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Une anthologie  de 15 nouvelles ayant été publiées précédemment dans divers recueils – une sélection du romancier David Stuart Davies.

 

(Attention = c’est long !)

 

Réunies sous le titre « Tales of Unease »,   qui est un titre adéquat ; ces histoires, en effet, provoquent  un sentiment de malaise  - ce sont, pour la plupart, de sombres histoires de vengeance ou de frayeur psychologique,  mais en toute sincérité le cinéma nous a tellement habitué à de véritables histoires d’horreur que certains de ces contes m’ont à peine fait frémir.

 

Cependant, je dois avouer que certaines de ces implacables vengeances m’ont réellement donné la chair de poule, la rancune m’effrayant nettement plus  que tous les monstres  de la terre (en ce qui me concerne, quelqu’un de rancunier est une sorte de monstre). Si ces contes ne m’ont pas particulièrement terrorisées, leur écriture par contre m’a réellement charmée par son style légèrement désuet mais d’un très bel anglais. Je n’aurai qu’un reproche à faire = Arthur Conan Doyle aime bien apparemment faire « parler » les carnets personnels de l’un ou l’autre de ses protagonistes (à la manière du dr Watson) – moi qui ne raffole pas des écrits à la première personne, j’ai été servie !

 

L’écrivain   David Stuart Davies est un spécialiste de Sherlock Holmes, il a déjà écrit des pastiches mettant Holmes en scène ainsi qu’un essai sur le personnage ; il est l’éditeur de « Sherlock Holmes – The Detective Magazine » ; en dehors d’être romancier et essayiste, David Stuart Davies est également dramaturge – sa pièce en un acte « Sherlock Holmes – The Last Act » remporte un immense succès mondial depuis sa création en 1999.

 

Son introduction au recueil  « Tales of Unease » sur « L’Art de provoquer la chair de poule par Conan Doyle », m’ayant particulièrement intéressée, je vais me faire un plaisir de l’adapter pour une prochaine chronique vu qu’elle complète à la perfection « Tales of Unease ». 

 

The Ring of Thot (l’Anneau de Thot – publié en français dans les « Contes de Crépuscule ») – enfermé dans la bibliothèque du British Museum, John Vansitter Smith, brillant dilettante, passionné pour le moment par l’étude des hiéroglyphes, assiste avec stupeur à l’ouverture d’un sarcophage. Surpris, l’homme lui raconte sa triste histoire et celle de la jeune fille qu’il aimait il y a 4000 ans ! Seul l’anneau de Thot lui permettra de la rejoindre.

Mon avis = Même pas peur !

je croyais avoir la chair de poule et ne pouvoir m’endormir ; au lieu de cela j’ai assisté avec Vansitter Smith à une histoire d’amour – triste et belle d’accord, mais rien qui fasse trembler.

 

The Lord of Château Noir (le Seigneur de Château-Noir - publié en français dans « Contes du camp »)– alors que les armées allemandes ont envahi la France, quelque part en Normandie des soldats sont assassinés pendant la nuit, portant sur le front la marque des seigneurs de Château-Noir. Un détachement sous le commandement du capitaine Baumgarten se rend chez le comte Eustache de Château-Noir. Pour le capitaine, le cauchemar ne fait que commencer.

Mon avis = Formidable !

une implacable vengeance formidablement orchestrée par un père que la mort de son fils a rendu impitoyable.

 

The New Catacomb (De Nouvelles Catacombes – publié en français dans « Contes de terreur ») – deux jeunes archéologues,  amis et concurrents dans leurs recherches sur la Rome antique,  discutent de secrets – le jeune Burger moins riche que son ami lui parle d’une trouvaille sur une nouvelle catacombe qui pourrait enfin lui apporter la reconnaissance qu’il cherche – son ami, Kennedy, plus à l’aide financièrement, lui conte à sa demande  son rôle dans une histoire de séduction. Après ces confidences, les deux jeunes gens vont ensemble vers la trouvaille de Burger.

Mon avis = J’avais tout compris dès le début de l’histoire !

la partie la plus inquiétante en est lorsque les deux jeunes gens sont sans éclairage dans les catacombes.

 

The Case of Lady Sannox (l’Affaire de Lady Sannox – publié en français dans « Contes de terreur) - le richissime Lord Sannox est marié à une ravissante comédienne, peu fidèle. Son dernier soupirant est un chirurgien très à la mode, mais qui vit au-dessus de ses moyens. Un jour, un Turc lui offre une énorme somme d’argent pour qu’il vienne sauver la vie de son épouse victime d’empoisonnement.

Mon avis =  une fois encore j’avais tout deviné dès les premières lignes !

je n’aimerais en tout cas pas avoir un type comme lord Sannox pour époux.

 

L’avis de cecile(Sblog) sur cette nouvelle (et quelques autres dans le domaine médical) ici

 

The Brazilian Cat (le Chat du Brésil – publié en français dans « Contes de terreur ») – un nobliau, vivant d’espérances, est invité chez un proche cousin, installé dans la campagne anglaise, fortune faite en Amérique du Sud, d’où il a ramené des objets et animaux exotiques et notamment une superbe panthère noire que lui seul peut approcher. Il accueille son jeune cousin londonien avec énormément d’amitié, au contraire de son épouse qui lui est franchement hostile. Il en faut néanmoins plus pour décourager le jeune homme et les deux cousins passent une semaine des plus amicales.

Mon avis = là j’ai vraiment eu peur !

ce conte de terreur porte bien son nom, car on y découvre jusqu’où la cupidité peut pousser un être humain.

 

The Brown Hand (la Main Brune – publié en français dans « Contes du crépuscule ») – un fameux médecin indien, prenant sa retraite en Angleterre, invite un neveu à passer deux jours chez lui. Le neveu, également médecin, constate une certaine tension pendant le repas ; il en reçoit l’explication = chaque nuit, le fantôme d’un Indien dont il a amputé la main, le réveille et fait tout un raffut pour retrouver la main amputée (une exigence religieuse). Intéressé en événements paranormaux, le neveu passe la nuit dans le labo et reçoit aussi une visite qui fait dresser les cheveux sur le crâne ; il est néanmoins convaincu de pouvoir aider son oncle.

Mon avis = légèrement inquiétant pendant la nuit dans le labo, mais ensuite aucun problème de frayeur, ni pour le neveu, ni pour moi.

 

The Horror of the Heights (l’Horreur en plein ciel – publié en français dans « Contes de terreur ») – un compte-rendu d’après les carnets de l’aviateur Joyce-Armstrong, désireux de faire la lumière sur les morts horribles de plusieurs autres aviateurs chevronnés. Faut-il le dire, Joyce-Armstrong ne fut jamais retrouvé, les fragments de son journal figuraient parmi les débris de son monoplan.

Mon avis = Là j’ai vraiment eu la trouille - j’ai failli ne pas en dormir car ce que Joyce-Armstrong découvre au-delà des nuages m’a fait regarder par la fenêtre afin d’être sûre que la couche nuageuse me protégeait.

 

The Terror of the Blue John Gap (le Trou du Blue John – publié en français dans « Contes de terreur ») – un médecin, atteint de tuberculose, se repose au bord de la mer, sous un climat favorable à la guérison. Pendant ses promenades il découvre une caverne creusée par les Romains dans la roche calcaire, mais d’autres galeries également, creusées par le ressac. Au cours de l’une de ses explorations, ayant entendu d’horribles hurlements, il décide d’aller passer la nuit dans les cavernes afin de découvrir ce qui dévore des moutons en pleine nuit.

Mon avis = la terreur éprouvée par le docteur Hardcastle, telle qu’il la décrit dans son journal trouvé après sa mort suite à la phtisie dont il souffrait, est un tout petit peu contagieuse.

 

The Captain of the Polestar (le Capitaine de l’Etoile Polaire – publié en français dans « Contes de l’Eau Bleue ») – l’équipage du Polestar est convaincu que le bateau est hanté ; le médecin du bord par contre est convaincu que le capitaine est complètement « barré » compte tenu de son comportement instable. Ce qui est certain c’est que des bruits insolites – comme des cris de douleur intense – se font parfois entendre. L’équipage et le médecin veulent retourner à Dundee, le capitaine ne veut pas ; il fait miroiter devant l’équipage la carotte d’une pêche à la baleine miraculeuse. En attendant, ils sont tous coincés dans les glaces de l’A      rctique en attendant des vents favorables.

Mon avis = je me suis dit tout au long de ma lecture que si on n’est pas capable de distinguer le chant des baleines d’un cauchemar, mieux vaut se faire soigner. Mais je n’avais pas tout à fait raison. Une fois de plus, des extraits du journal de bord du médecin.

 

How It Happened (Comment la chose arriva – publié en français dans « Contes du crépuscule ») – écrit par une femme medium, une page du carnet personnel d’un homme venant d’acquérir un tout nouveau modèle d’automobile et ayant décidé de la conduire à la place de son chauffeur.

Mon avis = bizarre ! je dirais même plus, étrange – avec une fin qui m’a fait penser au film « the sixth sense ».

 

Playing with Fire (Jouer avec le feu – publié en français dans « Contes du crépuscule ») – une bande d’amis, ayant une femme médium parmi eux, se réunissent régulièrement afin d’organiser une séance de spiritisme. Lorsque se joint à eux un Français, érudit passionné d’occultisme, la séance à laquelle on assiste prend des proportions complètement inattendues.

Mon avis = « jouer avec le feu » est le terme qui convient – je ne suis pas arrivée à savoir s’ils ont tous été l’objet d’un vaste canular ou d’une séance d’hallucination collective, mais je n’étais pas très à l’aise en lisant cette nouvelle. Encore un extrait des « mémoires » d’une personne présente.

 

The Leather Funnel (l’Entonnoir de cuir – publié en français dans « Contes de terreur ») – un jeune homme résidant à Fontainebleau rend visite à Lionel Dacre,  l’un de ses amis anglais habitant Paris – les deux hommes s’étaient rencontrés au British Museum et des intérêts communs en histoire babylonienne ainsi qu’en occultisme les avaient réunis. La soirée étant fort avancée, Dacre propose à son ami de dormir dans le salon-bibliothèque servant de chambre d’appoint. Là l’ami remarque un objet surprenant, un entonnoir de cuir que le temps a durci et noirci ; Dacre lui explique qu’ayant dormi un soir dans cette bibliothèque, avec l’objet à portée de lit, il lui arriva un rêve surprenant. Intrigué, le copain accepte de se soumettre à la même expérience, mais le rêve qui l’emmène au 17ème siècle de Louis XIV  se révèlera bien rapidement un terrible cauchemar.

Mon avis = écrit pour donner la chair de poule, si le cauchemar est au rendez vous pour l’hôte de Lionel Dacre, elle ne l’est pas vraiment pour le lecteur. Historiquement intéressant toutefois.

 

Lot N°249 (le Lot 249 – publié en français dans « Contes du crépuscule »)– Abercrombie Smith (j’adore ce nom ! soooooo Scottish !) est étudiant en médecine ; il habite une chambre dans une aile spéciale d’Oxford ; ses voisins sont un jeune homme sympathique et son ami, un égyptologue étrange qui  semble collectionner des objets  inquiétants, dont ce « Lot 249 », en fait une momie de stature imposante. Des connaissances de Smith lui conseillent d’éviter l’égyptologue, mais Smith n’y prête guère attention, jusqu’à ce que des événements insolites puis graves se produisent. Il décide alors de prendre les choses en main, mais sera-t-il de taille contre des forces obscures ?

Mon avis = alors, là oui, j’ai quand même eu quelques frayeurs, surtout lorsque commencent à se manifester les événements bizarres entourant Abercrombie Smith ; Arthur Conan Doyle s’entend à créer une ambiance.

 

The Los Amigos Fiasco (le Fiasco de Los Amigos – publié en français dans « Contes du crépuscule ») – un condamné à mort, devant être électrocuté par l’entremise d’un système d’électricité super puissant, y résiste. Tout comme il semble qu’il résistera à la pendaison. Y a-t-il un moyen de le faire exécuter en fonction de ses nombreux crimes et méfaits ?

Mon avis = pas effrayant du tout, assez insolite cependant – Conan Doyle était-il donc en faveur de la peine de mort, ou pas ?

 

The Nightmare Room (le Salon du Cauchemar – publié en français dans « Contes de mystère ») – un jeune banquier a épousé une adorable ballerine dont l’âme s’avère aussi laide que son visage et son corps sont ravissants.  Dans le salon créé pour elle, qui n’est qu’à moitié décoré, donnant ainsi une impression de « cauchemar », le mari de la belle la met au pied du mur : il a la preuve qu’elle tente de l’empoisonner pour vivre avec son amant, dont il découvre l’identité par l’entremise d’une lettre qu’elle a perdue. Il confronte l’ami et, comme ils sont joueurs tous les deux, il lui propose un tirage de cartes, celui qui perd avale la fiole de poison.

Mon avis = GENIAL ! un vrai petit chef d’œuvre d’humour noir, qui m’a fait dresser les cheveux sur le crâne. La fin  est un  régal.

 

(merci à Manu pour ces bons moments de lecture)