61232945_p

la_tombe_de_ligeia_8220_1318081997 220px_Tombofligeia

chute_de_la_maison_us_ii_to_2_g

tomb_of_ligeia

Titre français = La tombe de Ligeia

Scénario de Robert Towne & Paul Mayersberg librement adapté de la nouvelle d’Edgar Allen Poe « Ligeia »

Dans les ruines d’une abbaye, un homme enterre son épouse dans le cimetière des lieux, qui lui appartiennent, mais le pasteur du village veut l’en empêcher prétendant que son épouse défunte avait signé un pacte avec le diable. L’homme n’en tient pas compte et  le cercueil est mis en terre.

Tomb_of_Ligeia_504

A quelque temps de là, la jeune lady Rowena Trevanion n’en fait qu’à sa tête et plutôt que de poursuivre un renard qui ne lui a rien fait, arrive dans les ruines de l’abbaye où elle découvre la jolie tombe. Verden Fell, propriétaire des lieux, étant apparu brusquement, le cheval de Rowena se câbre et elle est projetée par terre, heureusement sans gravité, sauf cheville foulée. Son chevalier servant, Christopher Gough, également un grand ami de Fell, les rejoint.

 ligeia1

Verden Fell attire la belle Rowena, comme un papillon de nuit est attiré par la lumière, elle s’amuse à le provoquer, elle se moque du fait qu’il se cache derrière d’étranges lunettes foncées, jusqu’à ce qu’elle comprenne qu’il a un réel problème avec la lumière. La belle repart mais le lendemain, têtue comme une mule et réellement attirée par le beau ténébreux, elle entre carrément dans la maison.
Il est évident que la jeune femme est déterminée à devenir la 2ème madame Verden Fell, hélas l’esprit de Ligeia, la première épouse, règne encore en maîtresse sur les lieux – personnifiée par un chat noir omniprésent, qui prend Rowena en grippe.
Verden Fell, toutefois, craque pour cette ravissante rousse.

tomb_of_ligeia_a

En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, les voilà mariés – finies les lunettes noires pour Verden et à eux la lune de miel. Tout se passe à merveille pour les nouveaux mariés et Verden Fell est heureux d’annoncer à sa nouvelle épouse que Gough, qui est avoué, s’est chargé de la vente de l’abbaye. Bientôt ils pourront s’installer ailleurs.
Hélas, trois fois hélas, tout d’abord Christopher annonce n’avoir trouvé aucune trace de l’acte de décès de Ligeia et l’abbaye lui appartenant, on ne peut donc la vendre sans certitude de ce décès. Si le corps n’est pas dans la tombe, il risque d’y avoir enquête !

A partir de ce jour-là, l’attitude de Fell change à nouveau, il remet ses lunettes noires et passe ses nuits non pas auprès de sa jeune épouse (mais qui n’est peut-être pas vraiment son épouse) mais dans la tour ; Kenrick le majordome connaît le secret de son maître, mais refuse de parler.
Rowena fait des cauchemars, où le chat semble l’attaquer – un soir elle décide de le poursuivre jusque dans la tour où elle confronte Verden = elle veut la vérité ! par sa curiosité, la jeune femme va provoquer le malheur.

 936full_the_tomb_of_ligeia_screenshot

J’adore jouer à me faire peur, c’est bien connu et rien de tel qu’un film de Roger Corman, interprété magistralement comme toujours par Vincent Price pour trembler sous la couverture.
Dans le rôle de Verden Fell, Vincent Price une fois encore est ambigu et effrayant à souhait. 

Elizabeth Sherperd interprète le double rôle de la rousse lady Rowena Trevanion et de la sombre Ligeia. Personnellement je l’ai trouvée assez exaspérante dans sa manière de vouloir tout savoir, de repousser tout le monde dans ses derniers retranchements. Mais bon, c’est le rôle qui voulait ça je suppose.
John Westbrook joue le rôle de Christopher Gough, amoureux éconduit mais qui n’a pas dit son dernier mot.
Le sympathique et tout en rondeur père de Rowena, lord Trevanion est joué par Derek Francis. L’étrange majordome Kendrick est interprété par Oliver Johnston.

Ce film est le dernier des 8 films que Roger Corman réalisa à partir de l’œuvre d’Edgar Allan Poe.
C’est le prieuré de Castle Acre dans le Norfolk qui servit de décor au film – l’endroit est magnifique et très bien photographié par Arthur Grant.
Les lieux sont parfaits pour l’ambiance gothique qui règne dans cette histoire. Les effets spéciaux sont bien "à la Corman" = bruit du vent dans la bâtisse, rideaux qui bougent, ombres et lumières, pas du style "blockbuster" américain, mais très efficace.

 800px_CastleAcrePriory1

Roger Corman était catalogué comme réalisateur de séries B et pourtant il est considéré comme un maître par toute une série de réalisateurs devenus célèbres entretemps et dont certains, comme Francis Ford Coppola, travaillèrent sous ses ordres (Jonathan Demme, Peter Bogdanovich, Ron Howard, Martin Scorsese, James Cameron et bien d’autres).
Il aida également des acteurs comme Jack Nicholson, Peter Fonda, Dennis Hopper, William Shatner à se lancer dans leur carrière.

En 2009, la profession se décida tout de même à reconnaître ses mérites en lui donnant un oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.
Roger Corman (toujours en vie) s’amuse beaucoup en déclarant que l’on ne considérait pas ses films à petit budget, comme des chefs d’œuvre, ce qu’il avoue qu’ils ne sont pas, mais au moins ajoute-t-il avec humour « je n’ai jamais coûté un centime à personne ».