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Londres, durant la Régence, 1821 – lui, c’est  le duc de Wittaker, qui pour aider son père dans la recherche et capture éventuelle de lords peu dignes de leurs titres et héritages, a accepté de jouer le jeu d’être comme ceux-là pendant quelques années. Il a décidé, à présent, que ce petit jeu était terminé et qu’il pourrait enfin redevenir lui-même.

Elle, la jolie Phoebe Hillier, fiancée par son père contre son gré à un cousin, afin que l’héritage reste au sein de leur baronnie, a aussi vécu plus ou moins dans le mensonge ; tout d’abord parce qu’elle n’aimait absolument pas ce futur époux joueur invétéré qui ne fait que convoiter  l’héritage légué par sa mère à elle et géré par un groupe de notaires, ensuite parce que son père ne supportait absolument pas les femmes ayant de l’instruction, intelligentes, voulant avoir leur mot à dire dans des décisions les concernant.
Grâce à sa mère, Phoebe Hillier a reçu une excellente instruction, malgré son père et son cousin.

Lorsque le premier ministre, Spencer Percival, est assassiné par un déséquilibré, John Bellingham qui ne nie même pas son acte et qui a tout sauf le comportement d’un déséquilibré, la jeune Miss Hillier et le séduisant duc vont devoir faire front ensemble, car l’imbécile auquel elle était fiancée semble avoir trempé dans ce complot et a heureusement rompu leurs fiançailles, soi-disant pour qu’elle échappe au scandale, mais surtout parce qu’il désire fuir sur le continent.
Deux jours après cette rupture   et sa fuite, Sheldrake est tué dans un accident sur la route de Douvres.
Vu les circonstances, il est plus que probable que cet accident ait été provoqué ; Phoebe échappe de peu à deux tentatives d'assassinat aussi, tout cela à quelques jours seulement du procès de Bellingham.
Apparemment les ennemis de son ex sont persuadés qu’elle en sait beaucoup plus qu’il n’y paraît.

Ce qui est certain en tout cas c’est que la société bien pensante de Londres, la société du « ton », qui côtoie le prince régent et la noblesse, met la jeune femme au ban de la société = non seulement son fiancé a rompu leurs fiançailles, ça déjà c’est suspicieux, mais voilà qu’en plus elle ose se montrer,  immédiatement après, en société avec le duc possédant l’une des pires réputations de Londres, sinon de toute l’Angleterre. Les langues vont bon train.
La douce tante de Phoebe, lui servant de chaperon, est catastrophée, sa nièce adorée ne trouvera jamais un parti valable !

Comme si cela avait une quelconque importance face aux événements qui menacent la jeune femme, les conspirateurs ayant décidé d’éliminer tout ceux qui peuvent les gêner avant la pendaison du coupable. Heureusement, le duc et elle se démènent dans l’espoir de faire éclater la vérité, mais le complot est trop bien protégé.

Voilà un petit polar historique sans prétention, vite lu, divertissant qui m’a appris un événement de l’histoire d’Angleterre que j’ignorais complètement, à savoir le seul assassinat d’un premier ministre britannique qui pourrait être considéré comme l’affaire JFK de son époque.
Le style d’écriture était agréable et fluide ; à côté des événements politiques, les codes de société de l’époque « regency » sont bien amenés aussi.
Une bonne petite lecture de vacances, sans prise de tête, avec de l’humour et du suspense, un vrai contexte historique.

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Michelle Diener est une romancière britannique, auteure de romans et polars historiques. Née à Londres, elle a vécu en Afrique du sud et vit, actuellement, en Australie. En dehors de polars historiques, elle écrit aussi des romans de science-fiction et fantasy.

Sur base d’un fait historique avéré, elle imagine, comme ici,  une histoire avec des protagonistes sympathiques comme le couple Hillier/Wittaker et leurs personnels respectifs, prêts à les aider dans leurs entreprises dangereuses.
La romancière n’hésite pas ici à développer une théorie du complot, dont le but est de  faire de John Bellingham le bouc émissaire d’un complot visant à tuer Spencer Percival, devenu premier ministre après avoir été ministre des finances, personnage imbu de ses prérogatives, mais ayant pris des décisions (contre l’esclavage notamment) mécontentant plusieurs pairs du royaume. De plus il était de notoriété publique que le prince régent ne le supportait pas du tout.