociaux des jeunes femmes d’environ 25 ans, n’ayant jamais travaillé, passant leur temps à se donner le look à la mode et à traîner dans les magasins de luxe, sans accepter d’essayer le moindre travail qu’elle leur propose.
Ms. Svendsen en a réellement assez de ces parasites du système.

Michelle, Jazmine et Denise se sont rencontrées dans la salle d’attente des services sociaux et se sont découvert des atomes crochus = look, mode, maquillage, envie de devenir vedette de reality-show, et surtout faire bloc contre Anne-Lise Svendsen dont elles se moquent ouvertement.

Morck et son équipe, qui sont dans le collimateur de leur chef direct, s’approprient une enquête qui dépend, en principe, de la crim’ ; ça ne plaît pas au chef évidemment, mais il n’en faut pas plus à Morck pour poursuivre, le plaisir d'énerver son chef est sans égal.
En feuilletant dans les archives du département V, il réalise qu’un crime non résolu en 2004 a des similitudes avec celui de la crim’ et décide de poursuivre l’enquête.

Par contre, là où il a un réel problème sur les bras, c’est Rose. Avec Assad et Gordon Taylor, elle est l’une des efficaces assistantes de son département, les rapports, qu’elle aurait dû envoyer au chef,  se sont apparemment perdus dans les méandres de l’informatique.
Mais Rose est rattrapée par son passé et cette fois a totalement craqué au point de retourner en hôpital psychiatrique.  
Cela commence à faire beaucoup pour le commissaire Morck, mais la survie du département et de Rose priment.

Comme s’il n’avait pas encore assez d’ennuis, voilà t-il-pas que le préfet de l’hôtel de police lui suggère d’emmener un présentateur de télévision et son cameraman pendant quelques jours afin de montrer au public comment fonctionne une enquête. Vous pensez s’il est heureux Carl Morck !

Du Département V, je ne connaissais que la première enquête qui ne m’avait pas entièrement convaincue, il est vrai qu’à l’époque je commençais à saturer un peu des polars scandinaves.
Du temps s’étant écoulé depuis, je me suis dit que je recommencerais bien à en retrouver quelques-uns, et le titre de celui-ci m’a interpelée puisque nous vivons une telle époque de « Selfies ».

Je le reconnais, cette enquête-ci m’a beaucoup plus plu que ma première expérience, le début est assez humoristique avec les petites disputes entre Morck et son supérieur direct, les remarques du commissaire à son assistant Assad, qui a pourtant fait d’excellents progrès en langue danoise mais qui se plante encore quelques fois dans les expressions.
Puis le rythme s’accroit, le suspense devient haletant, mais surtout il y a un très beau portrait d’une jeune femme en souffrance depuis l’enfance qui m’a vraiment serré la gorge.
L’histoire devient alors une course contre la montre pour la sauver d’elle-même, de ses souvenirs, de la mort. Un émouvant portrait de femme.

En fait, j’ai apprécié cette enquête-ci du Département V parce qu’il offre, justement, une telle panoplie de personnages, tous plus perturbés les uns que les autres, au point que je n’ai pas pu lâcher le roman une fois entamé.

un autre avis sur ce roman chez critiqueslibres,