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Paris 1897 - Arsène Lupin, un nom que dans Paris l’on prononce avec une certaine tendresse. Hélas, des forces mauvaises se sont liguées contre lui – notamment par son abominable nemesis Bérenger de La Motte – il avait juré la perte d’Arsène Lupin et il y est arrivé = non seulement il a provoqué l’incendie du Bazar de la Charité où périt le grand amour de Lupin, mais surtout de La Motte a fait en sorte qu’Arsène Lupin soit accusé d’avoir provoqué ce drame où périrent plus de 120 personnes.
Déjà Arsène avait été accusé d’avoir lâchement assassiné son bienfaiteur et père adoptif, du coup sous une autre identité, Lupin était revenu – seulement voilà, quand la poisse vous poursuit, elle ne vous lâche pas.
Comment pourrait-il se laver de toutes les turpitudes dont on l’accuse ?

Dix ans plus tard,  lorsque les menaces de guerre entre la France et l’Allemagne se font plus précises, il sera encore plus noirci car on l’accuse d’espionnage pour le compte de l’Allemagne. C’est beaucoup pour un seul homme ! Il a d’autant plus de difficultés à lutter contre Bérenger de la Motte que celui-ci manipule la population via les 2 journaux dont il est le propriétaire et l’éditeur en chef.

Un duel sans merci entre 2 ennemis irréductibles est engagé. Qui gagnera ?

Ce bon pastiche des aventures du célèbre gentleman cambrioleur est particulièrement difficile à résumer car il est riche en rebondissements, en intrigues, en personnages multiples où se mêlent des personnages historiques comme « le Tigre » Clémenceau, ou comme des événements avérés, tel ce dramatique incendie du Bazar de la Charité, où périrent entre autres bienfaitrices la duchesse d’Alençon, sœur de l’impératrice d'Autriche Sissi.
L’incendie fut dû aux vapeurs d’ether, produit nécessaire à l’époque au tout nouveau cinématographe, qui projetait « l’entrée du train du train en gare de la Ciotat » des frères Lumière.
Inutile de dire que les lieux étaient fort mal protégés, de plus pour éviter de gêner les spectateurs, une toile goudronnée avait été installée.
Bref, tout était réuni pour qu’un drame éclatât, l’histoire nous a prouvé que les plus pessimistes à l’époque avaient eu raison.

Arsène Lupin n’est pas en reste, vu le nombre d’identités différentes qu’il adopte, toujours aussi doué pour les déguisements. On s’y laisse aisément prendre, comme les protagonistes auxquels il s’attaque, jusqu’à ce qu’il se dévoile.

Venir au secours de la veuve et l’orphelin, des plus démunis, volant aux riches pour aider les pauvres, tel était l’Arsène Lupin de Maurice Leblanc.
N’ayant plus lu les aventures écrites par ce dernier, je me suis laissée prendre au jeu avec ce roman-hommage écrit par 2 auteurs de bandes dessinées et romans, dont la jeunesse fut bercée par les histoires de Maurice Leblanc.

Ecrire un pastiche, faire revivre un personnage aussi célèbre qu’Arsène Lupin,  est sinon un piège, souvent un travail hasardeux - ici les auteurs ne s’en sont pas trop mal tirés, leurs « nouvelles aventures d’Arsène Lupin » est un bon divertissement, dans lequel il faut toutefois rester attentif car comme je l’ai écrit ci-dessus, les rebondissements sont fort nombreux.
La trame est ingénieuse (bien que compliquée) et l’écriture élégante.

Benoit Abtey & Pierre Deschodt ont voulu prouver que Lupin était immortel  - je ne sais si les grands admirateurs du personnage créé par Maurice Leblanc s’y retrouveront ou s’ils n’apprécieront pas, mais je conseille tout de même cette lecture.

Ces auteurs ne sont pas les seuls à faire revivre Arsène Lupin, Adrien Goetz s’y est aussi aventuré avec « La nouvelle vie d’Arsène Lupin ».
Quant au cinéma, il nous a surtout montré un Arsène Lupin ironique, aux aventures souvent drôles, grand séducteur de belles dames, parfois espionnes, parfois aussi voleuses que lui.
J’ai toujours trouvé que ce bel Arsène de cinéma ou télévision, bien que séduisant, n’avait pas la même humanité que celui des romans de Maurice Leblanc.
Le cinéma lui a d’ailleurs donné des fils illégitimes dans « Arsène Lupin contre Arsène Lupin » avec les séduisants Jean-Claude Brialy et Jean-Pierre Cassel.
A la télévision, Georges Descrières lui donna un charme inimitable.  Jacques Dutronc l'a immortalisé en chantant la B.O. du feuilleton télévisé.

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