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Titre anglais = The Last Man on earth
Titre français  = Je suis une légende (mais aussi « Le Dernier Homme sur terre »)

Version 1964

Scénario de F. Monetti, U. Ragona, W. Leicester & Richard Matheson (sous le pseudonyme de Logan Swanson) 

Une ville des USA, en 1968,  6 heures du matin – dans les rues, nulle vie, des cadavres jonchent le sol ça et là. Un homme se réveille dans sa maison, seul, écrasé par sa solitude et l’angoisse d’être confronté et contaminé par ceux qu’il pourchasse afin de les exterminer par un pal, car s’ils ne sont pas détruits par le feu ou par le pal dans le cœur, ils reviennent à la vie et se nourrissent de ceux qui restent et sont incapables de leur résister.

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Par le biais de ses souvenirs, on apprend que l’homme est un scientifique, le bio-chimiste Robert Morgan, dont l’épouse et la petite fille ont été détruites par ce même virus inconnu, venu d’Europe peut-être par l’air…
Les scientifiques n’en surent jamais rien, nièrent la gravité du danger lorsqu’il se présenta – seul le jeune voisin et ami de Morgan, Ben, lui aussi scientifique, estimait qu’il fallait oser d’autres recherches, d’autres moyens de découvrir un virus. Ben a fini par céder aux superstitions et puis est devenu un mort-vivant comme les autres, acharné à la perde de son ancien ami.
Par un certain hasard, Robert Morgan semble immunisé contre le virus, cela le rend dangereux pour une faction – que l’on découvre tard, via une certaine Ruth.  Il s’agit d’un groupe sectaire, infecté mais ayant découvert un virus. S’ils s’injectent ce virus régulièrement, ils peuvent mener une existence « normale »; ils ont décidé de construire une nouvelle société après destruction de tous les morts-vivants.
Ils ont aussi décidé la destruction de Morgan, dont ils ont peur car il a détruit certains de leurs compagnons.

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Toute première version au cinéma du célèbre « I am a Legend » de Richard Matheson, d’après sa nouvelle.
Avant les remakes « The Omega Man » (avec Charlton Heston)  et « I am a legend » (avec Will Smith).

Personnellement, j’ai beaucoup aimé cette version noir et blanc, où l’on sent le petit budget, mais une envie réelle de faire passer l’angoisse – comme ces premières scènes d’une ville où toute vie a disparu.
Le noir et blanc, comme toujours (à mes yeux du moins), aide à jouer sur la peur et l'angoisse. Les décors, eux, sentent le petit budget, mais ces scènes de ville vide, désolée, sont impeccables.

Il m’a été difficile de ne pas voir dans ce « virus destructeur venu d’Europe », une allusion au communisme puisqu’on n’est pas très loin de la guerre froide lors de la réalisation du film et la paranoia américaine dans ce domaine était loin d’être terminée.

Vincent Price ne fut pas le choix souhaité par Matheson pour interpréter son personnage, et pourtant, malgré un certain cabotinage, je l’ai trouvé très bon, très crédible dans cet homme accablé par la culpabilité,  le destin et la solitude.
Son jeune voisin et ami est joué par Giacomo Rossi-Stuart (père du séduisant acteur italien Kim Rossi-Stuart).

Toute la distribution est en fait italienne, puisqu’il s’agit d’une co-production italo-américaine, Vincent Price étant le seul acteur américain.

La raison pour laquelle Matheson n’apprécia guère le choix de Price est qu’il estimait que celui-ci – pourtant excellent acteur à ses yeux – n’était pas « son » personnage à lui Matheson.
Pour montrer qu’il se démarquait du film, il choisit un pseudonyme en qualité de scénariste afin de pouvoir toucher les dividendes éventuels.
Vincent Price, par contre, apprécia beaucoup son rôle et l’histoire, disant avoir joué autant que possible  la carte de la sobriété.

Bien qu’il ait eu très peu de succès à sa sortie, le film d’Ubaldo & Salkow a peu à peu atteint une certaine renommée, sinon position culte, et beaucoup de critiques cinématographiques s’entendent à dire qu’il s’agit de l’un des meilleurs rôles de Vincent Price.

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Le cinéaste George Romero affirme que  ce film-ci  l’inspira pour son célèbre  « Night of the Living Dead »,  de même que le roman de Richard Matheson, affirmant qu’il en a littéralement extrait la substance pour son histoire à lui.