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2ème partie

Au musée d’art et d’histoire (musée du Cinquantenaire)à Bruxelles

J’ai, depuis toujours, aimé la peinture chinoise et la peinture japonaise – elles m’ont régulièrement « remise sur pied » lorsque je n’avais plus envie de peindre ou dessiner. Mon adorable belle-fille m’a offert cette visite muséale pour mes étrennes, ce fut un cadeau merveilleux, comme vous pouvez l’imaginer.
J’ignorais que le musée du Cinquantenaire eût une collection aussi vaste d’estampes japonaises (non érotiques, mais leur collection d’estampes érotiques est très belle aussi) –
Là bien sûr, mon cœur vibrait rien qu’à voir l’affiche,  la célèbre vague de HOKUSAI, rien que pour elle j’avais l’intention de voir l’expo.
En dehors de ce peintre et de UTAMARO, je ne connaissais pas beaucoup de noms dans la peinture japonaise.

La collection du musée est mondialement réputée  - elle compte plus de 7.500 pièces dans ses réserves - et sur ce grand nombre, 416 d’entre elles ont été sélectionnées pour l’exposition.
En raison de la grande fragilité des couleurs, elles furent exposées en 2 parties – c’est cette 2ème partie que j’ai pu voir.
Pour la visite de la 1ère partie, je vous invite vivement à lire la chronique de tania-textes&prétextes, fort complète.

(n’ayant pas emporté mon appareil photo, pensant qu’elles étaient interdites, les images illustrant mon billet ont été sélectionnées via le site du musée)

UKIYO-E signifie littéralement IMAGES DU MONDE FLOTTANT –
Une appellation très poétique, comme chaque estampe exposée.

L’exposition aborde ce sujet à partir de son début au 18ème siècle – un début en noir et blanc – et se poursuit jusqu’au début du 20ème siècle, où alors les techniques modernes remplacèrent cet art millénaire.
Pour illustrer l’art de la gravure, une vitrine montre les différentes phases de la création – les outils et plaques font également partie des objets exposés.

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Au 18ème siècle, la polychromie atteint son point culminant et au 19ème siècle, des artistes comme Monet et d’autres collectionneurs se prennent d’engouement pour ces œuvres d’une grande délicatesse, qui plaira aussi à Vincent van Gogh.

Le terme « UKIYO-E », signifiant « images du monde flottant », trouve son origine dans le bouddhismee – le « monde flottant » fait effectivement référence à l’impermanence des choses, comme la vie sur terre, que le bouddhisme associe à la souffrance provoquée par l’ego.
Cette image, cette idée d’impermanence et souffrance s’estompera avec le temps et ce « monde flottant » deviendra synonyme de légèreté.

Plusieurs salles de l’exposition nous montrent des portraits d’acteurs célèbres au Japon, de véritables « stars » selon notre concept de cette appellation. Ils étaient fameux à travers les nuits nocturnes d’Edo (le nom ancien de Tokyo).

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J’avoue avoir été moins attirée par ces portraits, pourtant très originaux – j’ai préféré les images de la nature telles que ces célèbres « Trente six vues du mont Fuji » peintes par HOKUSAI, et qui en réalité en comportaient bien plus que 36.

HOKUSAI y développe les dégradés du bleu de prusse, une couleur très appréciée par les peintres japonais, importée par les Pays-Bas.
La plus fameuse est évidemment cette « grande vague de Kanagawa », mais l’ensemble des estampes exposées concernant ce Mont Fuji est un véritable plaisir visuel, par ses couleurs et les détails.
C’est cela, à mes yeux, qui frappe le plus dans toutes les estampes = ce souci du moindre détail, de la plus petite chose qui attire le regard, pour peu que l’on prenne tout son temps pour les observer.

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D’autres noms = UTAMARO, bien sûr, mais aussi HIROSHIGE, HARUNOBU, SHUNSHÔ, KIYONAGA et SHARAKU – au fil des estampes, défilent acteurs et courtisanes.
Hokusai et Hiroshige perpétuent les images du Japon traditionnel dans leur peinture.

Les Etats-Unis qui ont toujours aimé se mêler de la vie des autres peuples, exigèrent au 19ème siècle que le Japon s’ouvre au monde, faute de quoi ils décideraient de représailles.
Cette ouverture vers le monde extérieur, la modernisation que le pays subira alors, montre l’évolution dans les estampes, qui s’ « occidentalisent » dans les dessins de personnages surtout.
Déjà se profile  à l’horizon le monde des mangas.

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 L’exposition se termine sur des aquarelles du dessinateur belge DOMINIQUE PIOT, qui intègre,  avec ses  images, des estampes dans un univers moderniste – j’ai trouvé ce mélange des genres plutôt réussi.

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Petit lexique pour qui s’intéresse à la langue japonaise =
Shunga = estampes érotiques – kamigata-e = nom donné à la production raffinée d’Osaka –shin-hanga = nom donné aux nouvelles estampes du début du 20ème siècle – nishiki-e = estampes de brocart – meisho-e = vues célèbres (paysages cadrés de manière panoramique) -

Par ailleurs, la visite de l’exposition m’a fait revoir le petit film consacré à HOKUSAI par l’émission Palettes.