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La curiosité dit-on est un vilain défaut … pas sûr ! pour moi la curiosité est une belle qualité qui vous ouvre des mondes inconnus.
Pour la jeune Madeleine, dite Madly, cette curiosité va la mener à enfreindre l’interdit de sa mère, une autre Madeleine, dite Mado. Pourtant, comme résister à suivre Grosso, le gros chat parti à la découverte des pièces du bas de la maison.  D’autant plus que Grosso, par toute son attitude,  semble réellement l’inviter à le suivre.

Et puis, que signifie cette lueur au bout du couloir ? De plus en plus intriguée, la jeune fille regarde par le trou de la serrure et à sa grande surprise voit une vieille dame à longs cheveux gris écrivant. Madly, saisie, reconnaît en elle Madelon, sa grand-mère, la 2ème Madeleine, aux dires de tous = une vraie peste, une sorte de monstre même.
Néanmoins, chaque fois que notre Madly tentait d’en savoir un peu plus sur cette grand-mère inconnue d’elle, sa mère, sévèrement, coupait court à toute velléité de questionnement.

Et voilà qu’elle semble être là, dans cette cave, sans confort, pratiquement sans hygiène, à marmonner qu’elle aimerait qu’on la sorte de là ?
Madly est glacée jusqu’aux os, et pas seulement parce qu’elle est en chemise de nuit – sa mère n’aurait pas pu faire quelque chose d’aussi monstrueux  n’est-ce-pas ?
que faut-il faire à présent que le secret n’est plus « totalement secret » ?

Difficile à présent de voir sa mère comme « avant » sa découverte ; tentant, par le biais, d’aborder la question, la jeune fille réalise à quel point sa mère est en colère, la froideur de Mado à son égard ne laisse aucun doute, ni le ton sur lequel elle lui répond. Sa mère, si douce, si tendre, qui essaie de lui faire oublier la mort de son père, de son autre grand-mère…
En parler à son amie Kathy semblait d’abord la solution, mais Madly réalise que là non plus ne réside pas la solution.

Comme tous les soirs où elle travaille, Mado emporte son petit panier avec un pique-nique, un carnet, de quoi passer le temps pendant sa garde d'hôpital.
Sa mère partie, notre Madly redescend vers les « lieux interdits » où déjà se trouve Grosso, qui semble parfaitement habitué aux lieux. Mais pourquoi sa maman aurait-elle fait une chose aussi horrible ?

C’est évident, il y a une explication - et quelle explication ! Et il y a une solution bien sûr, mais qui enverrait immédiatement sa maman en prison, et cette idée est totalement insupportable à la petite Madly, prise entre deux femmes, Mado et Madelon, sa mère et sa grand-mère…

La vérité sera terrible pour la jeune fille, son histoire prendra un tournant plus dramatique encore qu’elle ne se l’imaginait. Tant de secrets et tant de haine !

Heureusement qu’on n’est plus au moyen-âge, car Nicole Provence est une magicienne et on brûlait les magiciennes en ces temps-là, les traitant de sorcière.
Mais tenir la lectrice que je suis en haleine de la première à la dernière ligne comme elle le fait, c’est sûr cette romancière est une magicienne. 

J’ai littéralement dévoré les pages (virtuelles) de cette nouvelle, destinée paraît-il aux jeunes, mais croyez-moi, cela se lit à n’importe quel âge. Je dirais même qu’il faut le lire quel que soit l’âge, c’est tellement joliment écrit. Emouvant, dramatique, intriguant…
Le suspense est haletant, l’intrigue va crescendo, des atermoiements, des peurs, du chagrin de la jeune Madly face à cette vieille dame qui tour à tour la supplie ou la rejette, avec personne, absolument personne à qui confier son secret. Même pas à sa maman.

Je n’ai pas assez de mots, sauf ceux-ci = précipitez-vous sur le site de Gaia Village Publications et téléchargez cette histoire passionnante de bout en bout.

Inutile de dire que je me suis sentie aussi fort touchée par cette histoire de relations mères-filles, un sujet terriblement brûlant pour moi.

Un beau sujet, difficile, très bien traité.