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Relatée par son ami le docteur Watson, après une courte brouille pour raison de « dames » ; tout le monde le sait Sherlock Holmes a trouvé en Irene Adler un adversaire digne de lui et n’aime pas trop se le faire rappeler. Rendu amer par cette expérience, il n’hésite pas à faire des remarques sarcastiques à Watson à propos de ses fiançailles avec Mary Morstan. Heureusement que John Watson a bon caractère.
Les revoilà donc ensemble au 221b Baker Street, où le grand Sherlock s’ennuie à mourir, espérant un jour trouver enfin ! un adversaire à son niveau, son Mr Hyde en somme, son alter ego criminel. Un Napoléon du crime.
Cette opportunité lui est offerte par un (ou est ce une) criminel(le) qui lui envoie des mots le défiant, signés « Le Cancrelat ».
Trois jeunes femmes sont assassinées de manière horrible, vidées de leur sang après étranglement. Pour Londres qui n’arrive pas à oublier les horreurs de Jack l’Eventreur, le cauchemar recommence. Pour Mycroft Holmes, il ne peut s’agir que d’un complot anarchiste, la première victime étant l’épouse de l’ambassadeur de Paulin. 

Sherlock Holmes a une piste, celle d’Ariane Saint-Cyr, une superbe jeune femme peintre, aussi intelligente que belle – intelligence qui ne manque pas de surprendre ce sexiste de Holmes. Lancés sur sa piste, Holmes et Watson se retrouvent à Paris où ils rencontrent Alphonse Bertillon, le criminologue inventeur de l’anthropométrie judiciaire, qui sera ultérieurement remplacée par le système des empreintes digitales.
Toujours à Paris, Miss Saint-Cyr leur fera aussi rencontrer la compositrice Augusta Holmès (qui serait une lointaine cousine de Sherlock). Bref un séjour culturellement intéressant, mais pas d’assassin en vue au désappointement du dr Watson.

De retour à Londres, Holmes affronte l’ironie de Lestrade et le mécontentement de Mycroft qui s’en tient dur comme fer à sa théorie des anarchistes ; il les ignore et tisse son piège au « Cancrelat ».

Ce pastiche des aventures de Sherlock Holmes par Béatrice Nicodème m’a plu – l’écriture en est simple (mais pas simplette), cela se lit avec une grande facilité et surtout = je n’avais aucune idée de qui était « Le Cancrelat ».  Surprise donc, et bonne de surcroît.
Mais cette surprise n'est pas la seule - il y en a 2 autres à la fin de ce court et sympathique roman - l'une dont on se doute rapidement (ça au moins je l'avais compris) et une autre, celle-là est de taille !

J’ai apprécié aussi les multiples références aux romans ou nouvelles de Conan Doyle, et la manière dont Sherlock Holmes parle des écrits de John Watson, écrits qu’il considère comme une prose sentimentale exaspérante.
Une autre lecture divertissante, comme je les apprécie ces temps-ci, loin des polars nordiques – même si le Londres du 19ème siècle n’a rien à envier aux ambiances glauques actuelles du nord de l’Europe.

On y croise brièvement des personnages ayant réellement existé – comme cette célèbre Augusta Holmès, dont je n’avais jamais entendu parler, compagne du poète Catulle Mendes, filleule d’Alfred de Vigny, étudia auprès de César Franck qui en tomba amoureux. Elle eut 2 fils et 3 filles – ces dernières furent immortalisées sous le pinceau de Pierre Renoir. Camille Saint-Saens la demanda en mariage, mais elle préféra Catulle Mendès.

En lectrice de polars, je connaissais évidemment l’existence d’Alphonse Bertillon
Et quel plaisir aussi de retrouver le chien Toby.

Béatrice Nicodème est aussi connue pour sa série de romans jeunesse mettant en scène le jeune Wiggins, l’un des Baker Street Irregulars dont 6 aventures ont été relatées sur cecile(Sblog), mais aussi chez matilda, marion et sur le blog d'argali.
L'avis de cecile(Sblog) sur ce "Défi à Sherlock Holmes".

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