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A la Vill’Hervé, pratiquement au bord de la falaise près de la mer, on trouve les sœurs Verdelaine = Enid (9 ans), Hortense (11 ans), Bettina (14 ans), Geneviève (16 ans). Toutes sous la houlette de leur grande sœur Charlotte, dite Charlie, depuis la mort, il y a 2 ans de Fred et Lucie Verdelaine, décédés dans un accident de voiture.

Charlie, 23 ans, est celle qui porte tout sur les épaules = la chaudière qui refuse de démarrer en hiver, les bulletins de la sécu à remplir, le problème de « comment bouffer à la fin du mois. Ce n’est pas que nos petites amies ne soient pas aidées financièrement = il y a la pingre Tata Lucrèce et son antipathique petit chien Delmer, qui déteste Ingrid et Roberto, les chats.
Charlie a un amoureux depuis la fac’ – elle « faisait » médecine, mais la disparition des parents l’a promue d’insouciante étudiante à chef de famille, bref elle est co-tutrice avec Tante Lucrèce, qui leur envoie un chèque chaque mois mais adore se faire prier pour l’envoyer. Heureusement que Basile est un habitué de la Vill’Hervé 

Enid – l’automne – la plus jeune (et la plus gourmande) des sœurs Verdelaine adore les animaux, en dehors d’Ingrid et Roberto, elle s’occupe aussi d’un écureuil et d’une chauve-souris. Elle a une imagination débordante et adore parler à un gnome de la chasse d’eau ; elle entend un fantôme, elle parte à des petits êtres qui se cachent dans le jardin. Imagination débordante et pose toujours les questions qu’il ne faut pas au moment où l’on s’y attend le moins.
Hortense – l’hiver – elle, c’est la timide, celle qui tient un journal intime, qui se trouve moche et bête. Lorsqu’elle suivra le cours de Zermontov, elle éblouira tout le monde par son talent de comédienne. Elle aura l’aide d’une adorable amie, Muguette, bien malade hélas et sous la protection de son infirmière Cécilia à qui elle essaie d’échapper le plus souvent possible.
Bettina – le printemps – alors là, Bettina c’est un cas ! passe plus de temps dans la salle de bains que toute la famille réunie, change de frusques 5 fois par jour. Trouve les autres bêtes et moches, sauf ses copines. Par méchanceté gratuite elle va se faire beaucoup de chagrin, mais n’est pas ainsi qu’on apprend la vie ?
Geneviève – l’été – la douce, la gentille, la conciliante, celle qui adore préparer des gâteaux. Qui n’ a pas envie de dire à ses sœurs qu’elle apprend la boxe thaïe.
Charlotte, dite Charlie - l'aînée, la sage, celle sur les épaules de qui tout repose - qui a un amoureux transi, le sympathique Basile - seulement, lorsque débarque un hôte payant (les factures s'accumulent !), jeune, séduisant, le coeur de Charlie se met à battre un peu plus vite. 

Et toutes les 5 ont un grand secret = elles « voient » leurs parents, Fred et Lucie Verdelaine leur « apparaissent » chaque fois que les choses se gâtent un peu ou beaucoup. Et chacune d’entre elles cache aux autres ces « apparitions », pas envie d’être prise pour une folle.

« Quatre Sœurs » est un livre intelligent, qui parle d’amour familial, de deuil, de résilience. D’amours naissantes, anciennes, perdues, retrouvées. D’amitié, de bêtise, parfois de méchanceté.
Tendre, émouvant, joliment étudié, plein d’humour et de tendresse – qu’en dire de plus et pourtant je voudrais en parler pendant des heures de ce beau roman en quatre grands chapitres portant le nom de l’une d’elles et d’une saison.

Plus un épilogue qui m’a serré la gorge d’émotion.
C’est à regret que j’ai refermé le livre lorsque la dernière page fut lue et tournée, j’avais envie que cela ne se termine jamais. Pendant un an de leur vie on les suivra dans cette maison bringuebalante, au gré de leurs rencontres familiales ou non (il y a même un inspecteur de police qui s’en mêlera !).

Les noms des copains et copines des cinq sœurs m’ont souvent fait rire aussi = dans le livre on croise des Muguette, Colombe, Gersende, Béhotéguy, Gulliver, Merlin,  Tancrède, etc. J’adore les prénoms originaux d’autant plus que le mien est banal à crever ; ce qui m’a bien plu aussi est le fait que tous ceux et celles qui portent ces prénoms hors du commun ne sont nullement dérangés par eux, les portent avec  la plus grande simplicité come si c’était la chose la plus naturelle au monde.
Le livre est une galerie de personnages vivants, parfois très comiques comme cette fameuse tante de Muguette, Tante Valériana. Un régal ! 

Je ne peux que recommander plus que vivement la lecture de l’histoire de cette belle famille, elle aussi hors du commun.

Adaptation en roman graphique de
Quatre Sœurs – 1er tome = Enid
de Malika Ferdjoukh pour le texte & Cali Baur pour le dessin

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Alors là, c’est le bémol de chez bémol – le désappointement total pour ma part.
L’histoire reste joliment contée, forcément, mais le dessin c’est vraiment n’importe quoi. Si les frimousses des personnages sont mignonnes, tout le reste ressemble à des griffonnages rapides, comme si la dessinatrice avait hâte d’en finir. C'est de l'ordre des esquisses, le genre d'esquisses que je dessine rapidement lorsqu'une idée me vient pour un dessin mais que je ne soigne absolument pas, qui sera plus élaboré le moment venu.

Les décors sont réellement à pleurer. La seule page que j’ai aimée est la dernière, avec les chats  Ingrid et Roberto autour d’Enid.
Je comprends que lorsqu’un texte plait, on ait  l'envie d’en dessiner des passages, voire tout. Personnellement cela m’arrive souvent lorsque je lis un conte pour enfants, mais je trouve que ce joli roman en quatre chapitres plus un épilogue ne demandait pas cela.

Ce roman graphique, que je trouve inutile à l’histoire des Sœurs Verdelaine ne m’a pas plu et je ne poursuivrai pas les 3 prochains chapitres.
Je ne trouve pas d'ailleurs que ce soit intéressant de mettre des dessins aussi rudimentaires entre les mains de jeunes lecteurs, ils valent mieux que ça. Je ne vois pas l'intérêt de roman graphique en fait.

Je préfère rester sur l’émotion ressentie à la lecture du roman. Car c’est un peu cela que je reproche au roman graphique = il n’a pas suscité beaucoup d’émotion en moi.
Peut-être suis-je passée à côté, cela arrive, mais je préfère me souvenir du roman.

D'autres billets sur les adorables Soeurs Verdelaine = lesjardinsd'hélène,  clarabel, livraddictraisonetsentiments, maribel, cathulu. (n'hésitez pas à me signaler si vous l'avez lu, j'ajouterai votre lien avec grand plaisir)