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Version 2011
Scénario de Moira Buffini d’après le roman éponyme de Charlotte Brontë

Lorsque le film commence, Jane Eyre fuit Thornfield Hall et est recueillie par St-John Rivers, jeune pasteur vivant avec ses jeunes sœurs. Elle lui dit s’appeler Jane Elliott et raconte son histoire = jeune orpheline, mal traitée par la tante qui l’avait recueillie, envoyée à Lowood, un orphelinat où l’on traite les enfants durement pour leur apprendre les vertus chrétiennes, elle a fini par devenir la gouvernante-institutrice de la pupille d’Edward Rochester à Thonfield Hall.

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Elle ne lui en dira pas plus, mais les spectatrices (et lectrices) savent ce qui lui est arrivé par les flash-backs – la rencontre près de Thornfield, la chute de cheval, les discussions au coin du feu, la visite et le mépris de Blanche Ingram et finalement la déclaration d’amour de Rochester pour elle, la petite Jane qu’il espère son ange rédempteur. Ce ne pourra être puisque Rochester est marié à Bertha Antoinette Mason, qui a malheureusement perdu l’esprit. Jane fuira le lendemain du mariage raté.
Grâce à St-John Rivers, Jane obtient un emploi d’institutrice de village, ce qui lui plaît énormément. Le jeune pasteur ayant l’intention de se rendre comme missionnaire aux Indes, il demande Jane en mariage ; c’est alors qu’elle entend l’appel d’Edward Rochester et le retrouve dans les ruines de Thornfield Hall. Libre, enfin !

Venant de voir la version de 1943, celle qui me plaisait le plus à ce jour, j’ai eu très envie d’aller voir ce que donnait cette 28ème adaptation cinématographique de ce roman célèbre qui a fait battre mon cœur d’adolescente, mais dont certains passages le font encore battre  de nos jours.
Peut-être pas tous car c’est tout de même un roman assez moralisateur par instant, il n’a pas le côté sulfureux de la passion dans « Wuthering Heights », d’Emily Brontë.
Il est vrai que, dans le cas de « Jane »,  c’est aussi l’époque qui demandait cela, on n’est pas en période victorienne pour rien ; ce qui est certain – du moins d’après Elizabeth Gaskell, amie et biographe de Charlotte Brontë – est que le personnage de Rochester est en partie inspiré par l’homme qu’elle aima à Bruxelles.

Une fois encore j’ai déploré dans cette version-ci, le sacrifice du personnage de Miss Temple, qui est, selon moi, d’importance capitale dans le roman puisque c’est grâce à elle que Jane a la révélation de ses talents artistiques et c’est aussi grâce à Miss Temple que s’améliore la situation des enfants de Lowood

La scénariste, Moira Buffini, a écrit le scénario de « Tamara Drewe », d’après le roman graphique de Posy Simmons. Quant à Cary Joji Fukugana, c’est  la première fois que je note son nom ; il semblerait néanmoins qu’il ait déjà réalisé un autre film « Sin Nombre » qui a marqué les critiques.
En tout cas, je ne peux que trouver qu’il a fait du bon travail à mes yeux, malgré la condensation du roman en 2 heures (imposées par la production, le metteur en scène et sa scénariste auraient préféré 2 heures trente, je trouve cela fort dommage car on ne s'ennuie pas un seul instant pendant ces deux heures, et je pense que 30 minutes supplémentaires auraient permis de développer certains personnages et/ou situations).

J’ai été agréablement surprise par le respect de l’histoire mais aussi de l’ambiance sombre de Thornfield Hall et environs, où Jane débarque en automne. Au printemps les choses s’arrangent heureusement. Un peu moins de brouillard toutefois dans la version de Robert Stevenson.

Côté distribution, c’est la jeune Mia Wasikowska (l’Alice de Tim Burton) qui est Jane Eyre et c’est la première fois qu’un réalisateur décide d’utiliser une actrice dont l’âge est proche de celui de la Jane du roman (qui n’a que 18 ans en arrivant à Thornfield) – Mia Wasikowka fait bien passer la réserve de la jeune gouvernante, cependant pas intimidée par son employeur ; mais sous cette réserve elle fait également passer la passion qui habite la jeune fille. Elle a effectivement l’air jeune, contrairement à Charlotte Gainsbourg et Joan Fontaine, plutôt fades et sans beaucoup de passion,  et surtout n’ayant pas l’âge du tout.
En tout cas, tous les critiques encensent le jeu de la jeune comédienne et je ne leur donne pas tort.

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Par contre Michael Fassbender, un acteur qui « monte » apparemment, n’a pas le côté aussi sombre et tourmenté qu’Orson Welles donnait au personnage. J’ai vu Fassbender récemment dans un téléfilm (After the Funeral – une enquête de Poirot/Suchet) et en fait, son interprétation d’Edward Rochester me rappelle son personnage dans ce téléfilm ; bref il est séduisant mais un peu décevant.

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Judi Dench est une compatissante Mrs. Fairfax. Sally Hawkins est la tante Reed, hautaine, mais pas assez hypocrite selon moi. Simon McBurney est Brocklehurst. Les sœurs Rivers sont jouées par Holly Grainger et Tamzin Merchant. Blanche Ingram est interprétées par Imogen Potts, mais je l’ai trouvée bien terne en comparaison au caractère flamboyant qu’elle a dans le roman.

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Amelia Clarckson fait du bon travail en jeune Jane, par contre la petite Romy Settbon Moore n’est pas une Adèle Varens très convaincante.

Celui qui m’a épatée dans le rôle du rigide St-John Rivers est Jamie Bell (Billy Elliott) ; vraiment il est parfait, il correspond tout à fait au personnage du roman.

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C’est le château de Haddon Hall qui a servi de décor pour Thornfield Hall et les Yorkshire Dales et Moors sont ceux du Derbyshire. Très beaux paysages de landes qui me donnent envie de partir en Angleterre. (what else)

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Le côté « gothique »  est aussi fort bien rendu = éclairages sombres, bougies, bruits étranges que Charlotte Brontë décrit si bien par la voix de Jane dans le roman.
Les costumes sont bien rendus également – j’ai trouvé amusant la réflexion du metteur en scène et son costumier qui disaient avoir eu des difficultés à se décider car les costumes d’époque donnaient un « air de meringue » aux femmes.

(à présent, j'ai bien envie de relire le roman une fois de plus)