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Par le théâtre de l’Escapade, en collaboration avec le théâtre  la Réplique 

Dans le cadre du festival CAROLUS V, célébrant les 500 ans du sacre de Charles de Habsbourg

Mise en scène = Pierre Ronti & Noel Baye
Décors =  Palais du Coudenberg – ancien Palais de Charles de Bourgogne
Costumes = Sophie Wiard

(source des illustrations = site du théâtre de l'escapade et photothèque google)

le palais du coudenberg (gravure) 

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Sur des faits historiques avérés = la captivité de François Ier par Charles V (Charles Quint) et ensuite les enfants du roi de France, gardés en otages, avec la signature d’accords que François Ier n’honora point sous prétexte d’avoir été extorqués sous la contrainte -  la dramaturge Viviane Decuypere (son site ici) a construit une pièce d’une réelle drôlerie.

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Oui l’histoire peut-être amusante lorsqu'elle est contée avec talent (d’ailleurs San Antonio nous l’avait déjà prouvé dans son Histoire de France).

Charles de Bourgogne aimait les Pays-Bas (n’oubliez pas la Belgique est née en 1830, l’histoire se passe au 16ème siècle !). Il était né à Gand, séjournait fréquemment à Bruges, Bruxelles et Malines – où sa tante Marguerite d’Autriche régnait en grande dame qu’elle était.
Il a des difficultés, notre Charelke – oui, il parlait français et néerlandais, avec un accent une fois, mais alors pas du tout d’espagnol. Pourtant il était aussi empereur d’Espagne. En fait son titre était Charles de Habsbourg, puis Charles Quint, mais lui il préférait Charles de Bourgogne et tenait absolument à retrouver la Bourgogne passée à la France.
La bataille de Pavie, perdue par François Ier, va lui donner l’occasion de négocier. Sa sœur Eléonore insiste d’ailleurs lourdement pour que cette négociation la prenne en compte, car elle est follement amoureuse du roi de France – ah les femmes ! je vous jure !

Ce que Charles ne sait pas encore c’est que François Ier n’est pas vraiment un honorable chevalier comme il le prétend, il va donner son accord, sans signature, et refuser ultérieurement de les signer, prétendant la « contrainte » puisque ses enfants étaient les otages de Charles.
Comme si ça ne suffisait pas, il y a Marguerite d’Alençon _  que l’on connaît aussi comme Marguerite de Navarre ou Marguerite d’Angoulême (vous vous y retrouvez vous ? bravo !) – folle de Charles Quint, qui lui ne rêve que d’Isabelle du Portugal. C’est d’un simple ces histoires …
Sur quelques années, nous assistons donc à la gloire de Charles puis de sa déconvenue, tout ça sous l’œil de Marguerite d’Autriche, qui va tenter la célèbre Paix des Dames avec Louise de Savoie, la mère du beau François.

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Charles va échapper à une tentative de viol par Marguerite d’Alençon (un moment très « hot » dans la pièce), il lui faudra bien avouer qu’il va bientôt se marier avec la belle Isabelle. François Ier viendra récupérer ses enfants, après 4 années de captivité de ceux-ci, et il pourra se gausser d’avoir roulé Charles dans la farine, car celui-ci ne récupérera jamais cette Bourgogne qu’il aime.
Il faut dire que François Ier ne jouera pas franc-)jeu, puis qu’il s’alliera avec les Ottomans et menace l’empereur Charles Quint. Il épousera néanmoins Eléonore, qu'il tiendra à l'écart de toutes les affaires de l'état - et puis il était si amoureux de la duchesse d'Etampes.

Entretemps, bien sûr, le pauvre Charles devra aussi faire face aux revendications de Louitje, le représentant des corporations des pays de Flandres ainsi que de Luis, le représentant des corporations espagnoles. Quelle vie !
Heureusement qu’il y a les boules (non pas de pétanque, les bonbons – boules étant un belgicisme).

Très difficile à résumer cette pièce réellement hilarante, qui multiplie les expressions bruxelloises – magistralement interprétée par les comédiens de deux troupes d’amateurs = L’Escapade, dont j’ai déjà vu pas mal de pièces, et la Réplique – des comédiens amateurs qui valent bien des comédiens professionnels =

Didier Milis (Charles de Bourgogne), Sonia Goossens (Marguerite d’Autriche), Sébastien Vanderick (comte de Lannoy), Marie-Laure de Behogne (Eleonore de Habsbourg), Jean-Marc Declercq (Louitje, Luis, Lou Barberousse le corsaire), Barbara Van Nuffel (Marguerite d’Alençon, d’Angoulême ou de Navarre – au choix), Alain Coupez (François Ier).

Inutile de dire que le site de l’ancien palais du Coudenberg se prêtait merveilleusement à la mise en scène.

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Site du palais du coudenberg ici

(les "vrais" - source d'inspiration)

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