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Titre français = identique

Première enquête de Maisie Dobbs, psychologue et détective privé

En 1929, Miss Maisie Dobbs, psychologue et enquêtrice, installe son bureau à Londres – elle reprend le cabinet d’investigations de son mentor, Maurice Blanche, un homme qui l’a poussée aux études, lui a transmis tout son savoir mais bien plus que cela, lui a révélé ce qui se cache dans tout être humain à commencer par elle.
Son premier client est un homme, convaincu que son épouse le trompe ; deux fois par semaine, elle quitte le domicile immédiatement après lui et revient à l’heure pour l’accueillir – mais entre ces deux moments de la journée, il est convaincu qu’elle a une relation extra-conjugale. Miss Dobbs accepte cette tâche, tout en surprenant son commanditaire en lui demandant ce qu’il compte faire des informations qu’il recevra. L’homme parle de divorce évidemment, quelle question !

Maisie entreprend donc de suivre Mrs. Celia Davenham, qui – à la surprise de l’enquêtrice – se rend dans le cimetière d’un petit village du Kent – où elle fleurit la tombe d’un homme nommé « Vincent », sans aucun autre nom. Le fossoyeur confirme que cette jolie dame vient régulièrement depuis longtemps, que d’autres tombes portant seulement un prénom se trouvent dans ce cimetière.
Miss Dobbs se lie avec Mrs. Davenham, l’enquêtrice-psychologue a le don de mettre les gens à l’aise par son empathie et bien vite Celia lui parle de Vincent, son amour de jeunesse, mort au retour de la guerre après un passage dans une maison de repos nommée « The Retreat », un lieu où les jeunes gens, traumatisés physiquement et moralement après la guerre 14-18, peuvent s’installer sans risquer les regards apitoyés ou se détournant de leurs blessures horribles.
Ils y sont entre eux, travaillent aux champs, sous l’œil vigilant – bienveillant ? – d’un certain major Jenkins. 

Lorsqu’elle convoque le mari pour lui apporter ses conclusions, elle lui fait comprendre que son épouse a une blessure de jeunesse, qu’elle ne lui est en rien infidèle – ce dont elle a besoin est de compréhension et de se changer les idées. Ce que l’homme accepte comme convention.

Au cours d’une soirée avec Lady Rowan Compton, à qui elle doit tout, Maisie Dobbs à sa grande surprise, apprend de sa bienfaitrice que son fils James, profondément déprimé par ce qu’il a vu au front dans cette « grande guerre » - qui n’a de grande que le nom – a décidé de s’installer à la « Retraite », que comme tous ceux qui s’y installent, il devra céder ses biens. Inutile de dire que lord et lady Compton ont fait en sorte que leur fils ne puisse pas disposer de toute sa fortune !  lady Rowan demande à Maisie d’enquêter sur cette « retraite », quelque chose la chiffonne et Maisie n’est que trop contente d’avoir cette enquête car elle n’est pas à l’aise avec cette propriété.

Avec l’aide de Billy Beale, qui l’aide par de petits bricolages après avoir reconnu en elle la jeune infirmière qui aida le docteur à le sauver au front.

Quel plaisir que cette découverte ! quel bonheur de lire une histoire belle, émouvante, bien écrite (surtout après la déception et l’abandon récents) – qui fait revivre le grand malheur des « gueules cassées », tous ces malheureux jeunes gens victimes d’une guerre  ignoble comme toutes les guerres.
A peine entamé, je n’ai eu de cesse que de terminer le roman car l’histoire est palpitante, surtout au point de vue de la psychologie des personnages.
J’ai donc profité du très mauvais temps de ce lundi de janvier et d’une nuit d’insomnie pour me plonger là-dedans sans avoir envie d’en sortir, même pour manger !

Après une première partie consacrée à l’enquête Davenham, les lecteurs apprennent comment la petite Maisie, orpheline de mère, fille d’un marchand des 4 saisons dans les rues londoniennes du début des années 1900, est devenue miss Maisie Dobbs, enquêtrice-psychologue.
Après la mort de son épouse, Francis Dobbs se sent malheureux de voir sa petite fille de 13 ans devenir la maîtresse de maison, alors que son épouse et lui avaient tant d’espoir de lui faire faire des études.
Hélas les frais médicaux ont « mangé » tout l’argent pour les études et les notes sont lourdes à payer.
Pour cette raison, il demande au butler des Compton si sa fille pourrait trouver du travail dans la grande maison.

Maisie adore les livres, adore apprendre et c’est ainsi qu’un jour, au petit matin, elle est découverte dans la grande bibliothèque par lady Compton.
Commencera alors, grâce à celle-ci et un ami de la famille, le dr Maurice Blanche, un apprentissage intellectuel qui conduira notre petite Maisie jusqu’à Cambridge, à la fierté de toute la maisonnée. Même si parfois cela posa problème.
Une camarade de Cambridge, l'amusante Priscilla,  va la jeter dans la  « grande guerre »,  mettant ses études temporairement en réserve. Ainsi fera-t-elle la connaissance du sympathique docteur Simon Lynch.

J’ai réellement aimé voir le développement de la petite fille, trop sérieuse pour son âge, devenir une jeune femme intellectuellement brillante, au point de reprendre le bureau d’investigation de son mentor.
Se changer aussi en jeune fille amoureuse, au milieu hélas des horreurs de la guerre.
Une enquête avec un rebondissement  dramatique, qui nous permet d’encore mieux comprendre la personnalité de la jeune femme.
J'ai aussi apprécié que la romancière Jacqueline Winspear nous parle avec vérité des tranchées, de la peur, de la crasse, qui étaient non seulement le quotidien des soldats - tous très jeunes - mais aussi du corps médical dans l'horreur des tranchées.
Tout ceci, à l'aube de la célébration du triste anniversaire de la guerre 14-18, qui m'a fait penser à ce qu'a souffert mon grand-père adoptif, qui subit le gaz moutarde dans les tranchées d'Ypres. Une histoire qui m'a touchée de près. Tous ne sont pas morts, mais ceux qui sont revenus ont été hantés toute leur vie par ce qu'ils vécurent.
Un roman plus psychologique qu'une simple enquête.

Voilà donc une héroïne que j’ajoute à mes multiples investigatrices – certaines détectives-amateurs comme Daisy Dalrymple, d’autres réelles enquêtrices comme la compagne de Sherlock Holmes, Mary Russell, ou encore Irene Adler & Penelope Huxley.
Sans oublier Precious Ramotswe en Afrique,  Sœur Fidelma, en Irlande du 5ème siècle de notre ère ou Mrs. Jeffries dans l’Angleterre edwardienne.

Pour ne citer qu’elles. 

Merci à Manu, qui m'a fait découvrir cette héroïne (nouvelle venue pour moi qui va plus que probablement agrandir ma PAL ;) ) -

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