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à la Maison de la Bande Dessinée
(antre de perdition #12)

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C’est avec un énorme plaisir que je partage cette  visite d’une exposition pas très grande, mais remplie d’excellents souvenirs comme l’adorable ISABELLE & sa famille loufoque, TIF & TONDU, tous issus de l’imagination et des crayons de l’un des grands maîtres de la bande dessinée belge à savoir WILLY MALTAITE, mieux connu sous la signature de WILL.

(cet essai de biographie est adapté et résumé de la monographie que j’ai eu le plaisir de recevoir de l’artiste, 5 ans avant son décès survenu en 2000, et dédicacé de sa main – illustrés par mes photos prises dans l’expo) 

Le livre s'intitule « Collection Privée », à sa manière il aurait pu servir de catalogue à cette exposition, puisque WILL y est interrogé et relate les événements de sa vie de peintre et dessinateur, grand ami de JIJE et André FRANQUIN – tous de l’école de Marcinelle.

Willy Maltaite naquit en 1927 dans une petite ville belge, située entre Dinant et Philippeville , dans une famille de 4  enfants – une famille recomposée en quelque sorte puisque ses parents étaient veufs avec enfants chacun, il est le petit dernier issu de ce mariage.
Même si WILL est le seul de sa famille a être devenu dessinateur, les enfants des enfants sont eux devenus des artistes dans des domaines différents = sa nièce, dont j’ai eu la chance d’être une copine, était aquarelliste, l’un de ses neveux est sculpteur, etc.

WILL s’est mis à dessiner à l’âge de 4 ans ; tous les enfants aiment dessiner – heureusement pour eux d’ailleurs – comme la mère de WILL peignait à l’huile, dans le style naïf, pour son plaisir uniquement, elle fut très heureuse d’avoir un fils qui savait dessiner et l’a encouragé.
Malheureusement, à l’époque où ses parents voulurent l’inscrire dans une école d(‘art, c’était la guerre et donc trop compliqué. Le jeune Willy a donc été inscrit dans une école  de Maredsous, où on enseignait, entre autres, l’orfèvrerie.
Recalé à tous les examens, sa mère persévéra, l’inscrivant à un cours de dessin par correspondance, ensuite montra les dessins de son fils à l’école industrielle de Dinant, là on lui   conseilla de s’adresser à Joseph Gillain, alias JIJE.
Ce dernier était déjà une fameuse référence à l’époque puisqu’il était le dessinateur vedette du journal Spirou – en 1944, il s’occupait de 3 séries en même temps = Spirou, Valhardi, Christophe Colomb.
WILL fit donc son apprentissage chez JIJE, qui l’encouragea à s’inscrire à l’académie de sculpture, après lui avoir enseigné les règles de la perspective, en lui faisant faire des exercices à répétition.
Malgré son grand succès à l’académie, WILL, par manque de temps et d’argent, arrêta la sculpture, mais resta chez Gillain jusqu’à la fin de la guerre. C’est alors que Franquin et Morris sont venus travailler chez cet homme charismatique, qui attirait beaucoup de jeunes dessinateurs = Peyo, Roba, en plus des 2 pré-cités.
 

WILL a commencé la bande dessinée avec JIJE, puis lorsque ce dernier partit pour les USA, Will a commencé une série « le Mystère de Bambochel », que les éditions Dupuis refusèrent et qu’il édita à titre personnel avec un cousin imprimeur. L’album remporta un joli succès.
Le départ des Gillain, en compagne de Morris & Franquin, fut un grand chagrin pour Will, car tout le monde dessinait et vivait chez JIJE – son épouse était une femme épatante qui nourrissait toute la bruyante équipe.
Lorsqu’ils revinrent des Etats-Unis, JIJE est parti pour le midi de la France et Will partit le rejoindre ç Cassis où il vécut pendant un an.

En 1947, pendant l'absence de JIJE, le jeune homme rencontra  Hergé  – arrivé au domicile d’Hergé avec ses dessins, sans avoir pris rendez-vous, il ne fut pas reçu par celui-ci, mais Will – sans réfléchir – mit son pied dans l’ouverture de la porte. Hergé a alors daigné regarder les dessins et a émis le souhait de l’engager et travailler pour le journal Tintin.
Cela ne put se concrétiser pour une question de pourcentage obligatoire d’emplois de dessinateurs français.
Heureusement pour WILL, les éditions Dupuis le recontactèrent afin qu’il dessine « TIF & TONDU » sur un scénario de Fernand Dineur.

Il rencontra ensuite ROSY, directeur artistique chez Dupuis, ainsi qu’Yvan Delpote, rédac’chef du journal Spirou où régnait une très bonne ambiance et où Delporte et Franquin répartissaient le travail.

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Avec Rosy, nouveau scénariste de TIF & TONDU, la complicité fut excellente et cela se retrouve dans les romans graphiques.

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Lorsqu’on dit à Will que ses décors, le mobilier, les voitures, étaient avant-gardistes, il répond simplement qu’il « dessinait, c’est tout ».
Puis Rosy arrêta la BD pour se lancer, avec succès, dans la publicité, et c’est Maurice TILLIEUX (papa de Gil Jourdan) qui reprit le scénario.

Vint alors l’époque « ISABELLE » et son joli monde poétique, auquel hélas le public n’accrocha pas vraiment et c’est réellement dommage, il y a dans ces romans graphiques un univers comme nulle part ailleurs (ndlr).

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WILL a toujours aimé peindre, plus encore que dessiner = dans sa maison, portes, meubles, sont décorés par lui.

Un autre beau projet est celui du « Jardin des Délices », une histoire pour adultes, qui ne fut pas éditée à beaucoup d’exemplaires mais a été rééditée à l’occasion de cette exposition.

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Parmi les peintres, admirés de Will, il y a Van Gogh, Rembrandt, Picasso – l’artiste reconnaît toutefois ne pas avoir été attiré par les surréalistes.
Lorsqu’il accorda l’interview qui sert à la monographie, WILL a reconnu se sentir un peu dépassé par tout ce qui était désormais sur le marché. Ce qui, toujours selon lui, n’enlève strictement rien à la créativité générée.
La monographie comporte encore de sympathiques témoignages des nombreux amis et collaborateurs de WIL, qui était aussi un peintre d’exception, et un homme bon et modeste.

2 programmes pour l'opéra de wallonie

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les belles de Will 

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