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Parce qu’Antonus Crassus Samsala, organisateur de jeux du cirque et combats entre gladiateurs, en a eu assez de compter ses sesterces en achetant et vendant des esclaves, parce qu’un gladiateur mourant lui a confié qu’il sait qu’il existe dans le désert d’Egypte un temple dédié à la déesse Nout, qui renferme des richesses extraordinaires, Samsala plaque tout -  il en a marre des gladiateurs qui roulent des mécaniques pour séduire les riches patriciennes romaines, alors que lui ne récolte que des regards légèrement méprisants ou de pitié.
La pyramide en question a été aspirée par des sables mouvants ; c’est celle de la grande prêtresse-magicienne  de Nout, déesse du ciel,  AnkhNoût, embaumée et ensevelie avec ses prêtres et serviteurs, tous revêtus d’or. Bref de quoi ne plus jamais devoir s’occuper des gladiateurs.

Samsala fait appel à Akaris, un chamelier, qui lui déconseille vivement ce voyage – la plupart de ceux qui ont tenté l’expérience n’en sont pas revenus, ou alors revenus fous de douleur, car les tempêtes de sable dans le désert ne pardonnent pas et celles aux alentours de l’ancienne pyramide sont particulièrement atroces.
Antonus s’obstine, découvre un obélisque dans l’ancien temple et à la suprise d’Akaris, il revient. Mais dans quel état !!
Et il veut son trésor.

Le chamelier fait alors appel aux « Cavaliers », un couple des plus surprenants = une géante et un cul-de-jatte, Junia et Shagan, deux êtres que la vie n’a pas ménagés vu leurs difformités.
Après un terrible passage chez un  forgeron, sur les berges d’un volcan, ils ont fui et forment une équipe, semblable à un centaure humain = le travail de la forge a décuplé la force de ses bras à lui et elle court et le porte partout où l’on a besoin de mercenaires – ils vivent de pillage et d’assassinat, mais avaient-ils un autre choix, difformes et rejetés comme ils le sont.

La tâche qui leur est confiée par Samsala est donc de retrouver l’obélisque, ainsi qu’une jeune aveugle gardée jalousement dans le temple par les prêtres d’Ankhnout.
Son sens du toucher étant particulièrement développé, elle pourra déchiffrer ce qui reste de hiéroglyphes sur l’obélisque et établir le lieu précis où les sables mouvants ont engloutis la pyramide.
La petite Tanita-Taït, si elle est très savante malgré sa cécité, est aussi une réelle petite peste qui a très bien compris ce que l’on attend d’elle. et n'a pas l'intention de laisser les autres décider pour elle.
Peu de temps après son arrivée au campement, tous les chameliers seront assassinés et elle est enlevée avec Akaris par les prêtres d’Ankhnout qui les ont suivis.
Il ne reste plus à Junia et Shagan que de retourner vers le temple et obéir au fanatique grand-prêtre.
Où d’étranges fantômes semblent les entourer… hallucinations dues aux drogues ? probablement, mais le kâ la grande prêtresse montre des signes d’impatience.

Qui va l’emporter ? le fanatisme religieux ou la cupidité ? ce serait peut-être la mort que cela n’aurait rien de surprenant.

Alors que je suis plongée dans un roman historique passionnant, je me suis surprise à « feuilleter » ce thriller de Serge Brussolo, et comme toujours, avec un Brussolo, on reste accroché car avec son talent de conteur, même dans l’horrifique, on a envie de savoir comment se termine l’histoire.

Comme souvent dans ses romans, il ne nous épargne pas quelques détails  assez sanglants, mais cette histoire n’est pas non plus un conte de fées – quoique les contes de fées ne soient pas non plus des histoires pleines de délicatesses.
Il faut parfois s’accrocher dans les descriptions de Serge Brussolo, mais lorsqu’on le sait avant de s’engager dans l’un de ses récits, cela passe.
Par ailleurs, certaines situations sont à la limite du vraisemblable, mais après tout l'histoire nous plonge dans un roman d'aventures et mystère

Les personnages « Cavaliers » sont sympathiques, malgré leurs mentalités très dures ; il est vrai qu’ils ont été élevés dans des conditions qui n’engagent pas à la délicatesse. Mais ils ont leur amitié, leur fidélité l’un à l’autre à travers cette amitié et une détermination de devenir riches afin de pouvoir enfin ne plus vivre de rapines et de morts.
Cependant, si la chasse au trésor et à la pyramide engloutie m’a passionnée, j’ai trouvé trop longs les chapitres consacrés à la vie de Junia et Shagan.

En principe, ce thriller mettant pour la première fois les « Cavaliers » en scène devait être le premier d’une série, mais il semble que ce projet ait été abandonné temporairement – il paraît aussi qu’il est dans les habitudes de l’auteur d’entamer ce qu’il pense donner lieu à une nouvelle série, puis de se désintéresser du sujet.
Personnellement, je trouve qu’une seule histoire avec ces personnages ne laisse pas le lecteur sur  sa faim, une série n’est pas vraiment nécessaire.

nout