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3ème enquête de Kiera Darby & Sebastian Gage

Ecosse 1830-1831 – le pays se prépare à fêter Hogmanay, le nouvel an – une fête plus importante aux yeux des Ecossais que la fête de Noel – c’est à Hogmanay que l’on invite la famille, les amis, et que l’on offre les cadeaux. Inutile de dire que le whiskey coule à flots.

Kiera St. Mawr Darby n’a pas du tout le cœur à faire la fête – dans une aventure précédente, elle a dû se défendre contre une accusation de meurtre et la 2ème enquête à laquelle elle participa s’est terminée dramatiquement pour son ami d’enfance et professeur d’art, sa vie à elle ayant été fortement mise en danger.
Elle n’a dû la vie qu’à Sebastian Gage, avec qui elle enquêta une fois encore, cette fois pour sauver l’honneur de son ancien professeur. Hélas ils ne purent le sauver lui et Kiera, profondément affectée, est retournée à au domaine familial de son enfance, géré désormais par son frère.  Même peindre lui est pénible désormais. Quant à son frère, il s’en veut de ne pas avoir vu clair dans les manigances du premier mari de la jeune femme, traumatisée par cette expérience qui a terni sa réputation (l’homme était peut-être anobli, mais son caractère n’avait rien de noble).

Au moment où les 12 coups de minuit ont retenti et que la tradition du « first footer » - c'est-à-dire la première personne à franchir le pas de porte pour apporter les vœux de bonheur et prospérité (généralement un membre de la famille) – commence, arrive un jeune serviteur du manoir voisin, couvert de sang.
Du sang de son ami et mentor, le vieux concierge de Dryburgh Abbey ayant surpris des voleurs de cadavres en plein travail.
Le maître des lieux participant à la grande fête d’Hogmanay organisée par la famille de Kiera, il part avec l’oncle de celle-ci qui est le magistrat du comté, avec le frère et Kiera elle-même.
Pour elle, le cauchemar recommancerait-il ? les regards soupçonneux se tournent évidemment vers celle qui est la veuve d’un anatomiste qui se servait des voleurs de cadavres pour un manuel d’anatomie.
Heureusement, le comte Buchan, maître du domaine de Dryburgh souhaite seulement son aide et ce qu’elle connaît de la situation, après tout elle a déjà participé à 2 enquêtes – il lui demande d’écrire à Sebastian Gage afin de mener celle-ci.

La situation est tout de même différente des précédentes = ici, seulement le squelette  a été volé, tous les effets,  avec lesquels l’aïeul du comte Buchan étaient enterré,  sont restés dans la tombe. Les personnes superstitieuses n’hésitent pas à accuser « la nonne de Dryburgh », un fantôme qui erre la nuit dans l’abbaye à la recherche de son amour perdu (selon Walter Scott).

Lorsque Sebastian Gage arrive, il confirme à l’oncle de lady Darby et sa famille que ce vol de squelette n’est pas le premier, au contraire – deux cas similaires se sont déjà produits précédemment – à chaque fois, seul le squelette fut volé.
Le vol des squelettes est généralement suivi d'une demande de rançon si la famille souhaite récupérer les os. 

En intrigue secondaire, un homme est venu avec une exigence surprenante = qu’on lui rende le torque appartenant à sa famille. Il a pu être enterré avec le vieux comte Buchan.
Cette exigence va mettre les enquêteurs sur un semblant de piste, car tous les squelettes volés appartenaient à des membres de la société archéologique et historique d’Ecosse.

Avant de découvrir les voleurs et assassins du vieux concierge de Dryburgh, la vie de nos enquêteurs va être menacée, un rebondissement inattendu va les ramener à la case départ – et pendant ce temps, Gage aimerait bien que lady Darby accepte sa demande en mariage – il ne sait pas, hélas, à quel point la jeune femme a été traumatisée ; de plus sa réputation est tellement ternie !

Après avoir lu toutes les enquêtes de Darby & Gage, celle-ci (pour moi) se détache un peu du lot, comme la première – raison pour laquelle je la chronique.
Il règne ici une ambiance tellement « écossaise » - tant dans les relations familiales, les paysages, le temps qu’il fait.
L’Ecosse sous la neige donne réellement envie d’y aller.

L’intrigue est intéressante, pourchasser des voleurs de squelettes à travers les Borders, rencontrer un personnage plus que suspect, qui gère toute la pègre d’Edimbourg et environs, participer au bal de nouvel-an où l’on rencontre des personnes dites bien pensantes et qui n’hésitent pas à tourner le dos à lady Darby – ce qu’elle traite avec mépris, même si elle est blessée.
J’ai apprécié les relations familiales de Kiera, son frère et les nombreux cousins d’Ecosse, hauts en couleur.

Pour une fois, la formidable sœur  des St. Mawr n’est pas présente, mais l’on parle beaucoup de cette sœur aînée affectueuse, menant tout le monde à  la baguette.
Par contre ici un nouveau personnage entre en scène = au domaine familial, Kiera St. Mawr Darby a été adoptée par  un énorme matou, en principe chasseur de souris, mais qui préfère ronronner auprès d’elle dans le studio où elle tente de se remettre à la peinture. Elle l’a baptisé « Earl Grey », sans réelle raison sauf la couleur de son pelage.
(Earl Grey n’est pas que le nom d’un thé, c’est aussi celui du premier ministre du Royaume-Uni, au moment de l’enquête – ce qui fait  ricaner tout le monde)

Je regrette que la série n’ait pas encore été traduite – bien sûr ce n’est pas de la « grande littérature », mais comme disent les Anglo-saxons « what’s the heck » !
C’est joliment écrit, divertissant, mélangeant des personnages, lieux et événements réels à la fiction – dans un mélange d’humour caustique et scènes dramatiques.

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